Nous les jeunes : L’année 2012 et les 21 ans de la démocratie La jeunesse malienne face à l’avenir

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De l’indépendance à nos jours, le pays vient de passer 21 ans de sa démocratie. Il y a eu des hauts et des bas. Au-delà de l’enthousiasme, c’est aussi le temps du bilan, surtout de l’introspection sur ce qui est advenu de cette période démocratique.

Le premier constat est que malgré ses multiples richesses, le Mali  reste à la traine du développement. Aussi, dans ses rapports déséquilibrés avec le reste du monde, si l’on peut déceler

Les dirigeants qui se sont succédés depuis les années 1960 dans les différents pays du continent ont (à quelques exceptions près) plutôt manifesté une seule volonté : celle de se maintenir au pouvoir contre vents et marées, un pouvoir le plus souvent terni  par la mauvaise gouvernance, le népotisme, la corruption, la manipulation des institutions et des règles démocratiques les plus élémentaires. Toutes choses qui ont  d’ailleurs permis certains d’entre eux de se succéder plusieurs fois à eux-mêmes.

Parallèlement, les défis socioéconomiques se posent avec acuité et ne cessent de se complexifier chaque jour avec l’augmentation rapide de la population, notamment dans les centres urbains. En effet, plus de 2/3 de la population urbaine vivent dans un habitat précaire (80 %) sans services essentiels, seulement 36 % de la population disposent d’un système d’assainissement ; 44 % ont accès à une eau potable ; 55 % de la population est jeune (moins de 20 ans) et 46 % vivent dans lune extrême pauvreté avec moins de 500 FCFA par jour.

Au plan sanitaire, la situation n’est guère reluisante. La pandémie du SIDA continue de faire des ravages sur le continent, et des milliers de personnes sont infectées par le VIH dans le pays. Les enfants et les femmes sont les plus exposés. En plus du SIDA, la mortalité maternelle et infantile reste plus élevée au Mali que partout ailleurs dans le monde ? Des milliers d’enfants meurent chaque jour avant d’atteindre leur cinquième anniversaire, alors que le paludisme reste encore la première cause de mortalité sur le continent, détruisant des familles entières. A cela s’ajoutent  la poliomyélite, le choléra, la méningite, la bilharziose, etc. Et la sous-alimentation reste une équation insoluble : 30 % des enfants de moins de 5 ans sont malnutris et 40 % de la population survivent sous la menace d’une crise alimentaire. Quant à  la gestion de la crise au Nord du pays ; elle reste le « casse tête chinois » du gouvernement.

L’objectif n’est pas de mettre ici en cause l’héritage historique et culturel de notre pays, encore moins de le piétiner comme un vulgaire papier à mouchoir après usage. Nos valeureux et courageux ancêtres qui nous ont légué une richesse inestimable, tant du point de vue social que culturel, et même philosophique, méritent tous nos hommages. Cependant, il ne faut pas perdre de vue le contexte actuel dans lequel se débattent les Maliens et Maliennes. D’où des questions : comment faire pour que la situation de sous-développement endémique dans laquelle vivent la majorité des citoyens n’hypothèque  pas leur avenir? Comment faire pour  que cette situation blâmable ne pousse pas des milliers de fils et filles valides du pays vers un exode suicidaire en bravant les dangers de la mer ou du désert pour une hypothétique condition de vie ?

Pourtant, dans toutes les ressources rares et convoitées, le Mali (et l’Afrique en général) fait figure de « pool position », en tout cas dans les dix  premières ressources dont le cuivre, le fer, l’or, le cobalt, le manganèse, le phosphate, entre autres. En outre, le Mali est aujourd’hui l’un des pays les mieux aidés du continent, selon la Banque mondiale. À partir de là, il s’agit d’analyser froidement la réalité à travers un diagnostic rationnel des actes et comportements que posent les Africains comme leur participation « au rendez-vous du donner et du recevoir », selon l’expression du Président Léopold Sedar Senghor.

Vive le Mali et vive une jeunesse consciente et motivée pour un avenir meilleur !

Cheick Oumar Keïta

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