Rencontre avec Malika slameuse : “Le slam c’est bouche qui donne et des oreilles qui prennent”

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La célèbre slameuse Burkinabe, Ataga Alimatou, plus connue sous le sobriquet de Malika Slameuse, séjourne dans la capitale malienne. Rencontrée à l’Institut Français, la talentueuse slameuse a bien voulu nous accorder un entretien à bâtons rompus.

Aujourd’hui – Mali : Peut-on connaitre la raison de votre présence à Bamako ?

Ataga Alimatou : Je suis à Bamako dans le cadre du Festival international du Slam et Humour du Mali (Fish Mali). Je suis particulièrement à ce festival pour la soirée “Femme Slam”. Je suis à Bamako pour un concert Live à l’Institut Français. Ce festival est un espace de rencontre pour les clameurs du Mali et des différentes contrées du monde. Un espace de partage d’expérience auquel je suis très contente de prendre part.

Comment se passent le Fish et votre séjour à Bamako ?

Ça se passe très bien. Le séjour est agréable. Toutes les conditions sont réunies sur le plan logement, restauration et conditions de travail. Je m’apprête à donner un concert de taille à l’Institut Français (ndlr : c’était mercredi dernier,), parce qu’être femme, c’est déjà un défi mais être femme artiste c’est un double défi et nous espérons offrir au public un spectacle de taille.

Peut-on savoir comment Malika est venue dans le slam ?   

Je suis venue dans le slam un peu comme tout le monde. J’ai vu des slameurs sur scène et je me suis dit pourquoi pas moi et aussitôt une feuille et un stylo et j’ai commencé à écrire mes premiers textes de slam. Je me suis lancée sur la scène et après il y’a eu des encouragements qui m’ont encore plus motivée à aller plus loin dans cet art. Et depuis, j’ai tout lâché pour me consacrer au slam. Il faut savoir que Malika, c’est d’abord un Master 2 en communication et cinq (5) ans d’expérience professionnelle et après j’ai décidé de démissionner afin de me consacrer à mon art, le slam, et aujourd’hui je vis uniquement de mon art.

Vous êtes considérée comme l’une des plus célèbres slameuses d’Afrique, voire du monde, et vous avez certainement remporté des distinctions. Pouvez-vous nous en citer quelques-unes ? 

On va dire que je fais le slam déjà depuis 2009, mais officiellement ma sortie sur le marché de disques c’est en 2015, avec un single intitulé “L’homme qu’il me faut” et l’album “Slamazone” en 2016. Cela fait déjà trois (3) ans que l’album est sur le marché et à ce jour j’ai donné plusieurs concerts en Afrique et un peu partout dans le monde et je compte environ 18 distinctions et trophées dans mon armoire, aussi bien au Burkina Faso qu’à l’extérieur. Je peux citer, entre autres, le trophée du concours de slam “je m’inscris et je vote”, vainqueur du concours de slam “Be Positif”,  Kundé de la meilleure révélation artistique de l’année, Lauréat du trophée “Slam perform” aux Victoires du Hip Hop au Faso, le trophée du meilleur artiste féminin de l’année à “Actu Cool Awards,  le Fama de la meilleure chanson engagée (collectif le Faso d’abord) le trophée du meilleur tube téléchargé en Tunisie par Afrostar  avec mon  titre “Allez leur dire”.

C’est quoi le Slam, selon vous ?

Il y a autant de définitions du slam qu’il y a de slameurs et de spectateurs de slam, mais pour moi le slam c’est avant tout une bouche qui donne et des oreilles qui prennent. C’est le moyen le plus facile pour partager des émotions et l’envie de jouer avec les mots. La différence du slam avec les autres arts c’est que le slam n’a pas de cible précise. Il touche à tout et c’est pourquoi les slameurs ont beaucoup plus d’ouverture par rapport aux autres arts.

Quel regard portez vus sur le Fish Mali ?

Le premier constat déjà, c’est que les slameurs maliens sont assez bien organisés. C’est ma première fois à Bamako et au Fish. J’ai découvert la maison Agoratoire qui organise le Fish et aussi l’implication de l’Institut Français du Mali, l’Ambassade du Canada au Mali, les partenaires et surtout les différentes autorités du Mali qui étaient présentes au lancement et qui continuent d’accompagner le projet. Le Fish est très organisé et je félicite l’organisateur, Abdoul Aziz Koné, et toute son équipe. Ce festival est un espace qui contribue beaucoup à la promotion de la culture en général en du slam en particulier.

  Réalisé par Youssouf KONE

 

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