Allocution de son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République du Niger, Chef de l’Etat, Président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), A l’occasion du Sommet Extraordinaire sur la situation au Mali:

20 Août 2020 - 12:25
Mis à jour: 6 ans
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Allocution de son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République du Niger, Chef de l’Etat, Président en exercice de la  Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), A l’occasion du Sommet Extraordinaire sur la situation au Mali:
Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Monsieur le Médiateur de la CEDEAO sur le Mali, Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO, Messieurs les Ministres Mesdames et Messieurs, Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à cette visio session  extraordinaire de notre Conférence, consacrée à  la situation au Mali. J’ai tenu à convoquer ce sommet extraordinaire de toute urgence car la situation politique au Mali, qui était déjà au centre de nos préoccupations, vient de connaitre un nouveau développement avec la prise du pouvoir, le Mardi 18 Aout 2020, par une junte militaire, se traduisant par l’arrestation du Président de la république, de son premier Ministre et des membres de son gouvernement. Cette situation intervient dans un contexte sécuritaire difficile pour notre région en général et pour le Mali en particulier. Elle intervient en dépit  des efforts diplomatiques intenses déployés par notre communauté en vue de surmonter la crise politique que traverse le Mali, crise consécutive à l’élection législative contestée du 19 Avril 2020. En effet la réaction de notre communauté a été rapide avec l’envoi d’une mission ministérielle appuyée par le Président de la Commission et la désignation d’un médiateur en la personne de Monsieur Goodluck Jonathan, ancien Président de la république Fédérale du Nigéria, pour engager le dialogue entre les parties. On se rappelle aussi qu’une délégation de cinq chefs d’Etat s’était rendue à Bamako le 23 Juillet 2020. Nous avons également organisé une visioconférence consacrée exclusivement à la crise Malienne , visioconférence à l’issue de laquelle nous avions adopté des mesures de sortie de crise fortes. Ces mesures portaient notamment sur la recomposition de la Cour Constitutionnelle, la démission des députés contestés, la reprise partielle des élections législatives, et la mise en place d’un Gouvernement d’union nationale composé de représentants de la majorité et de l’opposition ainsi que  de la société civile. Il convient de noter que tous les partenaires du Mali ont salué et encouragé ces propositions de sortie de crise de la CEDEAO, notamment le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’Union africaine, l’Union Européenne… Grace aux efforts du médiateur Goodluck Jonathan que je salue pour sa patience et son abnégation, la cour constitutionnelle a été recomposée et installée, le dialogue entre les différents acteurs a repris et tout laissait croire que nous nous acheminions vers une sortie de crise. Contre toute attente,  nous voilà confrontés à une intrusion de l’armée sur la scène politique. Tout a commencé par une mutinerie survenue dans la matinée du 18 Aout 2020 au camp de Kati. Cette mutinerie a progressivement évolué vers le contrôle de l’ensemble de l’appareil de l’Etat avec l’arrestation de hauts gradés et de hautes personnalités y compris le chef de l’Etat, dans la même journée. Tard dans la nuit nous apprenons que le président de la république, otage des putschistes, a dissout l’Assemblée Nationale et le Gouvernement puis annoncé sa démission de ses fonctions dans une déclaration radiotélévisée. Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Nous avons donc devant nous une situation grave dont les conséquences sécuritaires sur notre région et sur le Mali sont évidentes. Cette situation nous interpelle. Elle nous montre le chemin qui reste à parcourir pour la mise en place d’institutions démocratiques fortes dans notre espace. C’est  le lieu de rappeler qu’en 2012 , un autre coup d’Etat avait permis aux organisations terroristes et criminelles d’occuper pendant plusieurs semaines les 2/3  du territoire Malien. Face à l’urgence de la situation, sur mes instructions, le Président de notre Commission a rendu public un communiqué. Dans ce communiqué la CEDEAO : - condamne avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du Gouvernement démocratiquement élu du Président Ibrahim Boubacar Kéita; - dénie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel ; - rappelle aux militaires leur responsabilité sur la sûreté et la sécurité du Président Ibrahim Boubacar Kéita et des officiels arrêtés ; - exige la libération immédiate du Président Ibrahim Boubacar Kéita et de tous les officiels arrêtés ; -  suspend le Mali de tous les Organes de décision de la CEDEAO avec effet immédiat, conformément au Protocole additionnel sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance et ce, jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel ; - décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la CEDEAO et le Mali et invite tous les partenaires à faire de même ; - demande la montée en puissance immédiate de la Force en Attente de la CEDEAO ; - engage la Commission de la CEDEAO à mettre en œuvre immédiatement un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leur partenaires et collaborateurs ; -  décide de dépêcher une délégation de haut niveau pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel ; - décide de demeurer saisie de la situation au Mali. Je propose que notre sommet examine ces différentes mesures et le cas échéant les complète dans la perspective d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel conformément  au Protocole Additionnel sur la bonne gouvernance et la démocratie dans l’espace CEDEAO. Le Président de la Commission ici présent  nous fera part des derniers développements de la situation et de tous les faits importants qui pourraient nous éclairer dans l’examen et la prise  de décisions sur les graves évènements en cours au Mali. Avec l’espoir que nous parviendrons à prendre les décisions pertinentes et fortes à la hauteur de la gravité de la situation que connait le Mali, je déclare ouverts les travaux de la présente visioconférence. Je vous remercie de votre attention

