Huilerie Cotonnière du Mali (Huicoma-SA) :rnLes licenciés bataillent

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Le torchon brûle entre Alou Tomota, acquéreur de Huicoma-SA (Huilerie cotonnière du Mali) après sa privatisation en 2005 par l’Etat, et un groupe de licenciés de la société. Réclamant leurs dûs, ces ex-travailleurs ont tenu hier lundi un sit-in devant Graphique Industrie, siège du groupe Alou Tomota, sur la route de Hamdalaye.

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Les anciens travailleurs de Huicoma -SA, une vingtaine, sans violence, ont tenu à manifester leur « indignation » en tenant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « non à la violence, non au chômage, non au protocole d’accord, nous exigeons nos droits ».

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Par cet acte, Sibiry Diarra, à la tête des frondeurs, et 194 autres licenciés, réunis dans une commission de six membres chargée de gérer leurs droits, entendaient protester contre leur licenciement, réclamer le payement immédiat de leurs droits.

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En réalité qu’est ce qui est à l’origine du fossé entre ex travailleurs de Huicoma S.A et le groupe Alou Tomota ?

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Rappel des faits : le 02 juin 2005, Huicoma, société publique détenue par l’Etat fut privatisée. L’entreprise comptait alors 1111 travailleurs. Le magnat financier Aliou Tomota, après appel d’offres, devient acquéreur en détenant 84,13% des actions. Les autres actionnaires minoritaires étant l’Etat, les travailleurs, Dionké Yaranagoré (Babou Yara), Mme Thiam Mouyi Sanogo.

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Sitôt les commandes de l’entreprise en main, indique Modibo Sidibé, un des ex travailleurs, il licencia 333 saisonniers. Peu après, poursuit-il, une vague de mutation gagna alors la société, avec à la clé le déplacement des agents dans les différentes structures intérieures de la société à Kita, Koulikoro, Koutiala et à la Direction générale à Bamako. Selon M. Sidibé, des chefs d’usine redeviennent de simples agents sans réel pouvoir de décision. Et c’est pourquoi, certains n’ayant pu supporter ces mesures de changement de statut, des démissions en cascade ont été enregistrées.

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En parallèle à cet état de fait, Huicoma SA commença à se buter à des difficultés économiques, certifient les ex-travailleurs. Mais, selon eux, ces problèmes relèvent purement et simplement d’un « dessein machiavélique » de l’Etat qui, contre toute attente, commença a augmenté le prix de la graine du coton qui passe successivement de 11 000 Fcfa la tonne, à 17 500, 27 500 pour atteindre la somme record de 45 000 Fcfa. Tout cela en l’espace de cinq ans. Ces hausses ne visaient qu’à préparer le terrain de la privatisation. Immédiatement après coup (privatisation), le prix de la graine redevient paradoxalement à 12 500 FCFA la tonne. Ce qui fait dire aux ex-travailleurs que la privatisation fut décidée depuis 1984.

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En proie à des difficultés, les dirigeants de l’entreprise adressent alors une correspondance à l’inspection de travail de Bamako, Kayes dans laquelle ils font part de leur besoin de licencier. Et le motif économique fut évoqué. L’inspection du Travail donne un avis favorable en insistant tout de même sur la « préservation des droits des licenciés ».

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Peu de temps après, la Direction de Huicoma SA, met en exécution son plan de licenciement. Certains futurs licenciés refuseront de répondre à la convocation.

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Vers le 09 Octobre 2007, bon nombre de travailleurs licenciés accusent réception par signification d’huissier (Mamadou Diakité) leurs lettres de licenciement signée par la direction mais de façon individuelle.

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Pourtant du 13 Juin 2007 au 03 Septembre 2007, presque 3 mois jours pour jours, les travailleurs mis en chômage technique n’ont pas été payés, soutiennent les ex-travailleurs. Et c’est exactement vers le 13 Septembre, que certains s’étant présentés à la Direction ont pris connaissance, sur une liste affichée, le maintien de près de 20 agents dont les noms figuraient pourtant parmi les travailleurs mis en chômage technique.

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Aussi, les frondeurs protestent et dénoncent le mandat de Me Salif Traoré qui a signé un protocole d’accord avec Me Lamissa Coulibaly, le conseil de la Société Huicoma SA. « Il n’a pas été mandaté pas nos soins et par conséquent nous ne nous reconnaissons pas à travers ses actes. Nous avons les mandats individuels des 409 licenciés au nombre desquels les 198 licenciés de Koulikoro », argument-ils.

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Dénonçant la mesure de licenciement, les ex-travailleurs s’étonnent et argumentent. « En 2006, Huicoma-SA a enregistré 80 000 Tonnes de graine. Et en 2007, la même société a fait 96 000 Tonnes. « Mais pourquoi nous n’avions pas été mis en chômage en 2006 ? », s’interrogent les ex-licenciés qui dénoncent le non respect du plan social des travailleurs. Un plan dans lequel, Huicoma SA s’engageait à faire une provision de 03 Milliard pour gérer les cas de licenciement. Mais que l’état malien demandera au PDG de négocier avec les travailleurs en pareilles circonstances de licenciement. après reception du même modèle de protocole d’accord produit par la direction de la société, sous les soins de son avocat Mr Lamissa Coulibaly, qui a servi à regler le paiement des droits des travailleurs licenciers de Koukikoro, Sibiry Diarra et ses compagnons de lutte s’y opposent comme modèle de protocole d’accord pour les mettre dans leurs droits. Et pour cause, diront-ils, comment comprendre cher Maître Coulibaly, qu’on liquide nos droits qu’on ne nous donne pas les moyens de vérifications de ces calculs.

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« Il n’est pas question pour nous d’accepter la signature d’un quelconque protocole d’accord qui va à l’encontre de nos intérêts. Les droits que Huicoma SA doit nous payer ne sont pas une aumône, mais le fruit de nos efforts », dixit Modibo Sidibé.

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Approché par nos soins, Me Lamissa Coulibaly, Conseil de Huicoma SA, s’étonne de l’agitation actuelle des ex-travailleurs, d’autant plus que l’affaire est toujours pendante devant le tribunal. Selon lui, la note de notification fait suite à une procédure, une exigence légale. Autrement dit, la loi impose à tout employeur qui opère un licenciement, qu’il soit économique ou non, de le notifier au travailleur. Mais, pour l’avocat du groupe Tomota, ce que la loi ne dit pas, c’est de dire dans quel délai faut-il payer les droits des travailleurs pour motifs économiques.

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Ne comprenant pas l’acharnement de ces ex-travailleurs contre Alou Tomota, Me Lamissa Coulibaly indique que même après le paiement de leurs droits après jugement, les travailleurs licenciés devraient faire face aux énormes prêts qu’ils ont consentis quand ils étaient encore travailleurs à Huicoma SA auprès d’institutions financières (BDM, BHM et Bank Of Africa). Ces prêts, aux dires de l’avocat, s’élèvent à près 200 millions de FCFA, cela sans intérêt. Et c’est Alou Tomota et son groupe quii continuent de garantir ces prêts même après leur départ de Huicoma-SA.

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Mahamadou Traoré

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