Edito: Un Mali qui tombe

25 Sept 2012 - 00:00
Mis à jour: 14 ans
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22 Septembre 1960 - 22 Septembre 2012. Quelle honte pour le Mali! Quelle honte pour ceux qui nous gouvernent et qui se laissent insulter à Paris par Blaise Compaoré. Autres temps, autres mœurs. Sinon, le Président du Faso n’aurait jamais oser affirmer «il manque actuellement un leader à Bamako», sans créer un incident diplomatique. Mais Bamako encaisse, baisse la tête comme l’aigle et ne dit rien. [caption id="attachment_85019" align="alignleft" width="200"] Chahana Takiou, Dirpub 22 Septembre[/caption] La CEDEAO, au lieu d’aider le Mali dans un cadre fraternel, entend le mettre sous domination à travers un chantage honteux. «Il est techniquement impossible de déployer des troupes au Nord sans une structure d’appui au Sud» dixit Blaise Compaoré. Alors remettez-nous les armes volontairement bloquées en Guinée et à Dakar, pour qu’enfin nos militaires tentent de libérer le Nord. Si le Mali n’était pas tombé aussi bas, Blaise Compaoré n’aurait pas tenu des propos si peu amicaux à l’endroit de Bamako et du peuple malien. Sans aucune conséquence. «Il manque actuellement un leader à Bamako», parce que ni Dioncounda Traoré, ni Cheick Modibo Diarra, ni le capitaine Amadou Aya Sanogo ne sont disposés à se soumettre au diktat de la CEDEAO. Celle-ci a voulu opposer le premier aux autres, mais le mathématicien Dioncounda a déjoué le piège, en réaffirmant que sa sécurité et celle des institutions de la République relevaient exclusivement des forces armées et de sécurité du Mali. Et, depuis, le Président intérimaire, qui cherche à s’imposer, est tombé en disgrâce auprès des chefs d’Etat de la CEDEAO. Il y a 52 ans que le Mali a conquis sa souveraineté nationale et internationale. Il a donc décidé de prendre son destin en mains, afin d'assurer la sécurité de ses populations et l'inviolabilité de son territoire, l'éducation de ses fils et l'autosuffisance alimentaire de son peuple. Bref, c'était pour nous assurer un mieux-être. La période 1960 - 1968 a été, sans nul doute, celle de l'éveil des consciences, du patriotisme et de l'affirmation des vertus: dignité, honneur, intégrité. La parenthèse du putsch militaire a contribué à dégrader celles-ci, à appauvrir le pays, à le piller, à le réduire à la mendicité et à provoquer une double guerre inutile contre le voisin du Burkina Faso. L'histoire retiendra que le Mali moderne a commencé avec la Révolution de mars 1991 et la naissance de la Troisième République, avec la Constitution de février 1992. Le premier Président du Mali nouveau, Alpha Oumar Konaré, a vite fait de construire l'architecture démocratique, à travers la mise en place des institutions, l'affranchissement de la presse, la construction d'une économie basée sur le travail, la modernisation de l'Etat et, surtout, la réalisation d'infrastructures éducatives, sanitaires, sécuritaires et hydrauliques. Sans oublier le désenclavement du pays et son embellissement. Le Président Alpha a mis le pays sur orbite, avant de passer le témoin à son successeur, Amadou Toumani Touré. Celui-ci poursuivra les actions entamées par le "fils de l'enseignant et de la ménagère", celui qui a été "l'ainé de la famille sans être le plus âgé".  ATT, au cours de son double mandat inachevé, a transformé le Mali en chantier. Mais sa naïveté a eu raison de lui. Toutes ses réalisations ont été anéanties par la situation sécuritaire du Mali. Il a, comme Candide, livré le pays à une bande d’islamistes qui lui ont dit un jour «Les territoires de Dieu n’ont pas de frontières». Il les a crus. Voici le résultat aujourd’hui. Le pays vit le pire moment de son histoire depuis l’indépendance. Les deux tiers du territoire sont occupés, des mains et des pieds sont coupés au nom d’une prétendue Charia, le pays est en récession. Il n’y a aucun investissement, ni d’emplois créés. Personne ne peut dire quand aura lieu la libération du Nord de notre pays. Les Maliens sont anxieux. L’horizon est sombre. Les autorités de la transition ne nous rassurent pas. Elles peinent à relever le Mali. Après 52 ans d'indépendance, le Mali a plus que reculé. Il est tombé. Très bas!. Chahana Takiou

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Commentaires (90)

User
Blaise COMPAORE a été diplomate, sinon il devrait même dire qu'il y plus d'Homme au Mali. Et tu serais d'accord avec lui car dans tes propos tu as même dis pire " Les Maliens sont anxieux. L’horizon est sombre. Les autorités de la transition ne nous rassurent pas. Elles peinent à relever le Mali. Après 52 ans d’indépendance, le Mali a plus que reculé. Il est tombé. Très bas!"
