Communication gouvernementale : Comment maintenir le cap ?
Comment les Maliens peuvent-ils bien apprécier les efforts des gouvernants si ceux-ci ne communiquent pas comme il le faut ? La dynamique récente ne doit-elle pas s’intensifier ?
Une chose est de poser de mener des actions salvatrices, et une toute autre est d’en donner la visibilité ou la lisibilité nécessaire. C’est là toute la problématique du volet communicationnel des actions majeures des dirigeants, surtout dans un contexte de crise multidimensionnelle.
En effet, le contexte de crise sécuritaire fait de défis multiples que traverse le Mali impose que les autorités rendent régulièrement compte de leurs actions et initiatives, dans le cadre de la gestion des affaires de la Cité. Car, la forêt qui pousse ne fait aucun bruit. Il faut donc que le forestier fasse souvent part des nouveaux arbres et fruits qui apparaissent dans ce couvert végétal…
C’est pourquoi l’un des péchés mignons reproché pendant longtemps à la gouvernance de cette transition est le déficit de communication. Ce qui n’a pas permis de mettre en lumière les nombreuses initiatives des gouvernants. Mais il semble que les autorités se sont rendues compte de cette insuffisance dans la gestion des affaires publiques.
En effet, la campagne de communication liée à la célébration des 5 ans du président Assimi Goïta à la tête du Mali, a bien impacté les consciences. Elle a, selon des experts, réveillé au sein de l’opinion publique, une certaine dose de patriotisme en affinant l’adhésion des masses populaires aux actions de gestion du pays. Cela est bien démontré par les récents sondages sur la popularité des autorités de la Transition. C’est dans ce sens qu’entre 80 à 90%, en moyenne, des Maliens sont confiants en la gestion du pays par les autorités de Transition. Un autre pourcentage oscillant autour de 92% des personnes interrogées saluent les actions de refondation du pays.
Ces estimations prouvent à suffisance que les gouvernants doivent poursuivre la dynamique d’explication et de sensibilisation sur les actions menées au niveau de différents départements ministériels. Comme cela a été récemment organisé sur instruction du chef de l’Etat, avec des présentations de bilans sectoriels par plusieurs ministres.
C’est ainsi que les ministres de la Culture, celui de la Jeunesse et des sports, celui de la Communication et son homologue de la Promotion de la Femme ont tour à tour, présenté succinctement leurs actions durant ces 5 dernières années. Exercice bien éloquemment dupliqué par d’autres ministres, à la satisfaction des participants et du grand public. « Mieux vaut tard que jamais », avait observé plusieurs acteurs et observateurs avertis de la scène publique nationale. Ils soulignent que dans le contexte actuel de guerre médiatique et de lutte pour la réaffirmation de la souveraineté nationale, il est de bon ton que le gouvernement multiplie des séances d’explications sur ses efforts en vue d(améliorer le quotidien des populations.
Il faut donc que les plus hautes autorités accentuent et anticipent dans sa mission de communication sur ses politiques publiques.
Il s’agit, par exemple, de doter les départements ministériels, les autorités administratives indépendantes et plusieurs institutions de moyens, de budgets de communication, pour informer sur les actions en cours pour l’atteinte des objectifs de cette transition.
Il n’est pas concevable que des structures publiques, les Inspections de contrôle de l’Etat se vautrent dans un silence lourd de conséquences sur leurs missions et actions. Car, communiquer conduit à prendre une certaine avance sur les projets et programme de gouvernance. Ce qui conduit à désamorcer les appréhensions et les suspicions. Provenant de quelques esprits de critique malintentionnés.
Boubou SIDIBE/maliweb.net