Les déclarations du P.D.G. de la C.M.D.T., Ousmane Amion GUINDO dans le journal l’INDEPENDANT en sa parution du lundi 4 septembre 2006, invitent à relever certains non-dits et contre-vérités. Les choses doivent être dites telles qu’elles se sont passées. Evaluant la mission qui lui a été confiée à la tête de la C.M.D.T., Ousmane Amion GUINDO parle en les mettant à son crédit propre de :
L’apaisement du climat social à la C.M.D.T. :
En fait l’apaisement du climat social est l’œuvre de certains cadres et travailleurs de la société. Sans l’engagement de ceux-ci, Ousmane Amion GUINDO n’aurait pas tenu même 4 mois à la tête de la C.M.D.T. A son arrivée en août 2004, une partie du personnel, pressentant sans doute que sa gestion serait un échec, a pris position et signifié sans ambages, son désaccord avec cette nomination, à travers notamment une formule qui a fait le tour de la C.M.D.T. « tout sauf Ousmane Amion GUINDO ». Une autre partie du personnel a estimé qu’il était un devoir pour les travailleurs de la C.M.D.T., d’aider Ousmane Amion GUINDO, même malgré lui, pas parce qu’il s’appelle Ousmane Amion GUINDO, ou que, en tant que cadre, il ait prouvé quelque exceptionnelle au cours de son parcours à la C.M.D.T., mais simplement parce que :
- Primo il est un des leurs . A part un court passage au gouvernement, l’intéressé n’ a connu et travaillé qu’à la C.M.D.T. ;
- Secundo : pour la première fois depuis la création de la C.M.D.T., un Président de la République a bien voulu confier la gestion de la C.M.D.T. à un de ses agents. Ainsi, un argumentaire sous-tendu par ces 2 raisons a été développé auprès des travailleurs qui ont tous fini par adhérer à ce point de vue. D’autant que la nomination d’un agent C.M.D.T. comme P.D.G. est un motif de légitime fierté pour les travailleurs habituellement perçus comme des voleurs. Bien que bon nombre de cadres et travailleurs de la C.M.D.T. sont propres à l’instar d’autres évoluant dans les entreprises et dans l’administration publique ; mais eux demeureront victimes de leur honnêteté intellectuelle. On préfère faire la part belle aux imposteurs et autres opportunistes dont le dénominateur commun est l’incompétence. L’essentiel étant qu’il soit prompt à retourner la veste et servir les intérêts égoïstes. Mais ceci est une autre histoire.
Pour revenir à notre sujet, la suite logique de cette idée de mettre Ousmane Amion GUINDO dans les meilleures conditions sociales pour un bon management de la C.M.D.T. et l’adhésion massive des travailleurs à cette idée a été donc la mise en place d’un syndicat consensuel regroupant les membres de la section filière coton et ceux du syndicat libre de la filière coton (SYFILCO). Rappelons que le SYFILCO est né à la suite d’une forte dissension entre une frange importante du personnel et Monsieur Mahamar MAIGA, prédécesseur de Ousmane Amion GUINDO à la tête de la C.M.D.T. La création de ce syndicat consensuel a permis l’apaisement du climat social et ouvert un boulevard à Ousmane Amion GUINDO.
L’apaisement du climat social n’est donc pas son œuvre et n’a pas la paternité de la démarche. Le mérite en revient aux cadres et travailleurs qui se sont investis dans cette voie dans l’intérêt supérieur de la filière coton et pour témoigner de leur reconnaissance à Monsieur le Président de la République pour avoir nommé comme P.D.G. un agent de la C.M.D.T.
Le regain de confiance des partenaires producteurs envers la filière :
Les travailleurs de la C.M.D.T. notamment les agents de terrain ont toujours eu le souci de maintenir de bonnes relations de collaboration avec les producteurs de coton et ont en permanence œuvrer dans ce sens. Cela ne date pas d’aujourd’hui. En la matière, notamment en ce qui concerne la mise en place du nouveau mécanisme de fixation du prix du coton graine, qui a consacré la baisse du prix d’achat au producteur de 210 à 160 francs CFA le kilogramme, il faut souligner avec Ousmane Amion GUINDO le rôle prépondérant joué par le gouvernement. En effet sans l’action de Monsieur le Premier Ministre en particulier sa présence effective sur le terrain accompagné faut-il le rappeler de Monsieur le Ministre de tutelle Seydou TRAORE pour une explication franche et directe avec les producteurs sur le mécanisme, il y aurait eu de graves remous sociaux.
