Moussa Ag Assarid, représentant du Mnla auprès de l’UE : «Un accord imposé qui ne respecte pas la volonté des Azawadiens n'est pas un accord»

12 Mars 2015 - 12:42
Mis à jour: 12 ans
27
[caption id="attachment_130872" align="alignleft" width="300"]Moussa ag Assarid : « Notre but, contrôler l’ensemble de notre territoire » au nord-Mali Moussa AG Assarid[/caption] Le dimanche 1er mars, à Alger, la CMA a lu une «déclaration relative à la 5ème phase du processus d’Alger», dans laquelle elle «demande à la médiation internationale de lui accorder du temps pour partager le projet d’accord avec les populations de l’Azawad». Il nous donne des éclaircissements dans l’interview qui suit. Le Reporter : Quelle méthode la CMA a-t-elle choisie pour partager le projet avec les populations ? Moussa Ag Assarid : Ce qu’il faut savoir, c’est que chaque mouvement de la CMA a sa propre structure interne. Le Mnla, par exemple, a son Conseil consultatif, sa Coordination de femmes, son Union de jeunes, son Conseil révolutionnaire et son Conseil transitoire de l’Etat de l’Azawad qui est l’organe exécutif du mouvement, dont Bilal Ag Achérif est président, et Mahamadou Djéri Maïga, vice-président. Chaque mouvement de la CMA est organisé de façon assez similaire, même si les noms diffèrent. Donc, la CMA a prévu plusieurs consultations menées par les structures de ses différents mouvements, à savoir le Mnla, le Hcua, le Maa, la Cpa et la CMFPR2, présidée par Ibrahima Kantao. Ces structures rencontreront les leaders communautaires, les chefs de villages et de fractions, les représentants des chefferies traditionnelles, les associations de jeunes et celles de femmes. La délégation de la CMA est rentrée d’Alger mardi 3 mars 2015, au soir. Il est prévu qu’elle fasse un compte-rendu dans plusieurs localités et dans les camps de réfugiés situés dans les pays limitrophes. Il y aura des rencontres élargies, c’est-à-dire des meetings d’information sur les grandes lignes du projet d’accord. Une rencontre des dirigeants de la CMA  est prévue à Kidal le 10 mars prochain. Je ne sais pas encore si c’est lors de cette rencontre que la CMA prendra sa décision. Ce que, vous, vous appelez l’Azawad couvre 3 régions, celles de Gao, Kidal et Tombouctou, sans oublier le cercle de Douentza, n’est ce pas ? Quelles populations vont être consultées ou informées ? Celles de ces 3 régions et celles de ce cercle ? Tout à fait, sont concernées par ces consultations toutes les populations qui vivent dans ces régions et cercle,  sans aucune distinction. La CMA se bat pour elles afin de leur permettre de vivre enfin librement et dignement chez elles.  La CMA a des représentants un peu partout sur ce territoire de l'Azawad et dans les camps de réfugiés. Par exemple, le siège de la CMFPR2 est à Gao. Mercredi 4 mars, il s’est écoulé seulement quelques jours depuis dimanche. En combien de temps la CMA pense-t-elle pouvoir procéder à toutes les consultations ? C’est difficile à dire, car cela dépend des moyens, de la sécurité, des distances et de la logistique. La CMA a-t-elle besoin d’autorisations ou d’un soutien sécuritaire pour parvenir à tout organiser ? En vous demandant cela, je pense aux forces internationales présentes qui vont être attentives à ce qui se passe. Ces forces seront bien sûr sollicitées. Le 3 mars, lorsque la délégation de la CMA est rentrée, une surveillance sécuritaire et un car de la Minusma étaient présents, ensuite nos mouvements ont pris le relais. Oui, nous demanderons un soutien des forces internationales pour l’organisation des consultations. À l’heure où nous nous parlons, la CMA a-t-elle déjà recueilli des réactions et des points de vue de la part des populations ? Oui, car grâce à l’internet