Pr. Belco Ouologuem, Recteur de l’institut Confucius au Mali : L’Institut Confictus du Mali, un établissement dédie aux jeunes

« L’institut Confucius au Mali, un établissement culturel et académique basé à l’université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB) à Kabala, un institut offrant l’opportunité aux jeunes étudiants d’élargir leurs compétences en langue tout en leurs offrants la chance d’explorer d’autre horizons ».

3 Juin 2026 - 12:20
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Pr. Belco Ouologuem, Recteur de l’institut Confucius au Mali : L’Institut Confictus du Mali, un établissement dédie aux jeunes

Mali Tribune : Depuis quand l’institut Confucius existe au Mali ?

Belco Ouologuem :  l'Institut Confucius existe au Mali depuis le 26 février 2018, date à laquelle les activités pédagogiques de l'institut ont commencé.

 Mali Tribune : Combien d'auditeurs environ sont-ils passés par là ?

B. O. :  Alors, les auditeurs, il faudrait spécifier deux catégories d'auditeurs. Parce que l'institut offre deux types de formation. Il y a ce qu'on appelle la formation diplômante. Ceux qui viennent avec le niveau BAC ou équivalent et qui font la licence en langue chinoise. Donc, ça fait 3 ans de formation pour avoir un diplôme en licence langue chinoise. Il y a une autre formation certifiante, non diplômante, qui est organisée en fonction du niveau.

Donc, niveau 1, c'est un semestre par niveau, il y a ceux-là, on les appelle, ceux qui sont inscrits au cours du soir. La formation certifiante est organisée en cours du soir. La formation diplômante, de février 2018 à aujourd'hui, nous avons formé 100 diplômés en licence. Il y a 100 titulaires de licence en langue chinoise en République du Mali. Mais ceux qui sont sur les bancs encore, il y en a 75 qui sont en première année, deuxième année, troisième année. Ceux qui sont diplômés déjà, c'est-à-dire qu'il y en a 100 qui sont titulaires de licence en langue chinoise à l'ère de 2000. Maintenant, pour ce qui est de la formation certifiante, on a un effectif de 400 que nous avons formés en langue avec différents niveaux.

Voilà, et parce que la formation certifiante est ouverte à tout le monde. Il y a des militaires qui travaillent avec la Chine qu'on a formés, il y a des commerçants qui viennent pour la formation, il y a des étudiants qui veulent avoir les bourses, il y a ceux qui travaillent déjà avec les Chinois, et qui avec eux, parlent anglais mais qui ne parlaient pas chinois. Donc, les Chinois les envoient pour un peu assurer les b.a.-ba de la langue chinoise. Donc, il y a de tous les secteurs d'activité qui viennent s'inscrire pour avoir une certaine compétence linguistique de la langue pour pouvoir échanger, communiquer simplement avec leurs partenaires chinois.

 Mali Tribune : Y a-t-il d'autres Instituts Confucius dans les autres universités maliennes ?

B. O. : Non, l'Institut Confucius, c'est l'unique Institut Confucius à l'Université de Bamako de notre pays. Mais il y a la Classe Confucius qui relève du niveau secondaire, qui se trouve au Lycée Askia Mohamed. Ça, c'est la Classe Confucius.

 Mali Tribune : Envisagez-vous d'ouvrir encore d'autres Instituts Confucius au Mali ?

B. O. : En fonction des besoins exprimés par les universités, il est bien possible qu'il y ait d'autres instituts. Peut-être qu’au niveau des universités régionales comme il y a des universités qui sont en train d'être créées actuellement, il y a l'Université de Ségou opérationnelle déjà, l'Université de Sikasso, il y a l'Université de Kayes, de Bandiagara, de Gao, de Tombouctou, qui sont créées aussi.

Et donc, avec l'ouverture ou l'opérationnalisation de ces universités, il est fort possible que dans ces universités régionales, qu'ils expriment le besoin de créer un autre institut dans l'une des universités. Et en ce moment, c'est bien possible parce que des pays qui ont été les prédécesseurs dans la création de l'institut, il y en a au moins trois dans certains pays. Par exemple, vous partez au Ghana, il y a trois Instituts Confucius ; au Nigeria, il y en a trois ; au Maroc, il y en a trois ; en Égypte, il y en a trois au Kenya, il y en a trois ; et en Afrique du Sud. Et donc, ceux qui ont une longue tradition dans le cadre de l'institut, chaque université en réalité peut se doter d’université au moins dans chaque région différente, il peut y avoir, qu’un institut si les étudiants ou les apprenants exprimaient les besoins.

 

Mali Tribune : Pour ce que je sais, les Instituts Confucius sont officiellement présentés comme des centres de diffusion de la langue et de la culture chinoises. Mais dans certains pays, universités et milieux académiques, ils sont accusés de diffuser le narratif officiel chinois, d’éviter certains sujets sensibles (Taïwan, Tibet, Xinjiang, Tian’anmen), influencer les milieux universitaires. Alors, quel est le rôle de l’Instituts Confucius au Mali ?

B. O. : l'Institut Confucius, c'est une structure de formation académique, universitaire.  C’est comme vous avez le département d'anglais, le département de russe, le département d'arabe, le département d'études germaniques. Et c'est aussi un institut de formation dans une langue qui est le chinois. Voilà, donc c'est pour former les gens à l'apprentissage de la langue chinoise.

 Mali Tribune : Est-ce que la mission de l'Institut Confucius à Bamako se déroule-t-elle bien ou rencontrez-vous des difficultés ?

B. O. : Non, pour le moment, nous rencontrons très peu de difficultés, parce qu’en matière d'infrastructures, dans un premier temps, l'université l'a doté de structures pour abriter les cours.  Deux années après, l'Institut Confucius mère même a construit un local, un bâtiment complet de l'institut. Donc, on n'a pas de problème d'infrastructures. Ensuite, le problème de personnel enseignant, la difficulté que nous avons actuellement, et là aussi c'est récent avec la crise sécuritaire que nous connaissons l'institut fonctionne avec un personnel enseignant chinois majoritairement, et avec quelques enseignants maliens.

Et donc, les 80 % des enseignements sont assurés par le personnel enseignant chinois envoyé par l'université partenaire en Chine. Maintenant, avec la question sécuritaire où le Mali est devenu rouge, nous avons commencé à avoir des soucis par rapport à l'effectif du personnel enseignant chinois. Parce que les gens ont peur de venir, les affaires étrangères mêmes déconseillent aux gens, c'est-à-dire de venir dans le contexte actuel au Mali.

Donc, la seule difficulté que nous avons actuellement, c'est effectivement cette insuffisance du personnel enseignant chinois. Et voilà pourquoi il y a une politique de l'institut dès sa conception, qui consiste à octroyer des bourses aux meilleurs étudiants de chaque promotion pour qu'ils puissent aller continuer leur Master en langue chinoise en Chine, et retourner enseigner à l'institut. Et nous sommes dans ce processus-là pour surmonter cette difficulté liée à l'insuffisance du personnel enseignant chinois.

 

Propos recueillis par

Claudine Dakouo

(stagiaire)