Assainissement et prévention des inondations : Le retard des curages des caniveaux fait craindre un hivernage difficile

Les premières pluies commencent déjà à tomber sur Bamako, les opérations de curage des caniveaux et grands collecteurs se font toujours attendre.

8 Juin 2026 - 12:24
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Assainissement et prévention des inondations : Le retard  des curages des caniveaux fait craindre un hivernage difficile

Pourtant annoncée par les autorités, la campagne d’assainissement peine à être visible sur le terrain.

Dans plusieurs quartiers de la capitale, les caniveaux restent obstrués par des déchets, du sable et des eaux stagnantes, faisant craindre de nouvelles inondations durant l’hivernage. Une situation qui relance les critiques sur cette habitude récurrente de lancer les travaux de curage en pleine saison des pluies, souvent lorsque les dégâts ont déjà commencé.

A Bamako, l’arrivée progressive de l’hivernage ravive chaque année les mêmes inquiétudes : routes inondées, quartiers envahis par les eaux, circulation paralysée et habitations submergées. Et cette année encore, plusieurs habitants redoutent que la capitale ne soit prise de court face aux premières grandes pluies.

En cause : le retard constaté dans les opérations de curage des caniveaux et des grands collecteurs de drainage. Bien qu’annoncée depuis plusieurs semaines par les autorités compétentes, l’opération reste jusque-là peu perceptible dans de nombreux secteurs de la capitale malienne. Le ministre de l’Environnement a annoncé un budget de plus de 3 milliards de F CFA pour l’opération. Qu’en est-il Mme le ministre ?

Dans plusieurs communes de Bamako, des caniveaux demeurent remplis de sachets plastiques, de boue, de gravats et d’ordures ménagères. Certains collecteurs sont quasiment bouchés, empêchant l’écoulement normal des eaux de pluie.

Pour de nombreux habitants, cette situation est d’autant plus préoccupante que les premières précipitations ont déjà commencé à s’abattre sur la capitale. A chaque pluie, les mêmes scènes reviennent : eaux stagnantes sur les routes, ruissellements incontrôlés, débordements de caniveaux et montée rapide des eaux dans certaines concessions.

Dans plusieurs quartiers populaires, les populations dénoncent surtout un manque d’anticipation chronique des autorités. Beaucoup estiment que les travaux de curage devraient normalement être achevés bien avant le début de l’hivernage afin de permettre aux infrastructures de drainage de fonctionner correctement dès les premières pluies.

« Chaque année, on attend que les pluies commencent avant de voir les machines arriver », regrette un habitant rencontré aux abords d’un collecteur envahi par les déchets.

Pour plusieurs observateurs, cette manière d’intervenir dans l’urgence réduit considérablement l’efficacité des opérations d’assainissement. Car une fois l’hivernage installé, les travaux deviennent plus compliqués, les déchets déjà entraînés par les eaux s’accumulent davantage et les risques d’inondations augmentent fortement.

Les grands collecteurs de la capitale figurent parmi les principales préoccupations des riverains. Dans certains secteurs, leur niveau d’encombrement inquiète déjà les habitants qui craignent des débordements dès les prochaines fortes pluies.

Au-delà des inondations, les populations redoutent également les conséquences sanitaires liées aux eaux stagnantes : prolifération des moustiques, mauvaises odeurs, risques de maladies hydriques et dégradation du cadre de vie.

Face à l’urgence, de nombreux Bamakois appellent les autorités du District, les mairies communales ainsi que les services de l’assainissement à accélérer immédiatement les opérations de curage avant que les fortes pluies ne s’installent durablement.

Car pour beaucoup, la prévention reste la seule manière d’éviter que Bamako ne revive encore une fois les scènes de chaos et de détresse observées lors des précédents hivernages.

B.S.