et au téléphone, le projet d’accord est disponible sur le terrain depuis dimanche. Il a déjà été traduit pour le rendre accessible à tous. Les échos que j’ai eus ne sont pas du tout favorables à ce document. Ceux qui l’ont lu considèrent qu’il ne prend pas en compte les aspirations des populations de l'Azawad. Il n’y a pas d’évolution significative par rapport à l’accord de Tamanrasset de 1991, au Pacte national de 1992 et à l’Accord d’Alger de 2006. Si on prend le seul exemple de l’élection du président de l’Assemblée régionale, le seul changement est qu’on passe du suffrage universel indirect au suffrage universel direct et qu’on lui confère des «pouvoirs importants». Ce sont des termes trop imprécis pour s’en satisfaire. Ce projet d’accord est flou. Il y a trop d’ambiguïtés. Il y a beaucoup d’exemples de ce type dans le projet. Si les députés ne votent pas, si la Constitution n’est pas changée, rien de nouveau ne sera possible. Nous connaissons bien le gouvernement du Mali. Même s’il avait la volonté politique d’un changement, je dis bien, s’il avait, il n’aurait pas les moyens de l’appliquer. Au sortir de ces consultations que je vais qualifier de populaires, la CMA a deux réponses possibles. Soit «oui, on signe», soit  «non, on ne signe pas». Dans ce dernier cas, la CMA va-t-elle faire une contre-proposition, c’est-à-dire soumettre un autre texte ?  Je ne peux pas répondre à cette question. Je ne peux pas parler avant la prise de décision qui suivra les consultations. Cependant, je précise que nous, le Mnla, avons des équipes d’experts que nous mettons dans le panier commun de la CMA. Je m’explique. Le Mnla a trois avocats qui travaillent avec nous depuis 2012, un avocat anglais au barreau de New York (USA), un avocat hollandais au barreau d’Amsterdam (Pays Bas) et un troisième, une avocate française du barreau de Paris (France). Nous avons d’autres experts qui nous accompagnent dans tout ce processus. C’est à la lumière de leurs conseils et de la volonté populaire des Azawadiens que la CMA prendra sa décision et déterminera sa stratégie future. Quand vous parlez des Azawadiens, vous parlez bien de toutes les populations qui vivent au Nord du Mali ? Je veux dire toutes les communautés culturelles septentrionales, même les Songhoïs, les Peuls, les Bozos et les autres. Tout à fait, la CMA ne fait pas de différence ethnique ou communautaire ou géographique entre les populations. Pour nous, chaque personne, quelle que soit son appartenance, mérite considération et dignité. Les droits doivent être respectés. Ça signifie donc que tout le monde sera invité aux consultations et pourra donner son avis sur le projet d’accord, n’est-ce pas ? Tout le monde est invité à s'exprimer. Nous le ferons en fonction de nos moyens et de nos possibilités. La CMA fera tout pour consulter l’ensemble des populations de l’Azawad qui pourront se déplacer, étant donné la situation sécuritaire et la logistique. Au sein des différents mouvements de la CMA, toutes les communautés sont représentées. Les suggestions de tous seront prises en compte. La CMA prendra-t-elle en compte le pourcentage de personnes qui auront pu assister, donc s’exprimer lors de ces consultations, par rapport au nombre total d’habitants, afin de pouvoir dire qu’elle prend une décision conforme à l’opinion d’une véritable majorité d’habitants ? Dans le seul intérêt général des populations de l'Azawad, nous ferons tout ce que nous pourrons, pour mener des consultations populaires de qualité et de quantité. La CMA prendra une décision conforme à la volonté populaire et à la hauteur du conflit. Abdoulaye Diop, le MAE du Mali et Pierre Buyoya, le représentant de l’Union africaine ont tous deux déclaré qu’ils