A la veille de l'adoption du projet de code électoral, les femmes de différentes associations et ONG féminines sont prêtes à faire un sit-in ce lundi 14 août à l'Assemblée nationale. La révélation en a été faite lors d'une conférence de presse que le Groupe Pivot Droits et Citoyenneté des femmes, en collaboration avec ses partenaires comme la CAFO, a organisée le vendredi dernier au Centre Aoua Kéïta. Il s'agit de faire un plaidoyer face aux députés afin qu'ils puissent prendre en compte les besoins spécifiques des femmes dans le nouveau code électoral.
Il ne s'agit pas de faire la pression aux députés, mais c'est un moyen pour nous de faire un plaidoyer afin qu'ils puissent prendre en charge les besoins spécifiques des femmes dans le projet du code électoral que l'Assemblée nationale doit adopter ce mardi. Mais, s’il s'agit de faire la pression, nous le ferons. Il ne faut pas que les hommes se sentent menacés. Nous, les femmes, avons jusqu’ici, manqué de solidarité. Nous déclarons aujourd'hui notre solidarité". Ces propos prononcés à la faveur de la conférence de presse que le Groupe Pivot Droits et Citoyenneté des femmes a organisée vendredi après-midi sont de la secrétaire exécutive de la CAFO, Mme Traoré Oumou Touré. Cette rencontre, qui a eu lieu dans la salle de conférence du Centre Aoua Kéïta, pleine à craquer, était l'occasion pour de nombreuses femmes de défendre cette idée de prise en compte de leurs besoins par le code électoral.
La conférence a tout d'abord commencé par la lecture d'une déclaration formulée par les participantes à l'atelier de renforcement des capacités sur la vie publique et la citoyenneté organisé à Mopti du 7 au 11 août dernier par le RECOFEM. Dans cette déclaration lue par Mme Nana Aïcha, les femmes exigent, en effet, la prise en compte intégrale de leurs préoccupations dans les dispositions du projet de loi électorale relatives au mécanisme de désignation à savoir: "aucune liste ne doit comporter plus de 70 % de l'un des deux sexes". Puisque la Constitution prône l'égalité entre l'homme et la femme et que le Mali a ratifié tous les textes au niveau régional et international sur le droit des femmes.
Cette déclaration a été suivie par celle de la présidente du Groupe Pivot Droits et Citoyenneté des femmes, Mme Kané Nana Sanou, pour une participation accrue des femmes à la vie politique. Elle a rappelé aux journalistes et aux nombreux invités"la volonté du Gouvernement, à travers l'ambition du président de la République, Son Excellence Amadou Toumani Touré, de faire de la participation des femmes à la vie publique une réalité".
Selon elle, plusieurs propositions ont été faites en vue de la relecture de la charte des partis politiques et du code électoral lors du séminaire sur la prise en compte du genre dans la vie politique organisé à l'intention des leaders des associations de femmes. Il s'agit de "la composition alternative de femmes et d'hommes du début à la fin de la liste de candidature aux élections, la parité hommes /femmes au niveau de la composition des organes de direction des partis politiques, la représentativité des femmes dans une proportion minimale de 30 % au niveau des bureaux de l'Assemblée nationale, du Haut Conseil des collectivités territoriales, des assemblées régionales, la répartition des deux dernières fractions de financement public liée au nombre d'élues".
Mme Kane Nana Sanou de poursuivre que "si la proposition dans la charte des partis politiques relative au financement des formations politiques a été interinée par l'Assemblée nationale, force est de constater que les propositions dans le projet du code électoral relatives à la participation d'un taux maximum de 70 % de l'un ou de l'autre sexe sur les listes de candidature et au niveau de la CENI font couler beaucoup d'encre à la veille de l'adoption du projet de code à l'Assemblée nationale".
Au cours de la conférence, les journalistes ont été témoins de la solidarité des femmes à ces propositions. "Nous les femmes, nous demandons aux députés, hommes et femmes, leur clairvoyance pour le soutien indéfectible des propositions faites par l'Administration territoriale pour la prise en compte du genre".
En tout cas, un sit-in est prévu ce lundi 14 août à l'Assemblée nationale. Déjà des placards et des banderoles sont prêts pour accueillir des slogans très forts. Et toutes les femmes sont invitées à ce grand rendez-vous.
Alou B HAIDARA