Aéroports du Mali : La Modernisation coûtera 29 Milliards de FCFA

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La réalisation de ce projet nécessite la mobilisation des fonds aussi bien internationaux que nationaux.
A l”heure de l”intégration et de la mondialisation, les infrastructures de transport jouent un rôle déterminant dans le développement des États. Conscient de cette réalité, notre pays s”est doté d”un projet ambitieux de restructuration et de modernisation de ses infrastructures aéroportuaires.

Les "Aéroports du Mali" en tant qu”établissement public à caractère commercial a été créé en 1970 par décret 29/CMLN du 06 juillet 1970. C”est un système d’aéroports repartis sur l’ensemble du territoire malien et qui regroupe au total 9 aéroports dont 6 internationaux – Bamako-Sénou, Kayes Dag Dag, Mopti Ambodédjo, Sikasso Dignagan, Tombouctou et Gao – et trois nationaux (Nioro, Yélimané et Goundam).

Les ADM ont pour mission d”assurer la gestion commerciale des aéroports, la coordination des activités sur les plates-formes aéroportuaires, le développement et l’amélioration des infrastructures qui lui sont confiés.

La géographie du transport aérien malien s”avère très favorable. En effet, la capitale, Bamako peut être reliée aux principales capitales ouest africaines en 1h30 minutes en moyenne d’où sa caractéristique de hub naturel. Inauguré en 1974, les ADM ont été conçus pour une capacité de 200.000 passagers environ et dimensionnés pour des moyens porteurs d’où sa très forte congestion de l’ordre de 200 % et le dépassement de ses services. A l”heure actuelle, le trafic est tel que la principale plate-forme est devenue le hub sous-régional de plusieurs compagnies. Cette évolution a érigé Bamako-Sénou au rang de 3è plate-forme aéroportuaire de la zone UEMOA après les aéroports de Dakar et Abidjan.

Accroissement d”environ 6 %. Le Mali, dans sa politique de désenclavement intérieur et extérieur, a accordé une place primordiale au transport aérien. Des actions prioritaires ont été initiées en matière d”adaptation des infrastructures et équipements aéroportuaires aux besoins de l’exploitation de libéralisation des droits de trafic, de l”amélioration des mesures de sécurité et de sûreté aéroportuaire, de l”adaptation du cadre législatif et institutionnel, de l”organisation de vols charters. Selon les statistiques, le flux des passagers est passé de 362.000 personnes en 2001 à 516.000 passagers en 2005 soit 42,28 % d’augmentation en cinq ans. Les mouvements d’avions ont évolué sur la même période de 10,63 % et le fret de 42,22 %. Les statistiques prévoient une tendance moyenne d’accroissement d”environ 6 % par an jusqu’à l’horizon 2020. L”aéroport international de Bamako présente des atouts considérables pour son expansion, pour l”essor des activités de production, de négoce et de service.

Face à l’accroissement du trafic et particulièrement du trafic international avec ses exigences et contraintes multiples, l’approche stratégique de base a été la constitution d’espaces aéroportuaires classés pour leur développement durable. Les surfaces retenues sont de 7.194 hectares pour Bamako-Sénou et 5.000 hectares pour chaque aéroport de l’intérieur.

Le schéma de développement des ADM est déterminé par un Plan de développement intégré. A travers ce plan, le domaine a été reparti en zones de croissance comprenant une plate-forme réservée aux activités aéronautiques de 3.860 ha, une zone d’activités commerciales de 390 ha, une zone réservée aux foires expositions de 180 ha, une zone d’hôtellerie et de change de 50 ha, une zone de commerce et de bureau de 10 ha, une zone de sport et de loisirs de 120 ha, des zones réservées aux espaces verts et aux coupures vertes de 450 ha, une zone de maraîchage de 600 ha, une cité de l’air de 130 ha et une zone militaire de 1.200 ha.

Bamako, plate-forme de référence. L”objectif final consiste à ériger l’aéroport de la capitale en plate-forme de référence tant pour les dessertes directes que pour le trafic de correspondance et de transit technique. Il s”agit également de constituer à l’intérieur du pays des aéroports dédiés au tourisme de masse pour Mopti, Gao, Tombouctou et Kayes et de développer des produits du crus pour l’aéroport de Sikasso. Les aéroports non encore internationaux seront mis en normes et standards de leur catégorie. La continentalité et la grande superficie du territoire nationale a priori un handicap seront ainsi érigées en atouts pour les investissements utiles et surs.

La réalisation de ces objectifs requiert une forte implication des capitaux aussi bien nationaux qu’internationaux. Les besoins de financement pour la réhabilitation, l”extension et la modernisation de l’emprise aéroportuaire est estimé à 29 milliards de Fcfa. La composante MCA financera un montant total de 183,9 millions de dollars US qui contribueront à Bamako-Senou à l’extension de la piste, bretelle et parking avion, au réaménagement de l’aérogare, à la construction d”immeubles administratifs, à l”appui à la gestion, à l’aménagement d’une zone industrielle de 200 hectares.

Pour ce qui est des aéroports de l”intérieur, l”extension de l’aéroport de Tombouctou nécessitera 5,2 milliards de Fcfa, la réhabilitation de celui de Gao 7,7 milliards de Fcfa. La clôture des zones de sûreté des aéroports de Sikasso, Yélimané, Tombouctou et Goundam coûtera 4 milliards de Fcfa. Le financement de l”extension de l’aéroport de Kayes Dag-Dag est estimé à 3,6 milliards de Fcfa. Celui de Sikasso Dignangan à 8,82 milliards de Fcfa. Mopti Ambodédjo reviendra à 1,75 milliard de Fcfa alors que la construction de nouveaux aéroports à Kidal et Taoudenit coûteront respectivement 20 milliards de Fcfa et 18 milliards de Fcfa.

Le climat des affaires et les projections de rentabilité ont déjà incité d’importants groupes privés internationaux comme Trans-océan Group et EBR-LR Group à manifester leur intérêt de financement de nos infrastructures et équipements aéroportuaires. L’option retenue pour le partenariat portera sur l’ouverture du capital de «Aéroports Du Mali» dont l”étude d’extension et de modernisation a été menée par le cabinet espagnol INECO. Le rapport final est disponible depuis fin septembre 2006. Le projet a pour but d”accroître la capacité de 200.000 à 1,5 millions de passagers par an.

F. MAIGA

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