Coup de balai au sein de la justice : 3 magistrats, un greffier et un huissier arrêtés hier

11 Déc 2013 - 04:29
Mis à jour: 13 ans
19
justice-mlLa justice malienne veut balayer devant sa porte. Pour ce faire, la Cour suprême a mis hier sous mandat de dépôt un magistrat de Bamako, le juge d’instruction de la commune 2, Abdoulaye Kamaté, deux magistrats de Mopti à savoir le procureur Alhousseini Salaha et le juge d’instruction, Adama Diarra, un greffier et un huissier de la même juridiction. Ils sont écroués à la gendarmerie du Camp 1, mais le vice-président du tribunal du travail, Youssouf Touré n’a pas arrêté alors que  le substitut du procureur de la CIII Touré ne s’est pas présenté.     « Nul n’est et ne sera au dessus », a martelé le président de la République dans différentes allocutions. Ces propos ont vite été suivis de fait. Hier, la Cour suprême a mis sous mandat de dépôt  3 magistrats, un greffier et un huissier. Ils sont tous détenus actuellement au Camp 1.  Parmi les personnes écrouées se trouvent le juge d’instruction de la commune 2, Abdoulaye Kamaté, deux magistrats de Mopti à savoir le procureur Alhousseini Salaha et le juge d’instruction, Adama Diarra, un greffier et un huissier de Mopti.  Ces individus sont écroués à la gendarmerie du Camp 1, mais le vice-président du tribunal du travail, Youssouf Touré n’a pas arrêté alors que  le substitut du procureur de la CIII Touré ne s’est pas présenté.     Le dossier Kamaté L’affaire « Kamaté » débute quand un certain Diané décide de vendre une parcelle de terrain sise à Sotuba à un commerçant du nom de  Mohammed Fofana. Le vendeur et l’acheteur conviennent du prix (10 millions de FCFA) et des modalités de paiement. Leurs signatures sont certifiées par le notaire Demba Koné. Le notaire certifie aussi les reçus délivrés, au fil des paiements, par le vendeur Diané à l’acheteur Fofana.   Au moment où les paiements sont achevés, le vendeur regrette d’avoir vendu son bien. Il attaque la vente devant le tribunal de la commune 1 de Bamako. Il prétend que la vente doit être annulée; que les 10 millions perçus n’étaient qu’une avance et qu’en réalité, les parties avaient convenu de fixer le prix véritable après le paiement des 10 millions. Le tribunal rejette la demande comme mal fondée. Le jugement est confirmé en appel.     Désespérant de récupérer  la parcelle par la voie civile, le vendeur Diané décide de changer le fusil d’épaule : il dépose plainte, pour faux et usage de faux, contre l’acheteur.     Dans sa plainte, il accuse le notaire et l’acheteur d’avoir fabriqué de fausses pièces pour lui enlever son terrain. Le juge d’instruction saisi du dossier, Abdoulaye Kamaté, convoque le notaire Demba Koné. Il lui annonce son intention de le placer sous mandat de dépôt en attendant la suite des enquêtes. Le notaire, interloqué, ne sait que répondre. Et c’est là que le diable s’introduit dans l’affaire.     En effet, libéré par le juge et poursuivi non détenu, le notaire se rend à son cabinet. Il reconstitue tout le dossier de vente de la parcelle de Sotuba et, de sa plus belle plume, écrit à la chambre des notaires, au procureur général de Bamako et au ministre de la Justice. Il accuse le juge Kamaté de lui avoir extorqué la somme de 3 millions de FCFA moyennant son maintien en liberté dans le cadre d’une affaire où il s’estime innocent. Selon le notaire, le juge lui a pris un chèque de 3 millions puis, craignant de se faire pincer en allant encaisser lui-même le chèque, a fait encaisser ledit chèque par l’avocat du notaire qui lui a reversé l’argent en liquide.  La bombe éclate.     Entendu par le procureur général Daniel Tessougué, l’avocat du notaire avoue les faits. Une double procédure (pénale et disciplinaire) est lancée contre le juge Kamaté. Elle aboutira à une décision lors du conseil supérieur de la magistrature qui se réunira à bref délai. Le conseil aura à sa disposition la copie du chèque, l’encaissement fait par l’avocat et les dépositions accablantes contre le juge. Le sort de ce dernier est aggravé par le fait que Mohamed Fofana, l’acheteur de la parcelle, a lui aussi déposé plainte contre lui.     Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux affaires constituent des tests de la volonté des  nouveaux pouvoirs publics d’assainir la justice. Les sanctions disciplinaires éventuelles pourraient aller jusqu’à la radiation et les sanctions pénales à de lourdes peines de prison.     Abdoulaye Diakité avec le Procès Verbal