Cependant, le P.D.G. de la C.M.D.T. a, dans son interview, superbement ignoré le rôle très déterminant d’un acteur majeur, celui de Monsieur Bakary TOGOLA, Président du Groupement des Syndicats Cotonniers et Vivriers du MALI (G.S.C.V.M.)et Président de l’A.P.C.A.M. C’est celui-là qui, avec l’ensemble des membres de son bureau, a abattu un énorme travail de conscientisation et de persuasion des populations rurales pour les emmener à adhérer au mécanisme de fixation du prix du coton graine. Par ailleurs, le P.D.G. Ousmane Amion GUINDO met sous silence les actes, les initiatives et les démarches positifs posés par ses collaborateurs et les travailleurs de la C.M.D.T. Pas un petit mot de reconnaissance pour ceux-ci. Cela n’est cependant pas surprenant pour qui connaît la personnalité de l’intéressé.
Toujours concernant l’évaluation de sa mission à la tête de la C.M.D.T., le P.D.G. Ousmane Amion GUINDO tait soigneusement ses résultats techniques et financiers alors que d’un point de vue logique il doit avoir été nommé pour bien manager la C.M.D.T. et prouver ainsi à travers ses résultats sur le plan des ressources humaines, techniques et financiers qu’il a bien mérité de la confiance totale mise en sa personne par le Chef de l’Etat comme il le dit lui-même.
Il ne peut pas parler de cela certainement parce que les résultats ne sont pas fameux. La gestion de Mahamar a été décriée à juste raison. Il semblerait, selon certaines sources, que celle de Ousmane Amion GUINDO serait pire :
- un ratage inédit des prévisions de production coton graine : 89% de réalisation, soit 60 000 tonnes de coton graine attendu qui ne sont pas venues ; du jamais vu dans l’histoire de la C.M.D.T. excepté en 2001-2002, l’année de boycott de la culture cotonnière par les producteurs.
- une productivité cotonnière en chute : 976kg/ha contre une moyenne de 1151kg/ha réalisée sur 32 ans, c'est-à-dire depuis la création de la C.M.D.T. soit une perte de 175kg/ha.
Tous les rendements réalisés en zone C.M.D.T. depuis 1975-1976 sont supérieurs à celui réalisé en 2005-2006 sous la direction de Ousmane Amion GUINDO excepté celui de 1999-2000 (972kg/ha) année de forte inondation. Résultat qui, à l’époque, a induit les problèmes ayant abouti au boycott de la culture du coton la campagne suivante.
La seule pluviométrie qui d’ailleurs a été bonne en 2005-2006 ne saurait expliquer un si mauvais résultat. D’ailleurs et depuis toujours les campagnes agricoles en zone C.M.D.T. ont toujours été émaillées d’années de sécheresse et d’inondation plus ou moins graves.
- un déficit de 44 milliards de francs CFA qu’il a annoncé lors de son dernier Conseil d’Administration tenu en juillet 2006 mais dont l’écho est très peu parvenu à l’opinion publique. On sait pourquoi et comment il y a eu le black out à ce sujet.
- un capital confiance entamé auprès des partenaires.
. les transporteurs privés ne sont payés qu’à un tiers de leur dû (1milliard sur 3 milliards de FCFA).
. la ristourne des paysans en cours de payement avec beaucoup d’acrobaties.
. 30 milliards dus à la B.I.D. : une mission conduite par le P.D.G. à RYAD auprès de cette institution financière serait retournée bredouille pour non respect des engagements pris par la C.M.D.T.
. à ce jour le crédit de campagne reste non soldé (50 milliards de francs CFA).
Concernant la privatisation de la C.M.D.T. :
Il semblerait que certaines informations calomnieuses auraient été rapportées aux autorités selon lesquelles des groupes ou des travailleurs individuels de la C.M.D.T. seraient opposés à la privatisation. Rien de plus faux. Aucun travailleur n’est opposé à la privatisation et aucun n’a posé un seul acte allant dans le sens d’une quelconque opposition à cette décision. Que les autorités ne se laissent donc pas mystifier. La seule préoccupation des travailleurs à ce sujet est que l’Etat respecte ses engagements consignés dans le protocole du plan social signé en 2003.
