La CMA résolue à signer l’accord de paix : Peut- on parler d’une prise de conscience ?

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Déclaration de la CMA après le paraphe de l’Accord d’Alger
Bilal Ag Chérif, secrétaire général du CMA, au moment du paraphe du projet d’accord de paix inter-malien, jeudi 14 mai à Alger. REUTERS/Zohra Bensemra

Au cours d’une négociation avec la médiation en Alger, La rébellion à dominante touareg s’est dis prêt à signer le 20 juin dans la capitale malienne l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Cette nouvelle peut être perçue comme une étape importante dans le processus qui vise à instaurer une paix durable dans le septentrion malien.

« Nous signerons l’accord de paix le 20 juin », a déclaré à l’AFP Bilal Ag Chérif, le chef de file des négociations de  la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui regroupe en son sein les principaux groupes rebelles du nord du Mali à l’issue d’une rencontre avec la médiation internationale sous l’égide de l’Algérie.

Peut- on parler d’avancée ?

Le Gouvernement du Mali a signé le 05 Juin dans l’après-midi à Alger, les deux documents soumis par la médiation internationale au principal groupe des mouvements armés du nord qui avait refusé auparavant de participer à la signature l’accord de paix.

Le premier concerne les conclusions des consultations sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix, issu du processus d’Alger ; le second document porte sur les arrangements sécuritaires pour une cessation des hostilités sur le terrain.

Ce dernier texte prévoit « le retrait de la localité de Ménaka, des éléments armés de la plateforme et leur retour à leur position initiale, le repli des éléments armés de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) au-delà d’un rayon de 20 km autour de la localité de Ménaka, le positionnement des Forces Armées Maliennes à Ménaka, dans le respect des engagements antérieurs. »

Contacté par sahelien.com, Habala Ag Hamzata, membre de la délégation de la Plateforme a indiqué qu’ils n’ont pas signé le document, sans donner plus de précision.

La CMA estime de son côté, que c’est un bon compromis. « Nous sommes parvenus à un consensus avec la médiation, ça ne sort pas du cadre de l’esprit de l’accord signé le 15 mai, c’est une solution équitable » a indiqué Almou Ag Mohamed, membre de la cellule communication de la Coordination.

Selon une source proche du gouvernement malien, la signature en question n’est pas un amendement à l’accord pour la paix et la réconciliation signé le 15 mai à Bamako, mais il s’agit de créer les conditions de son application.

Cet accord a déjà été signé par le gouvernement malien et les mouvements armés de la Plateforme, mais la CMA réclamait des précisions sur certains points avant de signer le document final.

A première vue, cet accord semble être une avancée notable dans la décrispation de la crise politico-sécuritaire qui secoue le Mali depuis plus de deux ans. Peut-on réellement se réjouir de cet accord du moment où jusqu’ici la CMA peine à prendre une décision sereine  par elle-même ?

Pourquoi la CMA a pris du temps avant d’accepter de signer l’accord ?

Le 15 Mai dernier, la CMA, a décidé de boycotter la signature de paix qui s’est déroulée  en présence de plusieurs chefs d’Etats et de personnalités internationales dans la capitale malienne. Alors beaucoup de questions et d’interprétations ont suivi le refus de la CMA à signer  cet accord. Selon nos sources, la CMA voulait entre autres obtenir une insertion prioritaire et majoritaire de ses combattants au sein des forces de défense et de sécurité reconstituées et déployées au Nord, les  garanties concernant la représentation des populations du Nord dans les institutions des grands services publics, corps et administrations de la République, le retrait de la ville de Ménaka  de tous les groupes armés, sous la supervision de la Minusma avec la collaboration des autorités locales. Ce qui est désormais choses acquises.

Une pression extérieure, pourquoi?  

Les derniers virements de  la CMA  sont certainement dus aux pressions extérieures, puisque auparavant les présidents français et nigérien les avaient appelé à signer sans délai  accord. L’appel de M. Hollande est en partie dû à sa volonté de donner une certaine crédibilité à son pays aux yeux de la population malienne et l’opinion internationale et cela suite à la grande manifestation organisée sur l’ensemble du pays pour soutenir le gouvernement malien dans la mise en œuvre de l’accord signé le 15 Mai et dénoncer vivement par la même occasion la position ambigüe de la France dans gestion de la crise malienne. En effet, depuis le refus de la CMA à signer le dit accord, un sentiment anti-français s’est installé chez bon nombre de maliens.

Une paix définitive ?

La paix, le peuple malien l’aspire vivement. Et c’est d’ailleurs cette aspiration qui a poussé le gouvernement malien à des compromis. Et si cette aspiration était partagée des groupes armés, on pourrait peut-être parler de paix définitive. A l’heure où nous sommes, personne ne peut dire avec certitude que ces accords résisteront aux défis du temps. Jusqu’ici aucun engagement n’a été tenu de la part de ces groupes armés. Pour preuve, le principal mouvement armé la CMA, avait paraphé les accords en Alger, donner son accord pour la signature pour enfin refusé de participer à la cérémonie de signature.

