Pourquoi Trump semble avoir définitivement tourné le dos à Zelensky

Donald Trump en a visiblement fini avec Volodymyr Zelensky. “Il ne veut pas que la guerre s’arrête”, a déclaré le président américain, qui estime qu’une autre personne que le dirigeant ukrainien devrait négocier avec Vladimir Poutine. Dans le même temps, Kiev affirme attendre des missiles Patriot déjà prêts à être livrés, mais dont le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, refuse de signer l’autorisation. Pour le spécialiste des questions de défense Roger Housen, les élections de mi-mandat américaines expliquent en grande partie ce changement de cap spectaculaire opéré par Washington.

20 Oct 2026 - 14:07
Mis à jour: 44 minutes
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Pourquoi Trump semble avoir définitivement tourné le dos à Zelensky
Volodymyr Zelensky et Donald Trump semblaient encore complices le mois dernier en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. À droite: le spécialiste des questions de défense Roger Housen. © Photo News

Depuis plusieurs mois, les missiles balistiques russes infligent d’importants dégâts matériels et humains en Ukraine. À l’approche du cinquième hiver de guerre, la Russie cible les infrastructures énergétiques ukrainiennes, mais aussi de plus en plus de sites civils. De son côté, l’Ukraine a frappé plusieurs raffineries russes.

Ces attaques sont mal perçues par Donald Trump, qui a récemment conclu un accord sur le diesel avec la Russie et suspendu certaines sanctions à son encontre. Son objectif est de faire baisser le prix des carburants et l’inflation aux États-Unis avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, alors que les sondages prédisent un revers important pour son parti.

Ces dernières semaines, les signes d’un désengagement de la Maison-Blanche envers Volodymyr Zelensky se sont multipliés. Outre cet accord énergétique et la suspension des sanctions, l’interruption du partage de renseignements américains et le ralentissement de Starlink allaient déjà dans ce sens.

Désormais, selon Zelensky, Washington refuse également de livrer des missiles Patriot. “Ils sont prêts, mais Pete Hegseth refuse de signer l’autorisation de livraison”, affirme le président ukrainien.

Les missiles Patriot sont-ils vraiment disponibles pour l’Ukraine? N’y a-t-il pas une pénurie mondiale après la guerre menée par Trump contre l’Iran?

Roger Housen: “Les Américains ont effectivement tiré la moitié de leurs stocks au Moyen-Orient. Les alliés des États-Unis, comme la Jordanie, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite, ont largement entamé leurs réserves en raison des tirs de missiles balistiques venus d’Iran. Tous ces pays font pression sur Washington pour obtenir de nouveaux Patriot, tandis que les États-Unis en ont eux-mêmes besoin pour protéger leurs bases dans la région.”

“Cela explique la prudence de Trump et de Hegseth, car ces alliés comptent davantage à leurs yeux que Zelensky. Pour eux, l’Ukraine est un problème européen, tandis que le Moyen-Orient est un problème américain. Ils suivent la logique ‘America First’, selon laquelle les intérêts des États-Unis et de leurs alliés du Golfe passent avant tout.”

L’Europe paie pourtant ces systèmes Patriot. L’Union européenne ne peut-elle pas faire pression sur Washington pour qu’ils soient livrés à Kiev?

“Les Européens n’osent pas exercer de pression sur Washington parce qu’ils ont eux aussi besoin de ces systèmes. Ces dernières années, l’Allemagne, les Pays-Bas, les pays scandinaves, la Grèce et l’Espagne ont cédé une partie de leurs propres stocks à l’Ukraine.”

“Aujourd’hui, l’Europe veut reconstituer ses réserves face à la menace russe grandissante. Les Européens ne vont donc pas protester trop vigoureusement contre les retards de livraison vers Kiev, car ils risqueraient eux-mêmes de se retrouver au bout de la file d’attente.”

Washington avait promis à Kiev une licence permettant à l’Ukraine de fabriquer elle-même des Patriot. Cet accord est-il lui aussi mort et enterré?

“Les fabricants des Patriot, Lockheed Martin et RTX, n’ont toujours pas transféré la technologie aux entreprises de défense ukrainiennes. La promesse n’a pas officiellement été retirée, mais chaque semaine qui passe retarde la mise en place d’une production ukrainienne.”

“Et, de toute façon, il faudra encore six mois entre le transfert des plans de fabrication et la mise en service de véritables chaînes de production.”

“Pendant ce temps, la menace balistique russe continue de grandir. Il y a quelques mois, la Russie produisait environ 80 missiles balistiques par mois ; aujourd’hui, elle en fabrique déjà 120.”

“Cette production ne fera qu’augmenter maintenant que Trump a suspendu pour six mois les sanctions secondaires contre la Russie. Ces sanctions constituaient la véritable arme contre l’économie de guerre russe, car elles visaient les principaux importateurs de pétrole et de gaz russes: l’Inde, la Chine et la Turquie. Ce sont également ces pays qui fournissent des composants utilisés dans la fabrication des missiles balistiques russes.”

