L'émissaire de l'UA au Mali réagit aux propos de Michael Sheehan, haut responsable, du Pentagone sur l'incapacité des troupes de la CEDEAO : "Je m'inscris en faux contre ce genre de critique, soyons réalistes, personne ne peut douter de notre utilité au Mali… " dixit Buyoya
Paul Buyoya accueilli par les autorités locales de Gao lors de sa visite aux troupes basées à Gao[/caption]
Visiblement très gêné par l'analyse de Michael Sheehan, Pierre Buyoya ajoute " nous avions décidé de venir au Mali avant que les Français ne le fassent. Les événements ont fait que les troupes françaises sont venues avant nous avec plus de moyens, mais nous sommes venus dans la foulée et nous allons continuer notre montée en puissance. Nous allons probablement rester beaucoup plus longtemps que les troupes françaises. Nous avons certes un certain nombre d'insuffisances mais nous allons faire en sorte que notre capacité opérationnelle s'améliore". L'émissaire de l'UA enfonce le clou et relève " lorsqu'il s'est agi d'intervenir en Afghanistan, il a fallu combien d'armées, celles qui sont intervenues sont -elles toutes des incapables ? La Somalie est sur la voie d'une stabilisation, n'est-ce pas des forces africaines qui sont sur place. Au Darfour et au Sud Soudan, ce sont encore des forces africaines qui sont en train de stabiliser ces régions ". Et Pierre Buyoya de marteler " ce monsieur a lancé des fleurs aux Français et blâmé les Africains alors que les Français qui sont sur le terrain et se battent avec eux ne sont pas de son avis ".
Se félicitant de l'engagement des pays contributeurs de troupes, l'émissaire de l'UA estime que le taux de déploiement est d'environ 80% insistant sur le fait qu'au moment où la France entame son retrait progressif, il est légitime que les troupes de la MISMA s'assurent qu'il n' a pas de vide sécuritaire. Les forces africaines ne sont pas seulement là pour occuper les territoires libérés par les Français mais elles ont aussi commencé à remplacer les forces maliennes afin de leur permettre de se redéployer pour suivre la formation qui leur est offerte par l'union européenne. La MISMA accorde également une attention particulière à la protection des travailleurs humanitaires et des observateurs des droits de l'homme. Le conférencier a rappelé la présence au Mali de 25 observateurs chargés de veiller au respect des droits humains.
S'agissant de la transformation de la MISMA en une force onusienne, Pierre Buyoya a indiqué qu'il a été souhaité parce que l'Afrique à elle seule ne peut pas faire face au coût financier de l'intervention militaire au Mali. Ainsi, cette transformation permettra de répondre à des défis auxquels les troupes africaines font face notamment dans le domaine de la logistique. La mission onusienne, fait-il savoir, devrait avoir un mandat robuste. Compte tenu de la nature de l'ennemi, nous devons être en mesure de lui porter le combat et ne pas attendre qu'il nous attaque, a-t-il insisté, saluant la décision du conseil de sécurité de l'ONU de doter la mission onusienne d'une force parallèle de combat.
Abdoulaye DIARRA