Dr. Mamadou Salia Traoré, gynéco-obstétricien : « Le prolapsus est une défaillance du système de soutènement du système génital »

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Le prolapsus génital est une maladie chez la femme. Dans un entretien, Dr. Mamadou Salia Traoré, gynéco-obstétricien, revient sur les causes et les manifestations de cette maladie.

Qu’est-ce que le prolapsus génital ?   

Dr. Mamadou Salia Traoré : On entend par prolapsus une ptose d’un organe, c’est-à-dire lorsqu’un organe perd un droit de cité, c’est-à-dire l’organe quitte la loge habituelle pour se trouver dans un autre endroit.

Quand c’est génital, il concerne l’aspect génital, en d’autres termes, une défaillance du système de soutènement et de suspension d’un organe. Lorsqu’un organe a une défaillance au niveau de son soutènement, au niveau de sa suspension, cet organe devient prolapsus et, c’est en ce moment qu’on parle de prolapsus.

Dans quel contexte se manifeste-t-il ?

Dr. Mamadou Salia Traoré : Il se manifeste de plusieurs façons. Le plus souvent, dans le domaine de la gynécologie, il s’agit du prolapsus génital et cela concerne la femme. Mais chez les hommes, il peut y avoir le prolapsus d’autres organes, notamment au niveau du rectum.

Quand est-ce qu’on dit que c’est une maladie ?

Dr. Mamadou Salia Traoré : Le prolapsus connaît différents stades, car il faut les voir avec la gêne fonctionnelle, du moment où il constitue une plainte chez le malade, on peut considérer comme étant une maladie.

Le prolapsus existe sous différentes formes, sous différents stades, sous différents degrés et tous les degrés n’ont pas la même expression clinique et ne nécessitent pas forcément le même degré de prise en charge.

Pour ce qui est le prolapsus génital, généralement, il peut concerner plusieurs organes dont la sciatique pelvienne. Vous savez que dans le pelvis, il y a un ensemble d’organes et ces différents organes fonctionnent les uns avec les autres.

Donc, quand on prend le pelvis, vous avez la vessie qui, sur le plan anatomique, a un rapport avec l’utérus qui a aussi un rapport avec le rectum. Donc, c’est un ensemble qui se tient. Toute perturbation du système de soutènement ou de suspension d’un de ces organes peut entraîner un prolapsus.

C’est la raison pour laquelle, pour ce qui est du prolapsus génital, on parlera du prolapsus en rapport avec la vessie. Toutefois, seule la vessie descend ; il peut y avoir le prolapsus avec l’utérus qui peut être une descente de l’utérus de sa loge habituelle.

Parfois, dans le cas de l’un ou l’autre, cet organe peut être visualisé en dehors de la voie en extra génital, c’est-à-dire exposé à la vulve et, en d’autres termes, il y a le prolapsus qui peut concerner le rectum qui est le rectocèle ou parfois cela peut être le douglas.

C’est un repli entre l’utérus et le rectum et cela peut être en avant entre le rectum et entre la vessie et l’utérus de façon latérale entre l’utérus. Ce repli peut aussi à un certain degré de longueur se retrouver en extra génital et entraîner un prolapsus et généralement, on parle de rectocèle.

Pouvons-nous associer le prolapsus à une infection génitale ?

Dr. Mamadou Salia Traoré : Dans la plupart des cas, on n’associe pas le prolapsus à une infection génitale. C’est une entité tout à fait différente. Cela me donne l’occasion de parler des causes.

Les causes du prolapsus sont diverses et peuvent résulter généralement des facteurs congénitaux. Et, par facteur congénital, on peut généralement parler d’une maladie en rapport avec l’élasticité des muscles, généralement, le syndrome de Marfan ou le syndrome d’Ehlers-Danlos qui est une maladie congénitale.

Il y a certainement des maladies en rapport avec la courbure du dos, ce que nous appelons la perte de la lordose. Par exemple, quand on a ces maladies. Donc, ce sont des facteurs qui peuvent être en rapport. Il peut y avoir des facteurs généraux.

Par exemple, une femme qui a accouché plusieurs fois ou une personne qui fume et des personnes atteintes de surpoids. Il y a des facteurs traumatiques qui ont un rapport avec l’accouchement.

Ce qu’il faut savoir, lorsqu’une femme est enceinte, elle peut être exposée au prolapsus, puisque la grossesse va constituer ce que l’on appelle une pesanteur sur le pelvis et cette pesanteur peut provoquer un prolapsus sur un des organes.

Toujours en rapport avec la grossesse, il y a le poids du fœtus. Les femmes qui accouchent généralement de gros enfants, peuvent en être exposées. Il y a des facteurs en rapport avec certaines maladies telles que les maladies respiratoires, surtout, sous forme de toux chronique ou sur le plan traumatique, des gens qui fournissent des efforts, les facteurs en rapport avec la chirurgie.

En enlevant l’utérus d’une femme au cours d’une chirurgie, elle peut s’exposer à un prolapsus. Généralement, le prolapsus qui s’appelle le fond vaginal, qui peut être la vessie ou le rectum, est en rapport entre ces différents organes. L’absence d’un organe peut jouer sur les moyens de fixation et peut entraîner ce genre de maladie.

Peut-on le prévenir ?

Dr. Mamadou Salia Traoré : Sa prévention est tout à fait possible dans certains contextes, mais dans d’autres, non. On a parlé de certains facteurs qui sont des facteurs congénitaux. Cela va être difficile lorsqu’on souffre de certaines maladies telles que le syndrome de Marfan. Il y a un facteur que je n’ai pas signalé dans les facteurs favorisants, il s’agit de la ménopause.

La ménopause- ou lorsque le système hormonal est arrêté – peut exposer les femmes à cette maladie. Donc, prévenir ce genre de prolapsus va être difficile quand il est en rapport avec la ménopause ou en rapport avec certaines formes congénitales. Cela va être difficile.

Mais, dans d’autres cas, je dirais oui. Prévenir ce genre de maladie, veut dire que les accouchements soient assistés parce que les efforts de pousser suffisent souvent à la survenue de ces maladies.

Conseil du Dr. Mamadou Salia Traoré 

S’il y a un conseil à donner, c’est de dire aux femmes de consulter le plutôt possible pour éviter la survenue des complications en rapport avec ces maladies. Quand bien même on sait que la prise en charge ne nécessite pas forcément une opération. Il faut rattacher la gêne fonctionnelle à la qualité de vie de la personne pour savoir exactement ce qu’il faut faire.

Les hommes doivent prêter attention à leur femme. Et je pense que c’est une notion très importante. Et le plus important est que quand on est en couple, il faut se connaître. Au-delà de cela, on peut se partager la plainte et l’apport des hommes va être utile en accompagnant les femmes pour une prise en charge rapide des affections.

Entretien réalisé par Mariam Dite Mama Diarra

www.lerossignol.org

NB : le chapeau est de la Rédaction

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