Détenus de Kati : Jours noirs au Cachot
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Des améliorations seraient maintenant perceptibles dans leurs quotidiens. L'alarme sonnée par les défenseurs des droits de l'Homme ayant certainement produit leurs effets, le Général Hamidou Sissoko et ses compagnons d'infortune commencent à respirer un peu. Si des visites sont désormais autorisées aux comptes - gouttes, il apparaît que leurs droits à la nourriture seraient toujours filtrés. En cette période, leurs gardiens, des durs, leur feraient avaler des couleuvres. Or, au rythme où vont les choses, rien ne devrait permettre de telles animosités. Quant à leurs dossiers, ils ne résisteraient nullement devant une cour digne d'une République.
ela fait plusieurs semaines que des officiers de notre pays ont été arrêtés sous divers motifs, incarcérés et déportés à Kati où siège l'ex - junte militaire, le CNRDRE. Ils ont été maintenus dans le secret total jusqu' à ce que le département de la justice ne prenne au sérieux leur cas. Présentés devant le procureur de la République, ils ont été accusés de tous les crimes :
" Détention illégale d'armes, assassinats, atteinte à la sûreté intérieure… " Patati Patata !
Par la suite, des avocats sortirent pour défendre leurs droits. Droit à la visite, droits aux repas aux visites autorisées. Auparavant, des rumeurs faisaient état de pires traitements inhumains contre les prévenus. Par exemple, l'on racontait que le plus gradé d'entre - eux, le Général Hamidou Sissoko, était menotté constamment et jeté dans une cellule. Il en était de même pour le Colonel Abdoulaye Cissé, le Commandant Mamadou Lamine Konaré, et bien d'autres. Il était alors difficile de démentir ces rumeurs en l'absence de témoignages contradictoires. Dans les familles intéressées, l'on fuyait d'en débattre.
Des épouses de détenus ne les auraient par reconnu lors de brefs entretiens en présence d'hommes en armes. Il nous a été rapporté que des frères de certains d'entre - eux n'ont pu garder leurs larmes tant les souffrances étaient visibles. Leur gardien en chef, un curieux sous - officier, répondant au nom de Siriba Diarra, aurait juré de leur faire voir toutes les souffrances du monde. Ce serait lui qui détiendrait en otages les prévenus de Kati. En tout cas, son nom est régulièrement cité dans les grins de Bamako.
De bonnes langues révèlent que le Capitaine Amadou Haya Sanogo, le chef de l'ex - junte, désormais auréolé de son statut d'ancien Chef de l'Etat, ne jouerait pas un rôle décisif dans le traitement de l'affaire. Son compagnon, le lieutenant Amadou Konaré, serait sur la même longueur d'onde. Paraîtrait - il que d'autres membres du CNRDRE seraient disposés à décanter cette situation qui n'honore nullement notre pays, en premier lieu l'institution militaire.
Les faits sont têtus
L'après mars 91 Certes, après ce coup d'Etat perpétré par une certain Amadou Toumani Touré (ATT) et compagnons, il y a eu encore des purges, mais, force est de reconnaître que les camps d'éliminations physiques (Kidal et Taoudénit) avaient disparu de la scène. Il y a eu des procès. Les condamnés à mort eurent la vie sauve. Certains échappèrent à la guerre des chefs. Par exemple, le lieutenant - Colonel Oumar Diallo dit Birus continue à mieux vivre en dehors de l'Armée. Le Commandant de police, Anatole Sangaré, a poursuivi une brillante carrière par la suite. Aujourd'hui, il est à la retraite avec ses galons de général. L'un et l'autre peuvent désormais dormir tranquillement avec le sentiment d'avoir bien servi le Mali, leur pays. Un moment, l'atmosphère était polluée par les tentatives de coups d'Etat, imaginaires ou vrais. Une chose est sûre, les présumés auteurs s'en sortirent sans dommages sérieux. L'un des capitaines du Génie militaire dont nous taisons le nom, fut un moment cité dans une affaire du genre. Blanchi, il est maintenant Colonel de son état. Notons, cependant, que tout le monde n'a pas eu une telle chance.
B. Koné