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Commentaires (43)

User
(V.)
(V.) 6 ans
La seule solution légale et fédérative à l'actuelle situation du Mali, c'est que IBK soit rétabli dans son siège pour le restant de son mandat et que juste à la fin de celui-ci, une Conférence Nationale présidée par la Cour Constitutionnelle s'ouvre et confie le Mali à une équipe de transition que cette Conférence aura désignée pour l'organisation d'élections générales prédéfinies toujours par elle, la Conférence. Et IBK achève son mandat avec ceux qui acceptent de collaborer avec lui. Fin !
λ ω
λ ω 6 ans
> Vive la CEDEAO ! Vive les Lois et les Principes ! Vive SE M.IBK, l’auguste béni ! > Rira bien qui rira le dernier ! > Pour rappel : la CEDEAO a fait partir : – Charles TAYLOR au Liberia pour y installer Surlif Johnson ; – Zindéré au Burkina Faso pour TAFANDO ; – Yaya DJAMEY en Gambie pour JAKITHE. > Si cette CEDEAO échoue au Mali, ce sera là une première historique très contagieuse et un grave précédent de jurisprudence ; une vraie boîte de Pandore. > Les Lois et les Principes, par les hommes dignes et par les Etats qui se respectent, ne sont point faits pour être bafouillés. > Tous à la Bourse du Travail demain pour applaudir IBK et la CEDEAO et pour prouver que le m5-rfp et les putschistes ne sont pas le Peuple malien ! > Ceux qui applaudissent pour vous aujourd’hui, sont ceux des plus naïfs qui, demain, vous insulteront, pour IBK !
Bougobalini
Bougobalini 6 ans
Le roi biton de Segou aka naloma aka le général Sanogo, tu dois avoir une mémoire de poulet pour venir nous parler de la non constitutionnalité d'un coup d'etat au Mali. C'est pas toi qui ramais à contre courant pour soutenir le coup d'état le plus ridicule de l'histoire de ce pays? Et aujourd'hui tu as le courage de venir te faire passer pour un légaliste????
Pierre
Pierre 6 ans
LA CEDEAO IS WHAT IT IS. On dance le Moribayassa dans les deux camps. Ce qui me rappelle le fameux livre d'un grand auteur africain:"Les dirigeants africains face à leur peuple". Le Mali ne mérite pas cette turbulence politique dans son existence. Qu'a-t-on fait à Dieu pour faire déchainer les vieux ddémons contre nous.
Lynx22
Lynx22 6 ans
Quelqu'un peut il expliquer au parachutiste nigerien que le charbonnier est roi chez lui.Le peuple malien est souverain et reste souverain.
InteLence
InteLence 6 ans
Lynx of Minnesota. Cette crise politique au Mali est un aspect des conditions de vie indignes resultant du phenomème de la mauvaise gouvernance en Afrique. Ce qui met à nu le défi du "déficit d' une politique capable non seulement de garantir un développement humain, mais aussi d'épurer nos nations- en particulier au sein de la CEDEAO-de nombreux systèmes qui pérennent la corruption.le manque d'une bonne gouvernance orientée vers des politiques qui améliorent en priorité la vie de l'Homme. L'absence ou le manque de vision de certains de nos dirigeants et leur dépendance à l'aide extérieure, leurs mauvaises decisions ajoutées à un mélange de faiblesse et d'erreurs nous conduisent toujours à de telles derives, voire la catastrophe.Il faut que nos dirigeants soient, en temps réel, à la hauteur de l'urgence et de la gravité de la situation dans nos pays au moment opportun avant qu'il ne soit trop tard. Le sentiment que le pays va à la dérive peut nourrir la colère populaire et cela sans exception. On ne peut pas gouverner avec éfficacité sans une vision réelle et un véritable programme, un projet de société qui doit se concentrer sur les priorités du moment, un projet de vérité, de combat, pour l'union nationale et pour la croissance. Nos dirigeants doivent avoir comme répères dans la gestion les valeurs africaines en mettant de côté les livres sur Thomas Machiavel et le Leviathan de Hobs.
InteLence
InteLence 6 ans
Ps.lire Nicolas Machiavel et Thomas Hobs.
yugubané
yugubané 6 ans
Je me demande ce qu'il y a dans la tête de ces dirigeants pour qu'ils misent sur un soutien inconditionnel à IBK pour effrayer leurs peuples respectifs. D'ici 6 mois Condé et Ouattara seront candidats illégaux chez eux. Kaboré fera face à un opposant plus crédible que lui et Issoufou est dans la crainte de voir son parti perdre par la faute de son fils qui est lui aussi impliqué dans une affaire de détournement de 64 milliards FCFA sur les fonds alloués à l'achat d'équipements militaire. À leur place j'allais me désolidariser d'un homme aussi indéfendable que IBK pour montrer à mon peuple que je suis différent. La posture qu'ils ont choisi est tellement suicidaire que je me demande comment cet aspect de la chose peut leur échapper. Je me demande ce qu'ils font de ces gosses tués par les sbires de IBK. Si GMT n'a pas pu tirer sur les Maliens et se maintenir au pouvoir, comment un bouffon pleureur comme IBK pourrait le faire ?
Lynx22
Lynx22 6 ans
Ils sont aveugles,sourds,muets et leurs coeurs scelles.
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