“La suspension de ces sanctions donne un nouveau souffle à cette production, tandis que les besoins de l’Ukraine en Patriot ne cessent de croître. Ces deux évolutions réunies feront très mal à Kiev.”

“Si Zelensky m’avait écouté, il aurait obtenu un meilleur accord”, affirme Donald Trump. De quel accord parle-t-il?

“Il parle de celui qui était sur la table en août 2025, lors de la visite de Poutine en Alaska. Il prévoyait un gel de la ligne de front telle qu’elle existait alors. Les Russes conservaient les territoires conquis dans le Donbass et en Crimée, l’armée ukrainienne était réduite à un effectif minimal et l’Europe apportait des garanties de sécurité à l’Ukraine.”

“Les États-Unis devaient également conclure avec Kiev un accord sur les minerais stratégiques d’une valeur de 300 milliards de dollars, tandis que la Russie ouvrait son marché aux entreprises américaines.”

“Zelensky exigeait d’abord un cessez-le-feu avant toute négociation, mais Poutine a refusé.”

“Aujourd’hui, Trump affirme que si Zelensky avait accepté cet accord, la guerre serait terminée et l’Ukraine aurait bénéficié d’un contrat de 300 milliards de dollars pour l’exploitation des terres rares par des entreprises américaines.”

“Pour Zelensky, les principaux obstacles étaient l’abandon de territoires ukrainiens et l’absence de véritables garanties de sécurité européennes.”

Trump souhaite désormais que ce ne soit plus Zelensky, mais “quelqu’un d’autre” qui négocie avec Moscou. Lui-même, peut-être?

“Oui, c’est bien ce que cela signifie. Washington a laissé entendre lundi soir qu’une rencontre pourrait être organisée le mois prochain à Pékin entre Trump, Poutine et Xi Jinping afin de discuter d’une issue à la guerre en Ukraine.”

“À Kiev, on s’inquiète d’une telle perspective, car ni l’Ukraine ni l’Europe ne seraient présentes autour de la table.”

“Pour Poutine, négocier directement avec Trump est un rêve absolu, car il sait que Trump est devenu son allié. Xi Jinping, lui, pourrait se présenter comme le grand artisan d’un accord historique. Cette rencontre en Chine interviendrait deux semaines après les élections de mi-mandat américaines.”

Les élections de mi-mandat sont-elles la véritable clé de la stratégie de Trump? Cherche-t-il avant tout à faire baisser le prix des carburants grâce à son accord avec la Russie et à détourner l’attention de sa guerre contre l’Iran?

“Les élections de mi-mandat dictent aujourd’hui toute la politique étrangère de Trump. Même dans des États traditionnellement républicains, son parti est en grande difficulté à cause des prix à la pompe et du coût de la vie. Toutes les décisions qu’il prend actuellement sont guidées par ces élections, d’où l’accord sur le diesel et la suspension des sanctions contre la Russie.”

“Si les républicains essuient une lourde défaite, Trump n’aura plus aucun frein et cherchera des responsables à son échec. Il accusera les Ukrainiens d’avoir fait grimper les prix du pétrole en frappant les installations russes, et les Européens d’avoir profité pendant des décennies du parapluie sécuritaire américain. En même temps, il détourne l’attention de sa guerre contre l’Iran, qui est selon moi la véritable cause de la hausse des prix du pétrole, et tente de faire oublier l’échec de son opération ‘Epic Fury.’”

Est-ce pour cette raison que Zelensky ne cherche plus à ménager Trump?

“Zelensky voit très bien ce qui est en train de se passer. Après l’accord sur le diesel, les interruptions de Starlink, la suspension des sanctions, la réduction du partage de renseignements et le blocage des Patriot, il est désormais convaincu qu’il n’a plus rien à attendre de Trump.”

“Enfin, Zelensky a compris que Trump admire profondément Poutine. Trump a toujours eu un faible pour les autocrates et les dictateurs immensément riches. Le président ukrainien en tire une conclusion simple: Poutine et Trump sont faits du même bois. Ce sont deux dirigeants partageant la même vision autocratique du pouvoir. Continuer à se montrer conciliant avec Trump est donc une perte de temps, parce que cela ne changera rien.”

Source: https://www.7sur7.be/

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Commentaires (1)

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Kankan
Kankan 8 minutes
As Trump acknowledged he would like for Russian Special Military Operation to end. Only thing preventing it from ending is Zelensky who suddenly perceive himself as great general placed on earth to beat Russians. Mind of rumored dopefiend alcoholic filled with hallucination seem to perpetually perceive how impossible. It is mess that may only be cleaned up by eliminating Zelensky from equation or to have Russians overrun Ukraine to degree Russians fulfill their goals. Zelensky should retire today. We are our people's keepers. Africa first people of books. Henry Author Price Jr aka Kankan
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