Critiqué par Merz, Trump lui répond “qu’il ne sait pas de quoi il parle”
Donald Trump s’en est pris violemment mardi au chancelier allemand, Friedrich Merz, l’accusant sur son réseau Truth Social de “ne pas savoir de quoi il parlait” au sujet de l’Iran.
Le dirigeant allemand avait asséné lundi que “les Américains (n’avaient) visiblement aucune stratégie” en Iran et jugé que Téhéran “humiliait” la première puissance mondiale. Le chancelier “pense que c’est OK pour l’Iran d’avoir une arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle”, a tempêté Donald Trump.
“Les Américains n’ont visiblement aucune stratégie”
Friedrich Merz avait fait ce commentaire lors de sa visite dans une école de l’ouest de l’Allemagne. “Les Américains n’ont visiblement aucune stratégie. Et le problème avec ce genre de conflits, c’est toujours que non seulement il faut y entrer, mais il faut aussi en ressortir”, avait-il déclaré. “Nous l’avons vu de manière très douloureuse en Afghanistan pendant 20 ans. Nous l’avons vu en Irak”, avait-il ajouté. “Donc, toute cette affaire est, comme je l’ai dit, pour le moins irréfléchie”.
“Une nation entière est humiliée par les dirigeants iraniens”
Il avait souligné ne pas voir “quelle porte de sortie stratégique les Américains vont choisir, d’autant plus que les Iraniens négocient manifestement avec beaucoup d’habileté, ou avec beaucoup d’habileté ne négocient pas”. “Une nation entière est humiliée par les dirigeants iraniens, en particulier ces soi-disant Gardiens de la Révolution.”
Trump menace de réduire ses troupes en Allemagne
En réponse à ces propos, le président américain a menacé de réduire les forces armées américaines stationnées en Allemagne. “Les États-Unis étudient et examinent actuellement la possibilité d’une réduction des effectifs militaires en Allemagne, et une décision sera prise très prochainement”, a-t-il écrit sur Truth Social. Plus de 35.000 militaires américains étaient stationnés en Allemagne en 2024, selon le Service de recherche du Congrès, mais les médias allemands estiment que leur nombre est aujourd’hui plus proche de 50.000.
Merz ne surenchérit pas
Dans la foulée de cet échange houleux, Friedrich Merz a appelé jeudi à un “partenariat transatlantique fiable”, sans répondre directement aux menaces de Donald Trump. “En cette période troublée, nous suivons une ligne claire, cette ligne reste fondée sur l’Otan et un partenariat transatlantique fiable. Vous le savez, ce partenariat transatlantique nous tient particulièrement à coeur, à nous tous, et à moi personnellement”, a-t-il dit, au cours d’un déplacement pour observer des manœuvres de l’armée de terre allemande à Munster (ouest).
Donald Trump contre l’Otan
Donald Trump n’a cessé, lors de ses deux mandats, de critiquer vertement l’Otan et de brandir la menace d’une réduction des troupes américaines en Allemagne et dans d’autres pays européens. Au total, environ 80.000 soldats se trouvaient l’an dernier sur les bases américaines réparties en Europe.
Mesures de rétorsion
Washington semble déterminé à mettre en place des mesures de rétorsion à l’encontre d’alliés occidentaux pour leur manque d’engagement dans la guerre en Iran. La semaine dernière, l’agence Reuters rapportait que les États-Unis envisageaient de suspendre l’Espagne de l’Otan et qu’ils pourraient revoir leur position concernant les îles Malouines (territoire britannique dans le Pacifique, revendiqué par l’Argentine) en réponse au manque de soutien britannique à la guerre menée contre l’Iran.
Source: https://www.7sur7.be/