Fin des concertations sur la physionomie de la campagne agricole 2011-2012 : Le cumul des pluies est normal à excédentaire

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Il n’y a pas de feu à  la demeure. Tel est le constat fait par les techniciens du ministère de l’Agriculture, toutes structures confondues, après la rencontre qui les a réunis, deux jours durant, dans la salle de conférence de la direction nationale de l’Agriculture. C’était du jeudi au vendredi sous la direction de Moussa Léo Sidibé, Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et Daniel Siméon Kéléma, directeur national de l’Agriculture. Ce constat était d’autant plus attendu qu’il permet d’orienter les politiques dans leurs prises de décisions.

L’objectif principal de cette rencontre de deux jours était d’apprécier l’état des cultures au regard du déficit pluviométrique et de la baisse drastique de la crue sur les cours d’eau.

Contrairement à ce qui se raconte, les techniciens ont soutenu haut et fort qu’"à la date du 20 octobre 2011, le cumul des pluies recueillies est, dans l’ensemble, normal à excédentaire exceptés le nord ouest de la région de Kayes et les localités comme Tombouctou, Kidal, Bandiagara, Bankass, Konobougou, Ouélessébougou, Banamba, San et Macina".

La situation hydrologique est caractérisée par le faible niveau de la crue et le retrait précoce de l’eau dans les bassins hydrologiques. C’est  à l’Office riz Ségou(ORS) et l’Office riz Mopti (ORM) que les effets du déficit hydrique ont été fortement ressentis.

 Les zones de bas-fond ont également été touchées par cette baisse de la crue. Ainsi, à l’ORS, la côte maximale observée en 2011 à l’échelle de Tamani est de 4,38 m contre une côte utile de 4,80 pendant deux semaines. Quant à l’ORM, il a enregistré en 2011 les côtes les plus basses depuis une décennie : sur le Niger à Mopti, il a été enregistré 3,54 m contre un moyen inter annuel de 4,63 m et sur le Bani à Sofara, il a été mesuré 4,20 m contre 5,28m.

Quant à la situation des engrais, il faut noter que 218.760,22 tonnes ont été mises à la disposition des producteurs. Locomotive de la production agricole, avec 810.084 hectares, la riziculture (tous riz confondus) enregistre ainsi un taux de réalisation de 99%. Les pertes totales sur le riz sont évaluées à 194.130 hectares soit 24% des superficies réalisées.

Les taux de perte les plus élevés (30.561 hectares soit 72% des pertes totales de la submersion contrôlée) sont enregistrés au niveau de l’ORS et l’ORM dont les productions représentent 7% des prévisions de production rizicole.

Les céréales sèches dont les superficies totales réalisées sont estimées à 4.074.857 hectares (105% de taux de réalisation), ont enregistré une perte totale de 393.096 hectares soit 10% des superficies réalisées. Avec 86% des superficies perdues, le sorgho et le mil ont enregistré les plus grosses pertes sur les céréales sèches. Les localités concernées par ces pertes sont situées dans la bande sahélienne à savoir le nord de Kayes, Yélimané, Nioro, Diéma, Banamba-nord, Kolokani, Ségou-nord, Mopti-nord et Gao.

Les superficies totales perdues en céréales sèches, cette année, sont estimées à 587.226 hectares (11,8%) contre 85.231 hectares (2%) en 2010-2011. Quant aux superficies récoltables en céréales, elles sont estimées à 4.297.717 hectares (88,20%) contre 4.132.961 hectares  en 2010-2011. Ce qui signifie clairement un léger mieux par rapport à la dernière campagne agricole.

La culture cotonnière a enregistré 23056 hectares de perte dont 21.652 en zone CMDT et  1.406 en zone OHVN.

Par ailleurs, les techniciens ont étudié au cas par cas, par région, cercle et commune, la situation ders poches de sécheresse consécutive au déficit pluviométrique.

Il faut noter enfin que cette évaluation provisoire de la Direction nationale de l’Agriculture sera validée par le ministre de l’Agriculture pour en faire une évaluation définitive.

Diakaridia YOSSI

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