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (19)

User
PNJ Mali
PNJ Mali 13 ans
Maliens Patriotes, Le Mali n’est l’héritage de personne, pour donner à qui que ce soit le droit de défendre des intérêts égoïstes quelque soit les moyens mis en œuvre (même culpabiliser les innocents). Nous continuons les investigations sur les Magistrats arrêtés, il ressort que sous la conduite du procureur de Mopti Alhousseini Salaha, dans le dossier du Vegal contre la direction regionale de la santé, le Procureur Alhousseini Salaha a permit de recouvrir et verser au trésor public la somme de 33 541 770 FCFA, aussi contre la commune de Diafarabé la somme de 2 255 500 payé sur 4 300 650 ;Un rapport également contre le maire et son adjoint a Ndodjiga, la somme de 8 171 975 a été versé au trésor public. En somme on pourrait dire la somme de 43 969 245 F CFA (quel miracle d’un procureur). Sa récompense ? Une arrestation arbitraire. Analysons la situation ; ne serait le procureur Alhousseini Salaha devenu une menace pour les délinquants financiers qui l’ont poussé dans cette affaire injuste ???? Nous pensons que l’Etat a besoin de renflouer ses pas de discours stériles. Nous sommes conscients de la nouvelle forme de corruption qui est en cour et vous ?
Amadou
Amadou 13 ans
Bravo à la justice malienne. En ce qui concerne Kamaté. Moi même m’apprêtais à saisir la justice malienne contre lui concernant sa gestion de mon dossier. Pour un aperçu des faits: j’ai porté plainte contre quelqu’un pour faux et usage de faux avec toutes les preuves; après des mois de va-et- vient, ce juge d’instruction a pris une ordonnance de non lieu. J’ai fait appel, il y’a des années, cet appel est toujours sans suite. Comme Dieu ne dort pas, le voilà maintenant faire les frais de ses actes. La justice à laquelle on fait confiance, si des magistrats se comportent comme ça; où va-t-on? J’espère que cette action de la justice malienne ne sera pas une propagande au temps d’IBK. Je suis prêt à témoigner contre lui pour les faits qui lui sont reprochés ou à citer des cas. Affaire à suivre.
Observateur100
Observateur100 13 ans
Si nous voulons reconstruire ce pays, il faut que les mentalités et les comportements changent, et que la justice règne pour tous, que l'on soit pauvre ou riche. Comme le dit le proverbe maure "kla justice est la moitié de la réligion".
sang
sang 13 ans
C'est bien fait,ils(Juges et magistrats) se croient le prophète. On veut que la justice soit faite.
Tieba
Tieba 13 ans
Il etait temps a la justice malienne se redevenir une justice digne de ce nom J'ai encore beaucoup confiance a mon ami se tous les temps: le procureur general pres de la Cour d'appel, Dr. Tessougué. Si on lui donne le temps, ce vrai fils de dogon de Sagan redonnera toute La fierte que la justice merite. Bravo mon ami et boncourage. Tu as tout mon support depuis les USA. Bonne chance au Mali entier. You deserve a good justice systeme. On peut aussi compter avec Mohamed Aly Bathily aussi pour l'assainissement. :roll:
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (128)
  • Nfp (69)
  • Kankan (45)
  • Citoyen du monde (36)
  • Sissoko (28)