Défense et sécurité : Quand l’attitude des forces ‘’alliées’’ agacent les autorités maliennes

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Assimi Goïta a fait savoir à la Cedeao que le Mali ne veut plus que son armée soit interdite d’intervenir dans certaines zones du pays. C’est pour cette raison que la révision de l’Accord de défense est sollicitée par la Transition. Choguel Maïga, le Premier ministre, a brisé le silence sur ces tractations entre le pouvoir malien et la France. Ce qui passe mal auprès des nouvelles autorités maliennes,c’est l’attitude des forces alliées à ne pas laisser l’armée malienne s’équiper.

Les Maliens ne veulent plus que des pays dits amis interdisent à l’armée malienne de survoler par hélicoptère ou tout autre type d’appareils volant certaines zones au prétexte que ce sont des zones d’entrainement des forces amies. Selon le Premier ministre, les pays censés appuyer le Mali refusent que même des soldats maliens soient formés à l’étranger dans certains pays. La question est de savoir quel est le rôle de la France dans ces interdictions faites aux forces armées maliennes sur le sol malien.

Aussi longtemps que dureront ces obstacles et atteintes à la souveraineté du Mali, le sentiment antifrançais ne cessera de grandir. La France semble ne pas mesurer la profondeur du clivage entre elle et la majorité des Maliens. Au nord du pays, ce clivage est encore plus profond que l’on ne l’imagine. Partout, presque tout le monde veut une plus grande autonomie d’action des FAMa contre les groupes armés terroristes et les milices qui endeuillent quotidiennement la population.

De hauts responsables de l’Etat français sont visés par des associations maliennes qui s’apprêtent à porter plainte auprès des juridictions internationales. Cette plainte pourrait franchir une nouvelle étape dans le bras de fer entre des Maliens et les responsables de l’Etat français. L’ex-puissance coloniale est accusée d’être un facteur aggravant de la crise sécuritaire qui consume le Mali depuis près de dix ans.

La plainte en préparation a été annoncée par Adama Ben Diarra, connu sous le sobriquet de Ben le cerveau. Elle vise des personnalités comme l’ancien président français Nicolas Sarkozy, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon. Ces anciens dignitaires français sont accusés d’avoir participé à la déstabilisation du Mali en soutenant une milice (le Mnla) contre la République du Mali. Plus de dix ans après, il ne reste du Mali que ruines et désolation, selon les initiateurs de la plainte.

Ben le cerveau, aujourd’hui membre du Conseil national de transition(CNT), est connu pour son hostilité à la France conquérante. Membre de la jeunesse M5-RFP, il a participé à de nombreuses manifestations contre le pouvoir d’IBK et a même été arrêté en 2020, lors de la désobéissance civile contre le pouvoir malien déchu. Mais il n’y a pas que les jeunes du M5-RFP qui sont opposés à la façon dont la France gère son intervention au Mali.

La plainte qui sera bientôt déposée est sous-tendue par de nombreuses organisations de la jeunesse malienne. Certaines d’entre elles préfèrent faire profil bas pour préserver une certaine image. Cependant, elles apportent un soutien précieux en termes de conseils et d’orientations. En clair, la jeunesse malienne est fatiguée de voir des groupes armés bénéficier du soutien extérieur, alors que des milliers de citoyens sans défense sont victimes de la violence.

C’est surtout le contexte actuel qui pourrait pousser plus de jeunes à s’opposer à la politique sécuritaire de la France au Mali. Au sujet d’un possible accord entre le Mali et la Russie, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a justifié l’option de la diversification des partenaires sécuritaires du Mali. Ainsi, les Russes apparaissent comme le plan B du gouvernement malien pour combler le vide laissé par Barkhane qui s’apprête à quitter certaines zones du territoire malien.

 Oumar Konaté 

 

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