Mine : Quand une mine devient un problème pour les paisibles citoyens Les populations spoliées de leur terre

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Depuis une dizaine d’années, les populations de Samaya, commune de Nouga, cercle de Kangaba dans la région de Koulikoro sont privées d’exploiter la terre de leurs ancêtres. Cet état de fait est le résultat de l’arrivée d’une société minière dénommée AGG (African Gold Group).  Après un grand conflit qui a opposé AGG à une partie des orpailleurs traditionnels, une zone rouge avait été instaurée par la société minière en 2015. Pour la mise en œuvre de cette décision unilatérale, le groupe de Sékou Konaté, le Directeur de la mine va faire appel à l’armée notamment la gendarmerie pour la surveillance de ses sites.  Aussitôt arrivée, cette force sera soupçonnée voire indexée par les populations de se livrer à des actes qui sont aux antipodes de sa présence. Pendant la journée, on ne pouvait voir un seul oiseau survoler le site mais à la tombée de la nuit, le même site devient une véritable foire : les bruits des Benz, des motos tricycles, les tracteurs…, on y trouve tout. Pour être parmi les partisans de cette foire, il faut simplement s’acquitter d’une somme.  Le tarif en fonction des matériels et du type d’opération. Cette somme tombe dans la poche des gendarmes !   En une seule nuit, les « clandos », appellation vulgaire des orpailleurs, pouvaient banalement donner plus de cinq millions aux gendarmes. Cet affairisme ne va pas sans conséquences. En effet, il est difficile de passer une nuit entière sans que les populations n’assistent à plusieurs cas d’éboulement de la mine. Dans la plupart des cas, ce sont ces mêmes populations qui viennent chercher les corps sous terre pour aller les enterrer.  Curieusement ce travail se fait sous la bénédiction de l’AGG car comme on le dit ‘’ qui ne dit mot, consent ‘’. Partage-t-elle ces sommes avec la société minière ? Eu égard de ce que nous avons recueilli comme information, cette question mérite bien d’être posée car l’AGG est loin d’être correcte.

Ainsi, cette pratique scandaleuse sera décriée et dénoncée à maintes reprises par les habitants de Samaya en pointant du doigt les agissements et les violences multiformes de l’AGG qui agit à travers la gendarmerie. Il est à préciser que les populations victimes ont contacté ou alerté sans suite favorable les autorités locales et nationales, du Maire aux Ministres en passant par le sous-préfet, sur la situation. Mais, la situation reste toujours inchangée, pire elle s’aggrave davantage. L’AGG est devenue un rouleau compresseur pour les populations.

Donc, après une longue attente, les habitants de Samaya avec à sa tête Lanseye  Diawara, le chef de village, assisté par  ses conseillers, les « tomboloma »  qui est une sorte de police locale et le président de la jeunesse Drissa Diawara ont tenu un grand rassemblement ce samedi  17 septembre 2022 dont le but principal était la  protestation et la dénonciation de la société African Gold Group d’une part  et les multiples comportements inappropriés de la gendarmerie qui sécurise l’AGG d’autre part.

Tour à tour, tous les intervenants ont fustigé l’incompétence et l’inefficacité de la société minière avant de demander le retrait pur et simple de son permis d’exploitation. Pour le chef de village de Samaya, ce grand rassemblement ne vise pas les autorités locales encore moins nationales. Mais, il s’agit plutôt à tirer la sonnette d’alarme sur la souffrance de sa population qui est due aux multiples violences et injustices commises par la gendarmerie.

Si le slogan « Mali Kura » est bien une réalité alors les autorités de la transition sont interpellées par les populations de Samaya pour sauver une zone en situation de détresse qui saigne partout. L’agriculture et l’orpaillage constituent le poumon de développement de cette zone. Doit-on laisser cette population entre les dents et les griffes d’une société qui ne fait absolument rien pour le développement local ?

Moussa Touré    

 

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