Le Mouvement citoyen a du mal à restaurer sa cohésion à Koutiala depuis que l’ex-ministre, Aïssata BEGANLAY, y a pris position pour jouer les trouble-fêtes. La tension est désormais à son point culminant dans le camp des amis du président ATT qui n’arrivent plus à accorder leurs violons.
Au cœur de la discorde : une guerre implacable de clans rivaux dont les protagonistes, guidés par la préservation des intérêts personnels, ne reculent devant rien pour faire imposer leur loi. A l’heure actuelle, dans la capitale de l’or blanc, l’unité du Mouvement citoyen est sérieusement entamée à causes de violents soubresauts dont les dommages collatéraux dépassent l’entourage immédiat des responsables en avant-poste.
Les griefs soulevés, relatifs à une impitoyable lutte d’influence de leadership local pour le contrôle, concernent principalement la nommée Aïssata BENGALY, ex-ministre, et le président du Mouvement citoyen de Koutiala. Tous les deux étant accusés de pratiquer une véritable OPA sur les structures. Conséquence : le Mouvement citoyen est aujourd’hui dans une forte turbulence où les militants et responsables, de plus en plus désemparés, ne savent plus à quel saint se vouer tant la désorganisation et la démobilisation ont gagné le mouvement politique en question. En fait, de façon plus prosaïque, les militants et certains responsables du Mouvement citoyen, depuis un certain temps, n’arrêtent pas d’alerter l’opinion locale sur les agissements de cette ancienne ministre du gouvernement qui, après avoir pris ses distances avec son parti d’origine, est passée à la vitesse supérieure pour amorcer son grand retour dans le milieu des amis du président ATT. Pour elle et ses affidés, tapis dans l’ombre de la surenchère politique, la manière la plus efficace d’arriver à leurs fins, en annonçant un retour en force dans le milieu, est de s’imposer coûte que coûte dans les structures du Mouvement citoyen, l’entourage présidentiel, en trouvant rapidement un point de chute d’ici aux prochaines batailles de positionnement politique qui s’annoncent déjà très rudes et qui vont l’être davantage au sein du Mouvement citoyen, lequel est aujourd’hui à la croisée des chemins.
L’intrusion de cette dame, sortie miraculeusement du gouvernement, s’accompagne de violents tiraillements entre les militants du Mouvement citoyen qui ne comprennent pas aujourd’hui comment l’ex-ministre, quoique ressortissante de la contrée, bénéficierait, à cause de ce statut, d’un privilège particulier qui la propulsera au rang de commandeur politique de premier niveau alors que des militants, dévoués à la cause publique, avant elle, ont assumé les charges de gestion ou de fonctionnement des structures du Mouvement citoyen. D’ailleurs, dans le milieu, on rapporte l’exemple de ce militant de première heure qui, sans trompettes ni tambours, s’est engagé, pendant de longues périodes, à supporter personnellement les frais de location du siège local du Mouvement citoyen et qui, aujourd’hui, par la force des choses, fait les frais de l’intolérance politique exacerbée par les rivalités de positionnement qui minent le milieu.
En semant la zizanie dans les structures, Madame l’ex-ministre est parvenue, dénonce-t-on avec véhémence, à ériger des cellules parallèles qui noyautent les structures officielles du Mouvement citoyen, lesquelles sont du coup paralysées. Pour cela, apprend-on de sources concordantes, les réunions des structures officielles sont bloquées d’autant que l’importance est aujourd’hui accordée aux réunions secrètes à partir desquelles les protagonistes de la guerre de clans infiltrent les milieux de militants. Dans cette perspective sombre pour le mouvement, au-delà de l’ex-ministre BENGALY, l’attitude du président du Mouvement citoyen est également décriée avec indignation. Ce dernier est accusé de faire le jeu de la dame Aïssata BENGALY en se livrant systématiquement à une politique de division orchestrée au sein du mouvement politique sur la base de considérations peu convaincantes. La division qui en résulte au niveau des structures fait que les militants et responsables, de plus en plus désabusés, s’inquiètent de l’état d’inorganisation avancée de leur mouvement. Le fait est d’autant plus dramatique que Koutiala, par le passé, s’est montré plus déterminant dans le vaste réseau de sympathie qui s’est nouée autour du président ATT, au moment de l’annonce de sa candidature jusqu’à la victoire politique de 2002. De fait, Koutiala entend toujours honorer cette réputation. Raison pour laquelle des voix s’élèvent pour dénoncer l’emprise politique qui fait des vagues dans le milieu. Pourvu que la saignée puisse être arrêtée à temps !
Par Sékouba SAMAKE