Yélimané : la BSIC ouvre ses portes au « miracle » porté par les 12 communes
Le projet de développement local porté par les 12 communes de Yélimané franchit une nouvelle étape.
La BSIC-Mali s’engage à accompagner le programme Tounkaranké, avec notamment l’ouverture des comptes des communes, l’exonération de certains frais pendant un an et le projet d’implantation prochaine d’une agence bancaire dans la localité.
Le « miracle de Yélimané » commence à prendre forme. Après l’engagement pris le 12 septembre dernier par les élus des 12 communes du cercle pour impulser une nouvelle dynamique économique dans leur localité, les premières actions concrètes se mettent en place. Dans ce cadre, les maires des 12 communes étaient, mercredi 16 septembre, à la Direction générale de la BSIC-Mali pour présenter l’état d’avancement de leur initiative et solliciter l’accompagnement de la banque. La délégation a été reçue par le Directeur général de la BSIC-Mali, Robert Demba Dao, en présence de plusieurs de ses collaborateurs et le coordinateur du programme Tounkaranké, Cheick Sall.
Sur place, la délégation a présenté des bidons d’huile d’arachide produite et transformée à Yélimané. Un produit qui symbolise, selon les initiateurs, les premières retombées concrètes du programme Tounkaranké et l’ambition de créer une véritable chaîne de valeur autour des ressources locales. Aussi, les élus ont également remis officiellement au Directeur général de la BSIC les documents nécessaires à l’ouverture des comptes bancaires de leurs différentes communes. Ces comptes doivent notamment servir à assurer la traçabilité et la gestion des ressources destinées au financement des projets. Selon le président de l’Association des municipalités de Yélimané, Marigata Gassama, maire de Toya, les conseils communaux des 12 communes ont délibéré en faveur de l’ouverture des comptes. «L’objectif est de servir d’exemple pour les autres communes du Mali », a affirmé l’élu locale , précisant que . Les comptes seront alimentés par les ressources mobilisées auprès des associations de ressortissants établis à l’extérieur, mais également par les revenus issus de la commercialisation des productions locales.
Le Directeur général de la Banque, Robert Demba Dao, a loué la détermination du promoteur du programme, Cheick Sall, ainsi que l’implication du Général Sadio Gassama dans les actions en faveur du développement de Yélimané. «On est convaincu de la réussite du miracle de Yélimané. La localité dispose de ressources humaines de qualité et de potentialités pour relever le défi et servir d’exemple. Partout au Mali, on peut envisager des projets de ce genre. Nous sommes disponibles pour accompagner le projet », a-t-il assuré.
La banque a annoncé l’exonération de certains frais liés aux comptes pendant une année. Une mesure destinée à faciliter le démarrage des activités des communes et à alléger les charges financières liées à la mise en œuvre du programme. Autre annonce importante : la BSIC envisage l’ouverture prochaine d’une agence à Yélimané. Cette implantation permettrait aux acteurs locaux, aux communes et aux opérateurs économiques de bénéficier de services bancaires de proximité.
Créer des emplois pour retenir les jeunes
La municipalité de Yélimané a, pour sa part, promis de mettre à disposition l’espace nécessaire à la construction de l’agence. Au-delà des aspects économiques, le projet comporte également une dimension sociale. Pour le président de l’Association pour le développement économique et social de Yélimané, l’initiative doit contribuer à lutter contre l’immigration irrégulière en offrant davantage de perspectives aux jeunes. « Nous avons déjà comptabilisé assez de morts parmi les migrants qui tentent d’aller en Europe. Il est temps de créer les conditions pour que nos jeunes puissent gagner leur vie au pays », a-t-il soutenu. Il estime que l’arachide ne constitue qu’une première étape. Yélimané dispose, selon lui, d’autres potentialités qui peuvent être valorisées, notamment la culture du coton, déjà pratiquée dans certaines communes du cercle.
Le coordinateur du programme Tounkaranké, Cheick Sall, considère le soutien du BSIC comme un partenaire important pour la concrétisation du projet. Le mécanisme prévoit une implication forte des associations de ressortissants de Yélimané établies à l’extérieur. Celles-ci doivent jouer le rôle de bras financiers du programme, notamment à travers la validation des commandes et l’achat des productions locales. Les produits seront ensuite commercialisés auprès des détaillants de la localité. Les bénéfices générés par ces activités devraient être réinvestis dans de nouveaux projets, afin de créer un mécanisme économique durable. Pour accélérer le processus, le Directeur général de la BSIC a également mis en place un service dédié au programme Tounkaranké et instruit le traitement diligent des procédures. Les maires ont visité ce dispositif au terme de leur rencontre.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net