Symposium national sur les droits de l'homme au Mali : Promouvoir l'éducation aux droits humains à travers le référencement à nos valeurs socioculturelles ancestrales

16 Mai 2026 - 08:02
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Symposium national sur les droits de l'homme au Mali : Promouvoir l'éducation aux droits humains à travers le référencement à nos valeurs socioculturelles ancestrales

Le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a présidé, le 7 mai , à l'Ecole de maintien de la paix "Maître Alioune Blondin Bèye", la 16e édition du Symposium national sur les droits de l'Homme au Mali, placée sous le thème : "Les sources endogènes des droits de l'Homme au Mali". 

 C'était en présence de la présidente par intérim de la Commission nationale des droits de l'Homme et de plusieurs personnalités du monde judiciaire ainsi que de défenseurs des droits humains.

Dans son intervention, la présidente par intérim de la CNDH a rappelé que le thème retenu cette année porte sur "les sources endogènes des droits humains au Mali". Et d'ajouter que l'objectif général de cette 16e édition est de déconstruire les clichés, les stéréotypes et les préjugés sur les droits humains à travers la valorisation et la vulgarisation des sources endogènes. À ses dires, cet événement s'inscrit dans le cadre de la mission de promotion des droits de l'Homme de la CNDH, qui se veut à la fois un état des lieux des sources endogènes des droits humains et un moyen de légitimation des droits humains, dans un contexte de crise multidimensionnelle. Elle poursuivra que les droits de l'Homme ne sont pas une importation. C'est pourquoi son organisation consacre une grande partie de ce symposium à l'origine des droits humains, des manuscrits de Tombouctou à la Charte de Kurukanfuga. Avec la décision de décréter 2026 Année de l'éducation et de la culture au Mali et la montée du discours anti-droits humains basé sur l'argument selon lequel ils seraient une importation occidentale, la CNDH, convaincue que les droits de l'Homme viennent de chez nous, s'inscrit non seulement en droite ligne avec l'Année de l'éducation et de la culture, mais aussi dans le cadre du mandat de promotion de la CNDH, qui est chargée de développer une culture des droits humains au Mali. "Il s'agit ainsi pour nous de promouvoir l'éducation aux droits humains à travers le référencement à nos valeurs socioculturelles ancestrales", a-t-elle ajouté.

Contexte particulièrement difficile

Selon elle, la CNDH, grâce à l'accompagnement de l'ambassade du Royaume-Uni au Mali, a commandé une étude sur les origines endogènes des droits de l'Homme au Mali, dont les résultats seront présentés au cours des travaux. Ainsi, la CNDH salue les efforts du gouvernement dans la promotion et la protection des droits de l'Homme, malgré le contexte particulièrement difficile, marqué par des atteintes sans précédent aux droits humains.

Pour sa part, le ministre Kassogué a déclaré que le thème retenu cette année n'est pas anodin ; il est d'intérêt majeur et se justifie amplement, dans la mesure où notre pays est héritier de plusieurs empires et royaumes qui ont tous marqué leur existence par des règles d'organisation sociale ayant réservé une place de choix aux conditions de bien-être et d'épanouissement individuel et collectif que nous pouvons raisonnablement mettre sous le label "droits de l'Homme", tel que nous le connaissons aujourd'hui. Avant d'énumérer notamment l'empire du Ghana, l'empire Songhaï et l'empire du Mali.

A l'en croire, il est regrettable, de nos jours, de constater, au plan international, une instrumentalisation et une politisation croissantes de la question des droits de l'Homme contre certains pays, dont le Mali, de la part de certaines puissances occidentales sur la base d'argumentaires fallacieux, infondés et tendancieux, tendant régulièrement à démontrer que, de façon générale, l'Afrique est demeurée en marge de la question des droits de l'Homme.

Cependant, ajoute-t-il, en revisitant l'histoire de notre pays de façon particulière, il en ressort que l'intégration de la perspective des droits de l'Homme remonte au XIe siècle, avec les manuscrits de Tombouctou. Ensuite, dit-il, le serment des chasseurs du Mandé et la Charte du Mandé ou Charte de Kurukanfuga sont de véritables creusets de règles promotrices et protectrices des droits de l'Homme tels qu'ils sont aujourd'hui reconnus et définis.

Parlant de la Charte de Kurukanfuga, le ministre Kassogué dira qu'elle prônait déjà la paix et la cohésion sociale, la liberté individuelle, l'abolition de l'esclavage et le respect de la vie humaine.

Et d'ajouter que ce texte oral, considéré comme l'une des premières déclarations des droits de l'Homme, garantissait la sécurité, la propriété et préconisait la fraternité entre les peuples.

Respect de la dignité humaine

Se fondant sur cette réalité tangible, il a martelé que l'antériorité des sources endogènes des droits de l'Homme dans notre culture fait que notre peuple, notre pays, n'a de leçons à recevoir de quiconque en cette matière.

C'est donc à juste titre que le constituant malien, précise-t-il, dès le préambule de la Constitution du 22 juillet 2023, a prescrit en disposition constitutionnelle le renvoi à ces valeurs ancestrales de respect de la dignité humaine.

Selon le garde des Sceaux, dans le cadre du renforcement du cadre juridique et institutionnel des droits de l'Homme, notre dispositif institutionnel s'est enrichi par la création d'une direction nationale des droits de l'Homme, qui a pour mission d'élaborer les éléments de la Politique nationale dans le domaine des droits de l'Homme et d'en assurer le suivi de la mise en œuvre.

Et de poursuivre que cette politique nationale est le cadre de référence de tous les acteurs œuvrant dans le domaine des droits de l'Homme. Toute approche en cette matière devra désormais s'inspirer davantage de nos valeurs ancestrales afin de faciliter l'appropriation de la question des droits de l'Homme par nos populations et de briser l'illusion d'un concept importé et stéréotypé, très souvent opposé à nos réalités culturelles pour la défense des droits de l'Homme.

Pour finir, il a exprimé sa profonde gratitude à la Commission nationale des droits de l'Homme pour la tenue régulière de ce symposium, qui témoigne de l'attachement de notre pays aux valeurs universelles des droits de l'Homme et de son engagement constant pour la promotion et la protection des droits de l'Homme dans notre pays.     

               Boubacar Païtao