 

Ousmane SAGARA

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3 COMMENTAIRES

  1. Ces voyous ces bandits violeurs mécréants ont les moyens ont une stratégie et savent ce qu’ils veulent avec l’aide des meilleurs spécialistes en tout…contrairement au Mali qui n’a pas de stratégie à long terme (à part signer signer cet accord comme si cela va mettre fin à la guerre) contrairement au MALI qui doit PAYER les cabinets de LOBBIES comme aux USA en EUROPE des cabinets de communications internationaux pour contrer tous leurs plans au niveau international et local. Mali ne ne fait même pas semblant comme ces rebelles “aller consulter leur base = zéro) c’est à dire le peuple Malien ou au moins la société civile AVANT de faire quoi que soit avec ces gens etc…POURQUOI on ACCEPTE LEUR DATE à eux ? la négociation on propose et ensuite la médiation TRANCHERA ou bien c’est une DATE IMPOSÉE au Mali, DITES NOUS LES CHOSES ET ON COMPRENDRA C MIEUX QUE DE NE NOUS RIEN DIRE ALORS QU ON SAIT TOUT SUR LES RADIOS LES TÉLÉS INTERNET etc…

  2. Quelle question idiote.! Ils ont obtenu tout ce qu il cherche y compris l humuliation de ce peuple ignorant et analphabete et de ses elites incapables

  3. La CMA résolue à signer l’accord de paix : Peut- on parler d’une prise de conscience ?
    La réflexion suscite cinq interrogations parmi tant d’autres:

    1. Peut- on parler d’une prise de conscience ?
    A. Einstein avait l’habitude de dire « …Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l’Etat te le demande… » De la sagesse troublée de l’Etat malien en passant par l’ignorance sinon la naiveté du citoyen lambda s’est agrippée la conscience troublée par les désirs incomensurables d’un groupe de bandits opportunistes. Conscience, les bandit armés en ont pris, consciemment ou inconsciemment ; seulement on ne sait pas si elle a été prise à la lumière de leur intelligence pour distinguer le bien du mal ou bien suite aux témoignagnes durs du terrain. Problèmes de compréhension en amont, problème de traduction en aval, on ne cherchera pas à savoir les raisons de la prise de conscience !

    2. Peut- on parler d’avancée ?
    Einstein qui continue « …La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre… » Equilibre est un vocabulaire étrange pour les Maliens qui n’ont jamais senti ce phénomène ni physique, ni psychologique dans le traitement que les bandits armés et leurs alliés les ont reservé concernant le dossier Nord Mali. Le contraire fut le cas. De Serval aux accords ils ont vu ressurgir comme par enchantement de nouveaux termes tels azawadiens, accord et ré-accord et les accommoder de force á leur quotidien naturel. Sur ce point l’avancée est à relativiser selon qu’on se situe par rapport à tel ou tel accord ! Aucune partie n’a de toute façcon le choix, les cyclistes ont déjà depuis Paris et Alger passé à la vitesse supérieure et tout le monde est obligé de s’accrocher !

    3. Pourquoi la CMA a pris du temps avant d’accepter de signer l’accord ?
    Pourquoi ? « …l’homme a inventé la montre et Dieu le temps… » disent les Touaregs souvent. Par cohérence avec la nature même humaine, et par fidelité au divin, les bandits armés, en grande partie irrédentiste touareg, n’ont pas dérogé à cette règle. En bons joueurs ils ont joué la montre qu’ils ont eux-mêmes inventée. Mais en dehors de la religion et de la nature, il ya la realpolitik, qui promeut aussi de préserver la face grâce aux grandes pompes diplomatiques et médiatiques ; sinon leur contraire serait que le temps à dû mettre tout en lumière Ménaka, Tessit, Léré et autres, éclairant au passage et dans une moindre mesure Aguel-Hoc, Kidal. Comme quoi « gagner, c’est accepter aussi de perdre »

    4. Une pression extérieure, pourquoi? Parce que dans la vie il y a le jeu et le danger ! Le jeu, les bandits armés l’ont joué et vécu à haut niveau ; le danger, en acceptant de mettre en même temps et à chaque fois l’avenir de la nation en jeu. La pression c’est justement ce danger qu’ils pressentent sans le voir mais qui les trouble, lié à la certitude qui rend fou, au doute qui handicape, à la culpabilité qui a fait le délit !

    5. Une paix définitive ? ou la levée de cette culpabilité ! « …si l’intelligence défend la paix en ayant horreur de la guerre… »P.V.Couturier, il n’en demeure pas moins qu’accord ou pas, paraphe ou pas, signature ou pas, la paix tant voulu par les Maliens, ne reste qu’un vœu pieu en ces temps réels d’aujourd’hui et un souhait pour les lendemains. Au-delà des paragraphes de paraphes, notre intelligence nous frayera alors les chemins vers la paix par l’aveuglement sur beaucoup de ce qui s’est passé, le mutisme à ne pas tout dévoiler et la surdité sur beaucoup qui a été dit et entendu…

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