Gouzno 14 ans
La vérité fait plus mal quand ça vient de l'exétrieur, sinon Blaise Compaoré n'a dit que la vérité, que l'on soit ou non d'accord avec lui. Et puis, Chahana a retourné sa veste ou quoi?
LE BOUCHER
LE BOUCHER 14 ans
Chahana Takiou A te voir sur AFRICABLE on a l'impression que tu es un enfant beni du nord du Mali, mais hélas tu t'en prends à plus fort que toi son excellence Blaise et autres qui n'ont peur que de DIEU . Ces hommes de valeur ne mentirons pas pour tes beaux yeux Les militaires ont battu Haidara toi c'est le peuple qui va te mettre une raclé
nonalinertie
nonalinertie 14 ans
Comment peut-on à ce point se tromper d'adversaire pour s'attaquer à la CEDEAO? 1. Je crois qu'il faut positiver enfin. Bien qu' ATT avait déjà une promesse ferme de 7 millions de dollars d'aide militaire de l'Afrique du Sud, le coup d'état a permis d'avoir enfin ce qu'il a toujours demandé sans trop de succès: l'internationalisation de la lutte contre le terrorisme et le banditisme armé, en n’oubliant pas de traiter aussi l’anarchie libyenne qui se répercute inévitablement au Mali. Si l'ONU vote bien sûr. On semble oublier aussi que bien plus les otages actuels, le plus important ce sont les otages futurs avec en prime l’impossibilité d’investir au Nord Mali, donc à pérenniser le banditisme et le terrorisme. 2. Les militaires de la CEDEAO se feront discrets, probablement vers l’aéroport de Bamako, pour NE PAS EFFRAYER NOS BRAVES MILITAIRES REFUGIES A KATI. Sinon, les autres militaires seront obligés d’aller au front avec les soldats de la CEDEAO qui les couvriront. La plus grave erreur serait d’oublier les milices d’autodéfense qu’on a trop souvent tendance à confondre avec les milices anarchiques. Comment les centaines de villes et de villages de la ligne de front seront protégés contre LES EXACTIONS DES BANDITS ARMES QUI ONT CHOISI COMME STRATEGIE, LE HARCELEMENT DE TOUTES LES ZONES DEGARNIES, DE KAYES A ANSONGO ET KIDAL ? Bien sûr qu’il ne faut pas encourager les milices anarchiques, elles doivent simplement être encadrées, mais SUREMENT PAS ËTRE DETRUITES. TOUTES LES ARMEES DE LA CEDEAO REUNIES NE POURRONT PAS PROTEGER TOUS LES VILLAGES ET VILLES DE LA LIGNE DE FRONT. BREF, IL EST PLUS QU’INDISPENSABLE D’AVOIR SUR LA LIGNE DE FRONT DES BRIGADES D’AUTODEFENSE DE FILLES ET DE GARCONS RECRUTES, ENCOURAGES, ARMES ET SUPERVISES PAR L’ARMEE MALIENNE. Et surtout ces malheureux six mois nous prouvent, s’il en est besoin, QU’IL FAILLE MAINTENANT PERENNISER LE SYSTEME DE BRIGADE D’AUTODEFENSE qui comme son nom l’indique n’a pas de mandat offensif et reste soluble dans la population civile. 