comptaient sur la CMA pour adhérer au projet d’accord. Qu’en dites-vous aujourd’hui ? Ils savent tous les deux ce qu’il y a dans le projet et ils savent ce que nous nous sommes dit, les yeux dans les yeux. Ils savent que ce que nous avons proposé n’a pas été pris en compte dans le projet. Nous écouterons le peuple. Nous continuerons à nous battre pour le peuple. Nous n’en sommes plus à échanger les souffrances du peuple contre des postes à Bamako. Nous avons dépassé ce stade-là. Je vous laisse conclure, Moussa Ag Assarid. Ceux qui souffrent depuis 50 ans, méritent que cela prenne fin grâce à des propositions pragmatiques qui leur donneront l’opportunité d’être acteurs de leur destin. La volonté populaire mérite d’être enfin respectée. Les populations doivent pouvoir choisir ce qui est bien pour elles. C’est le propre de la démocratie. Je tiens à ajouter que, dans le projet, il est dit que l’Azawad est une réalité humaine, socio-culturelle, mémorielle et symbolique. Or, nous tenons à ce qu’il y ait une reconnaissance politique et juridique de l’Azawad, car c’est cela qui est important. Pour résoudre ce conflit d'un demi-siècle, il faut une audace, des engagements précis et des responsabilités courageuses au bénéfice des populations concernées dont les intérêts doivent êtres au-dessus de toute autre considération. Un accord imposé qui ne respecte pas la volonté des Azawadiens, n'est pas un accord. Les accords précédents le prouvent à suffisance. La CMA est résolument engagée dans la recherche de la paix, mais une vraie paix, basée sur un vrai contrat social, réaliste et mutuellement accepté.   Françoise WASSERVOGEL (propos recueillis le mercredi 4 mars 2015)

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (27)

User
Makan Keita
Makan Keita 11 ans
En fait il y a une résolution des Nations Unies en faveur des soit disant "Peuples Autochtones" donc les "GANDAKOYES" en Sonrais une vraie supercherie, une imposture politique contre les États qu'ils veulent diviser : il suffit donc à la CMA d'obtenir le nom AZAWAD sur un territoire qui n'a jamais historiquement été un ensemble, royaume, empire et autres... pour demander l'autodétermination de ce territoire avec l'aval des NU ! CHIC ! Moussa veut donc obtenir contre tous les gros mensonges du monde la reconnaissance de l'Azawad "par harcèlement" !
AISHA RICARELL
AISHA RICARELL 12 ans
---------------DIEU NA PAS ABANDONNé MON MALIBA :wink: -----------------ET LES MALIENS NE SONT PAS DES CONS :-P -------------------------------------------------VIVEVIVEVIVE VIVEVIVEMENT MON MALIBA :wink: -----------------------------------------------------------------A BAS LES TARéS HYPOCRITES PARASITES -OPPORTUNISTES ,MENTEUSES,VULGAIRES,DES IDIOTES BATARDES :mrgreen: ---------------------------------------------VIVEVIVEVIVEEEEEEEEEEEEEIBK ET TOUS NOS DIRIGEANTS POUR UN MALIBA MEILLEUR RIEN DE BLABLBABLBATE -CHOU CHOU CHOU CHACHCHACHA CHI CHI RI CHI --------------------------------NE MA MOGO TOGO FODEH-- NE BIYEREDON :wink: ----------------------------------------------------ET VOILA --------MERCI MOUSSAMARAAAAAAAAAAAPOUR TA PATIENCEEEEEEEEEEEEEE :wink:
Yaya Sidibe
Yaya Sidibe 12 ans
NOUS AVONS LES MEMES ENNEMIS DEPUIS; DEPUIS QUE LES BLANCS ONT CONNUS L' AFRIQUE. ALORS SI ONT SE DONNENT NOS MAINS, ENSEMBLES NOUS POURRIONS RELEVER LES GRANDS DEFITS PARTOUT EN AFRIQUE. LES ARMEMENTS DE TOUS LES REBELLES, DISSIDENTS, REVOLTES DE L'AFRIQUE: SONT D' ORIGINES BLANCHES( EUROPE ET L' AMERIQUE. LES TUERRIES SONT DANS DES ZONES SEULEMENT RICHES OU SUPPOSEES D' ETRE RICHES.. REFLECHISSEZ AVANT DE PRENDRE DES ARMES VENUES DE CHEZ NOS ENNEMIS COMMUNS. SATAN A FAIT SONT PLAN, ET DIEU AUSSI, MAIS DIEU EST LE MEILLEUR PLANNIFICATEUR. MERCI.
