Santé : 1545 cas de cancer diagnostiqués en 2019 selon le registre national des données

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Plus de 19 millions de nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués dans le monde en 2020. Au Mali, selon le registre national des données des cancers, 1545 cas ont été diagnostiqués dans le district de Bamako. À la faveur de la journée mondiale du cancer, célébrée le 4 février tous les ans, le journal Le Wagadu revient sur l’état de la maladie au Mali.

Le cancer est une cause majeure de mortalité dans le monde, responsable de 8,2 millions de décès par an. Selon les professionnels de la santé, le cancer est un terme général appliqué à un grand groupe de maladies qui peuvent toucher n’importe quelle partie de l’organisme. L’une de ses caractéristiques est la prolifération rapide de cellules anormales qui peuvent essaimer dans d’autres organes, formant ce qu’on appelle des métastases.

«De toutes les régions de l’OMS, la Région africaine est celle qui ploie sous la plus lourde charge de cancer du col de l’utérus», estime Dr. Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’organisation mondiale de la santé (OMS) Afrique dans un communiqué.

Selon l’organisme onusien, le nombre de nouveaux cas de cancer a plus que doublé dans la Région africaine ces vingt dernières années passant de 338 000 cas notifiés en 2002 à environ 846 000 cas notifiés en 2020. Cette situation s’explique par le fait que dans la plupart des pays africains, les communautés peinent à accéder aux services de dépistage, de détection précoce, de diagnostic et de traitement du cancer.

À titre  d’exemple, l’OMS estime que seulement 30% des enfants africains atteints de cancer survivent à cette maladie, contre 80% dans les pays à revenu élevé. En outre, souligne l’Organisme onusien, les difficultés liées à l’accès aux soins du cancer sont exacerbées pendant des crises telles que la pandémie actuelle de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).

Les femmes beaucoup plus atteintes que les hommes

Le cancer est «un problème de santé publique» au Mali, s’alarment des médecins. Selon les données du registre des cancers, 1545 cas ont été diagnostiqués dans la ville de Bamako en 2019, soit 1017 cas chez la femme et 528 cas chez l’homme. La valeur ajoutée de ce type de registre est qu’on peut calculer l’incidence de la maladie sur la population.

Selon le Dr. Bourama Coulibaly, anatomo-pathologiste au CHU du Point G, elle était de 53,3% pour 100 000 habitants chez les hommes et 115,7% pour 100 000 habitants chez les femmes. «La répartition par sexe démontre que 66% de femmes sont atteintes de cancer contre 34% d’hommes», a-t-il précisé.

Cette explosion de cancer chez la femme s’explique par la recrudescence du cancer du sein et du col de l’utérus qui sont propres à la femme, explique Dr. Hamady Sissoko, gynéco-obstétricien, au Centre de référence de la Commune III du district de Bamako.

Les études montrent que la tranche d’âge 46-60 ans tous sexes confondus est la plus représentée avec 31,9%. Les cancers les plus récurrents sont le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le cancer de l’estomac et celui de la prostate. Selon le Dr. Hamady Sissoko, les campagnes de dépistage ont permis de diminuer les cas du cancer du col de l’utérus.

D’après une information relayée par Radio France Bleu, «environ 41% des cancers chez les plus de 30 ans» sont liés à des facteurs comme «le tabagisme, la consommation d’alcool, l’alimentation, le surpoids et l’obésité, certains agents infectieux, certaines expositions professionnelles, l’exposition aux ultraviolets naturels et artificiels».

8,2 millions de décès par an à travers le monde

Selon l’OMS, les facteurs de risque associés au cancer comprennent le vieillissement et les antécédents familiaux, la consommation de tabac et d’alcool, une alimentation riche en sucre, en sel et en matières grasses, le manque d’exercice physique, le surpoids et l’exposition à certains produits chimiques. Toutefois, un certain nombre de cancers pourraient être évités.

En dépit de l’énormité de sa létalité, plus du tiers des 8,2 millions de décès par an à travers le monde pourrait être évité. La détection précoce d’un cancer augmente de façon importante les chances de guérison. Selon les professionnels de la santé, le plus important est de faire la découverte de la maladie. «Il est en ce moment facile à traiter», souligne Dr. Sissoko.

La Journée mondiale contre le cancer, qui a lieu tous les ans le 4 février, constitue l’initiative internationale de rassemblement menée par l’Union internationale contre le cancer (UICC).  L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’associe à la communauté internationale en ce 4 février pour commémorer la Journée mondiale contre le cancer.

L’édition de cette année marque l’aboutissement de la campagne de trois ans baptisée «Je suis et je vais», qui vise à dissiper la peur entourant le cancer, à mieux appréhender cette maladie et à modifier les comportements et les attitudes.

Abdrahamane SISSOKO

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