3. C'est malheureux d'être réduit à tirer sa subsistance rien que dans la réaction. Il faut quand même reconnaître qu'il fut un temps au Mali où l’on était récompensé en fonction de son pouvoir de nuisance, que l'on soit bandit armé du nord, du sud, politicien, syndicaliste ou religieux. Mais nous sommes en démocratie, système qui n’est guère très éloigné de l’anarchie : tous les avis semblent permis. Même Dieu ne fait pas l’unanimité. Ce qui est déplorable au Mali, c’est l’infime minorité réactionnaire et sadomasochiste que l’on entend le plus, que l’on voit le plus dans la rue avec quelques badauds qui les suivent, et qui donne l’impression de représenter une force. ON A LA TERRIBLE IMPRESSION QUE LES LEADERS POLITIQUES, CIVILS ET RELIGIEUX SONT COMME TETANISES PAR LES SERVICES SECRETS ET LES SANCTIONS ADMINISTRATIVES, CAR AU MALI TOUT LE MONDE NE VIT QUE DE L’ETAT, DU FONCTIONNAIRE A L’OPERATEUR PRIVE… 4. On semble oublier que personne au Mali ne veut du MNLA et d’ANE SARDINE allié à AQMI, surtout pas les tamasheqs de Kidal. Tous leurs faits et gestes démontrent à souhait qu’ils ne se soucient guère du sort de leurs frères et sœurs touareg et du développement du Nord Mali. Tous leurs actes sont antireligieux (vols, viols, alcool, drogue, assassinat d’innocents). MAIS ILS S’ACCROCHENT A LA CHARIA, CAR MEME EUX NE PEUVENT PAS SOUTENIR QUE LA SEULE CHOSE QUI LES INTERESSE VRAIMENT, CE SONT LES TRAFICS DE DROGUES D’ARMES, DE CIGARETTES ET LES ENLEVEMENTS. Les nomades sont les premières victimes de cette insécurité. Ils sont pratiquement tous refugiés au Sud Mali ou dans les pays voisins. Certains dans leur fuite ont abandonné leurs animaux qui souffrent par ailleurs du surpâturage dans les pays voisins. Le tourisme dont ils sont les premiers bénéficiaires est mort. Tous les projets de développement du Nord sont suspendus (Routes Niono -Tombouctou, Bourem - Kidal, Barrage de Taoussa, etc.) Les Communes du Nord, à l’instar de toutes les Collectivités territoriales du Mali, ont déjà leur ‘’indépendance’’, ‘’leur fédéralisme’’ selon les textes de la décentralisation. En dehors du rôle régalien de l’Etat (Défense, Sécurité intérieure, Justice, Monnaie), les Collectivités territoriales maliennes peuvent tout entreprendre, localement, entre collectivités ou avec des collectivités étrangères. L’on semble oublier que c’est le Nord Mali qui ne veut pas de fédéralisme ou d’autonomie. La triste réalité est que c’est l’Etat central (autant dire le Sud Mali) qui entretient toutes les Collectivités et tous les services étatiques du Nord Mali. Ce que ces BANDITS DU MNLA APPELLENT AUTONOMIE, C’EST LA GESTION DU NORD PAR DU PERSONNEL RESSORTISSANT DU NORD, MAIS FINANCE ET ENTRETENU PAR L’ETAT MALIEN, LES COLLECTIVITES DU NORD ETANT ACTUELLEMENT SANS RESSOURCES PROPRES.
RAS LE BOL
RAS LE BOL 14 ans
IL ne pouvait en être autrement. Je souhaite de tout cœur que la CEDEAO ne se laisse pas berner par des soldats de la trempe de sanogo et de sa bande comme l'a fait le gouvernement malien. Il y va également de la crédibilité de la CEDEAO de travailler avec ses pairs qui connaissent bien le terrain. Ces bandits de kati n'ont rien dans la tête. Qu’est ce que les bandits de kati connaissent du nord? Qui d'entre eux ont été suir le terrain?
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