AMANIAG
AMANIAG 12 ans
LUI MOUSSA EN TANT QUE PrOMOTIONNELLE DE CLASSE NE DEVAIT PAS NAITRE CAR SI DIEU jE LE CONNAIS DE TROP POUR DIRE CELA A Mr Francois Hollande, de comprendre en fin que le Mali est indivisible, "ni fédéralisme", "ni autonomie". Ces apatrides parlent chaque fois de Gao, Tombouctou mais tout est faux et même de Kidal dont moins d'1/4 de la population les suivent dans leur projet. Mr Hollande, saches UN FOIS POUR TOUTE COMME TU NE CONNAIS PAS L'HISTOIRE DU MALI, on ne déçoit pas ce peuple et en être heureux ni encore moins d'atteindre ses objectifs sur aucun plan. Le Mali a fait de toi un grand homme pour monter dans les sondages en temps opportun après KONA, tu devais poursuivre sur cette ligne. Toute personne qui s'attaque à ce pays le verra: - SARKHOZI l'a vu pour que tu sois Président, - MORSI l'a vue pour étre aujourd'hui en prison, - COMPAORE l'a vu pour etre aujourd'hui en fuite, - KHADAFI l'a vu même s'il a voulu se ressaisir après, tout cela en rapport au NORD MALI, Même votre Christine LAGARDE, en agissant contre les finance du MALI a été interpellé pour qu'l compose avec les autorités maliennes etc....., Je peux te donner de milliers d'exemples sur les ennemis du Mali et ce qu'ils sont devenus. iL EST TEMPS QUE TU DISES A TES HOMMES QUE NOUS N'AVIONS PLUS BESOIN D'EUX AU NORD CAR CES BANDITS DE KIDAL DOIVENT ETRE CORRIGE PAR LEUR FRERES ET SOEURS DU GATIA, là ce n'est pas l'armée malienne, c'est entre gens défends leurs terre, le plus fort remportera la VICTOIRE et tu verras que c'est vers le MALI; Il faut avoir honte et tous ces lobbys pro-bâtards de MNLA européens et autres. Le Mali te respecte jusqu'à présent alors ARRETE DE SOUTENIR CES GENS-LA et si tu ne le fais, fais le savoir aux maliens. LE MALI EST BENI : VOIS SOUS LA TERRE MALIENNE COMBIEN DE SAINTS HOMMES, PROCHES DE DIEU ET DES PROPHETES JESUS, (P) et MOHAMED (PS), même si tu es athhée, sont en repos ici sans oublies que c'est la terre des Cheickna HAMALLA, Niaro Karamoko, Mohamed Abdoulaye Chouadou, LES 333 SAINTS DE TOMBOUCTOU etc.... NON,, LE MALI NE SERA PAS ABANDONNE PAR DIEU POUR VOS PROJETS DE DIVISION CONTRE LA SINCEERITE DES SAINTS HOMMES ENVERS LUI DIEU, LE CREATEUR DU MALI; DONC COMPRENDS ET ARRETE MAINTENANT
Ancienba
Ancienba 12 ans
No comment! AMANIAG, tu as tout dit. Que Dieu nous assiste inch ALLAH!
Moussa Albougounou
Moussa Albougounou 12 ans
pourkoi les maliens du sud ne se limitent qu'a des insultes si le CMA dit qu'il a une base a consulter laisser le faire donner la chance a la paix ce un vié problme donc prener votre tps au lieu d'injurier les autres
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (134)
  • Nfp (74)
  • Citoyen du monde (21)
  • Coulibaly Yacouba (20)
  • kan (19)