Sommet ordinaire de la CEDEAO : Faut-il craindre le pire ?

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Ce dimanche 12 décembre aura lieu un sommet ordinaire des chefs d’Etat ouest-africains à Abuja, au Nigeria pour examiner l’évolution de  la situation transitoire au Mali et en  Guinée.

 

Un mois après le sommet extraordinaire de la Cédéao qui s’est tenu  à Accra, au Ghana où les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont décidé de durcir les sanctions contre les autorités de la transition au Mali et en Guinée, les chefs d’Etat de la Cédéao se réuniront en sommet ordinaire le dimanche prochain à Abuja, pour examiner  l’évolution de la transition dans le deux pays, de voir aussi si les sanctions ciblées prises lors du dernier sommet extrasolaire ont eu un impact sur les responsables de la transition.

Ce nouveau sommet ordinaire est scruté au millimètre près par la population malienne car il s’annonce tumultueux. A l’issue du dernier sommet d’Accra, les chefs d’Etat ont engagé le Président de la Commission de la Cédéao à étudier d’autres types de sanction pour ce nouveau sommet s’il n’y pas une réponse claire de la part des autorités maliennes concernant l’organisation des élections du mois de février 2022. Ces sanctions risquent de toucher également d’autres secteurs. Cependant faut-il craindre le pire ? C’est toute la question.

Mais visiblement rien ne garantit que les autorités de la transition vont organiser ces élections aux dates indiquées pour éviter de possibles sanctions maximales contre le Mali parce que le gouvernement table sur les Assisses nationale de la Refondation (ANR) pour proroger la durée de la transition et élaborer un nouveau chronogramme pour les élections générales (Présidentielle, législatives…). Pour l’instant, seule la loi électorale a été adoptée en Conseil des ministres le 24 novembre dernier.

Les Maliens sont divisés sur ce sommet des chefs d’Etat de la Cédéao. Pour les uns, il faut que la Cédéao adopte des sanctions lourdes cette fois-ci allant jusqu’à l’arrêt des opérations bancaires entre la Bécéao et les autres banques de la place. Selon eux, les autorités de la transition sont de mauvaise foi, « elles veulent s’éterniser au pouvoir ». Pour les autres, « il faut que les chefs d’Etat soient plus regardant envers le Mali qui traverse presque 10 ans dans une crise multiforme due à un déficit d’Etat ». Ils demandent à la Cédéao « d’analyser bien le cas malien et de trouver un accord avec les responsables de la transition malienne pour élaborer un nouveau chronogramme pour les échéances électorales ».

Ce sommet ordinaire de la Communauté économique ouest-africaine intervient à un moment où le Président de la transition, le Colonel Assimi Goïta joue la carte de l’apaisement. Il y a moins de deux semaines, il a invité à Koulouba les partis politiques pour les convaincre à prendre part aux Assises nationales de la Refondation  et de la nécessité de se rassembler et de fixer le cap des futures réformes pour sortir le pays de la crise dans la cohésion et de l’entente pour rebâtir un nouveau Mali dont tout le monde aspire. Dans la même foulée, en prélude de ce sommet, Assimi Goïta a dépêché ce mardi son ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop au Ghana où li a été reçu en audience par le Président ghanéen Nana Akuffo Addo non moins Président en exercice de la conférence de chefs d’Etat de la Cédéao.

Ousmane Mahamane        

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