Bamako : La punition de la discorde
«Il faut tout un village pour éduquer un enfant», dit une maxime bien connue chez nous. D'où toute l'importance de l'implication de toute la communauté dans l'éducation de l'enfant. à commencer par sa famille, le voisinage, le quartier, voire tout le village.
C'est aussi une façon de rappeler que l'enfant est loin d'appartenir seulement à ses géniteurs et aux membres de son cercle familial. Bien éduqué et bien élevé, l'enfant appartient à toute la communauté. Curieusement, de nos jours, cette réalité semble désormais appartenir au passé. Et pour cause, actuellement, certains grands parents ont cette manie de défendre leurs petits (tes) fils (filles), souvent sur du faux, au point d'affecter la bonne éducation que leurs géniteurs veulent leur donner.
Le cas présent qui vient de se passer dans un quartier de la Rive droite en est une illustration. R est une fillette âgée d'à peine 8 ans. Ce jour-là, elle a quitté le domicile familial pour une destination inconnue. En temps normal, ses parents pensent à juste raison qu'elle pourrait être en compagnie de certaines de ses petites amies du quartier. Mais le hic ici, c'est le fait que la fillette était sortie sans dire quoi que ce soi à qui que ce soit sur sa destination. Même pas à Oumou, sa grande mère qui l'adorait par dessus tout. Du matin jusqu'à midi, la fillette ne fit aucun signe. Comme toute mère normale, la sienne commença à s'inquiéter. Elle alerte le voisinage sur cette attitude de son enfant. Une petite fille qui a quitté le domicile familial depuis le matin pour une destination inconnue.
En plus de l'inquiétude, R commença à prendre peur, car elle ignore ce qui a pu se passer et qui fait que sa fillette n'est pas retournée à la maison depuis le matin, ne serait ce que pour le manger de midi. La mère de l'enfant était quasiment morte d'inquiétude. Selon nos sources, la petite fille est conservée dehors jusqu'au petit soir, laissant toute la famille dans l'inquiétude et le doute sur ce qui a pu lui arriver. Visiblement, cette fillette semble être un enfant aux oreilles dures comme on le dit. Elle n'était pas à sa première fois d'agir de la sorte. Mais sa mère l'avait sérieusement mise en garde pour ce comportement. Mais malgré les avertissements de sa génitrice, la fille ne voulait rien comprendre et elle n'en faisait qu'à sa tête.
Excédée par le comportement de sa fillette, la mère décide alors de sévir. Lorsqu'elle est rentrée à la maison vers le petit soir, il a fallu qu'elle mette son pied dans la cour pour que sa mère réagisse. Sans attendre une explication de sa part, elle s'en est prise à elle en lui infligeant une correction sévère. La petite fille a reçu de nombreux coups de mains et un violent gif. Cela était suffisant pour qu'elle crie de toute la force de ses cordes vocales. Ses cris, audibles à plusieurs dizaines de mètres de leur domicile alertèrent sa grande mère. Depuis sa chambre à l'étage de l'immeuble où vivait cette famille, la vieille femme déballa les escaliers comme si c'était la fin du monde qui venait de lui être annoncée.
Elle supportait difficilement que sa belle mère s'en prenne à son propre enfant sous quel que prétexte que ce soit. Complètement excédée par le comportement de la mère de la fille vis-à-vis de sa petite fille, elle lui demanda des explications. Pour elle, rien ne saurait justifier le fait que R s'en prend à sa petite fille, quelle que soit la faute que cette dernière a commise. La mamie ne s'est pas privée d'injurier sa belle fille avant de lui donner un avertissement sur une tonne de guerre comme si elle n'était pas la femme de son fils aîné.
Des heures passèrent sans que les voisins ne puissent faire raisonner la vieille femme. Elle serait allée jusqu'à porter sa main à sa belle fille. Malgré la furie de la vieille femme, cette dernière est mémorable de marbre. Les voisins n'ont pas caché leur étonnement face à l'attitude de la sexagénaire qui prétend défendre sa petite fille contre vents et marrées, quoi qu'elle commette comme faute. Selon nos sources, le différend a finalement pu être réglé après une réunion de famille. Sans accuser la femme, les membres de la famille lui auraient poliment demandé de laisser la mère corriger son enfant pour le mettre sur le droit chemin. Reste à savoir si le sexagénaire accepte cette décision familiale.
Tamba CAMARA