Appui franc et entier à la candidature de A.T.T. en 2007 :
Le P.D.G. de la C.M.D.T. aime à dire que A.T.T. lui a donné carte blanche , qu’il bénéficie d’une confiance totale du Chef de l’Etat. Vérité ? Prétention ? Trafic d’influence ? Va savoir. En tout cas, le P.D.G. de la C.M.D.T. aime à marteler cela à qui veut l’entendre. A le suivre on jurerait que A.T.T. lui a remis un chèque en blanc.
Le P.D.G. Ousmane Amion GUINDO aime également à préciser que son poste n’est pas un poste politique, autrement dit, il ne doit pas à son appartenance au R.P.M., l’obtention de ce poste de P.D.G. Par contre il ne dit pas pourquoi le choix du Chef de l’Etat s’est porté sur lui. Est-ce par ce qu’ils viennent de la même région (MOPTI) ? Sont-ils parents par consanguinité ou par alliance ? A.T.T. lui est-il redevable de quelque chose ? Ou a-t-il été détecté pour être le meilleur cadre de la C.M.D.T. ?
Cela serait bien étonnant. Selon des sources proches des travailleurs de la C.M.D.T. et des autres partenaires de la filière, si Ousmane Amion GUINDO est considéré globalement comme un bon cadre, il n’est classé toujours, d’après ces sources, ni parmi les 30 meilleurs cadres de la société, ni parmi les 200 cadres les plus intègres.
Des sources proches du R.P.M. affirment avec force conviction que Ousmane Amion GUINDO doit ses nominations à son Parti :
- d’abord comme ministre délégué. Sa nomination à ce poste aurait même à l’époque soulevé beaucoup de protestations des cadres R.P.M., dont certains auraient même dit à I.B.K. qu’il a choisi Ousmane Amion GUINDO parce que un grand frère de ce dernier serait son ami d’enfance.
- Ensuite comme P.D.G. de la C.M.D.T. en compensation de la diminution du nombre de ministre R.P.M. au Gouvernement.
Si ces informations étaient fondées, on peut aisément imaginer et comprendre la déception de I.B.K., des cadres et militants du R.P.M.I.B.K. digne Malinké, vous qui avez subi tant de coups bas, rien ne doit plus vous surprendre ; car comme dit l’adage, on n’est jamais trahi que par les siens. Certains cadres Maliens marchent suivant la direction des vents qu’ils calculent comme étant les plus dominants à un moment donné. C’est bien dommage pour les valeurs séculaires de notre peuple, mais c’est cela la réalité de la société malienne d’aujourd’hui. Selon certains analystes politiques, cette déclaration de Ousmane Amion GUINDO est aussi fracassante qu’inopportune.
En tous les cas, toujours selon ces analystes, Ousmane Amion GUINDO tel que perçu aujourd’hui en zone C.M.D.T. (et quand toutes les vérités éclateront) ne peut mobiliser aucun électeur pour qui que ce soit lors des prochaines élections. Qu’il soutienne X ou Y cela ne change en rien à quoi que ce soit. Dans ce pays, certaines personnes se sont spécialisées dans la promotion de cadres contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Trafiquants d’influence, ils gravitent autour des autorités en leur vantant soit disant vérités et capacités de telles ou telles personnes. Balivernes ! A ce jour, ne sont dupes que ceux qui veulent l’être. Pour ceux-ci le réveil sera bien dur.
En tous les cas, c’est bien dérisoire de vouloir ruser avec plus rusé que soi. Les faits et gestes de chacun sont connus. Notre Etat est Etat moderne, qui dispose d’une société d’Etat, d’une Cour des Comptes, d’un Pool Economique et Financier, d’un vérificateur Général.
Monsieur le Président de la République, les patriotes prient pour vous et pour notre pays. L’ivraie tient tellement à ressembler à la bonne graine, qu’il faut une grande vigilance pour la reconnaître et l’extirper. A.T.T, les Maliens croient en vous et espèrent que vous ne permettrez pas que le soutien à votre candidature en 2007 (si elle était confirmée) soit la cache des imposteurs, des traîtres, des opportunistes et autres délinquants financiers qui ont peur que la lumière soit faite sur leur gestion et qu’ ils soient obligés de rendre des comptes et payer leurs forfaits.
Siriman KONE