Sevaré : Un quotidien sous tension
Dans la ville de Sevaré, les habitants affrontent une double crise : l’électricité et l’eau. .
Entre délestages prolongés, forages surchargés et recours aux panneaux solaires, la population tente de s’adapter à une vie quotidienne marquée par la débrouille et la solidarité.
« Parfois, nous passons un mois entier sans courant. Pour charger nos téléphones, nous sommes obligés d’utiliser des batteries externes », confie Anselme Togo. Les délestages rythment la vie des quartiers : l’électricité circule à tour de rôle, de 20h à minuit pour certains, laissant les autres dans l’obscurité. Mais en cas de panne technique, c’est toute la ville qui s’enfonce dans le noir, explique Alphonse Kodio.
La crise de l’eau accentue les difficultés. Depuis avril, plusieurs quartiers n’ont plus accès au réseau. « Nous devons nous ravitailler avec des bidons chez ceux qui possèdent un forage, souvent très éloigné », poursuit Anselme Togo. Le problème est aggravé par la dépendance des pompes à l’électricité : sans courant, l’eau ne peut être acheminée.
Dans cette période de chaleur intense, les habitants cherchent à se rafraîchir. André Foroko décrit la course permanente : « Pour avoir du froid, les gens vont acheter de la glace chez ceux qui ont des panneaux solaires. Dès qu’il y a un peu de courant, tout le monde se précipite sur les prises pour charger téléphones et batteries externes ».
Certains ont trouvé une solution durable. Pascale Togo a investi dans les panneaux solaires il y a six ans : « C’est un excellent investissement. En cas de délestage, les voisins viennent chez moi pour charger leurs téléphones, regarder les matchs, mais surtout pour s’approvisionner en eau, car mon installation alimente aussi la pompe de mon forage ».
Au-delà des privations, la crise a renforcé les liens sociaux. Les habitants s’entraident : ceux qui disposent de forages ou de panneaux solaires ouvrent leurs portes, partagent l’eau ou offrent une prise électrique. Dans l’attente d’une solution durable, Sevaré vit au rythme de la débrouille et de la solidarité improvisée.
Marie Augustine Togo
(Stagiaire)