Gestion des Pouponnières au Mali : Quand le commerce triangulaire s’installe 

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    La gestion des structures en charge de la garde des enfants en situation difficile, communément appelées Pouponnières, n’est pas aussi claire qu’on le pense. Il est grand temps que le Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ouvre grand les yeux et les oreilles pour comprendre ce qui se passe dans ces différents Centres.

    En effet, la garde de ces enfants en situation difficile est une opportunité d’affaires pour certains gestionnaires desdits Centres. La plupart d’entre eux profitent des enfants pour se faire la poche. Le racket des personnes nanties à la recherche d’un enfant à adopter est leur sport favori. L’adoption d’un enfant est devenue pour ces riches un véritable parcours de combattant, car ils sont souvent obligés d’offrir tous leurs biens pour s’acquérir un enfant. Et pour cause, des réseaux  bien huilés se sont installés dans ces Centres.

    La question que nous nous posons est de savoir si les enfants sont devenus des «princes» ou des «esclaves». Ils peuvent être des «princes» si nous voulons  bien les sauver de la misère et «esclaves», quand des personnes sans foi et ni loi profitent allègrement d’eux pour s’enrichir.
    La défaillance de notre politique d’adoption au Mali a sa part de responsabilité. Combien sont-ils, ces riches sans enfant à prendre la route de l’extérieur? Doit-on réclamer de l’argent et beaucoup d’argent  et  exiger aux «chercheurs» d’enfants de construire une maison, d’abord avant qu’on leur présente les procédures à suivre pour avoir un enfant qui vit déjà dans la précarité dans ces Centres?  Nos enfants sont devenus des marchandises à vendre au plus offrant. C’est dommage !
     
    Il est bien vrai qu’adopter un enfant dans notre pays demande des démarches administratives qui restent longues et pénibles. Et, une fois l’agrément obtenu, le chemin n’est pas fini, car la procédure comporte encore de nombreuses étapes parsemée d’embûches. Ce qui explique peut-être le renoncement de près d’un tiers des «candidats à la parentalité».

    Et chaque année, des milliers de demandes sont déposées sur les tables des structures concernées. C’est dans ce cafouillage  que certains gestionnaires de ces Centres profitent pour spolier les personnes à la recherche d’enfants. Oublient-ils, ces escrocs, qu’un enfant est un don de Dieu qui mérite affection et assistance, et qu’il ne doit pas faire l’objet de transactions financières ?
    Destin GNIMADI

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