IBK-Manassa : De la complicité à l’adversité

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Nonobstant l’entrée en vigueur du Décret présidentiel n°2020-0312/P-RM du 11 juillet 2020 contesté et sa notification aux Conseillers de la Cour concernés, le lettre de recours gracieux datée du 15 juillet 2020 paraît signée de Manassa DANIOKO la Présidente de la Cour constitutionnelle. Un pied de nez à IBK et à ses complices de la CEDEAO ? Le Décret présidentiel n°2020-0312/P-RM du 11 juillet 2020 portant abrogation de la nomination de certains membres de la Cour constitutionnelle est jugé grotesque au plan juridique par ses trois membres rebelles restants qui l’assimile purement et simplement à un acte de haute trahison.

La haute trahison n’est certes pas définie par la Constitution. Elle n’est pas moins prévue en son article 95 qui habilite la Haute Cour de Justice à juger le Président de la République qui en serait coupable. La lettre de recours grâcieux établit le lien direct entre les irrégularités du Décret présidentiel et la violation de son serment présidentiel par IBK. Manassa et ses deux Conseillers de fortune ont précisé dans ce sens, s’adressant au Président IBK, que « la violation de votre serment dans l’exercice de vos fonctions est constitutive de haute trahison prévue par l’article 95 de la Constitution ». En d’autres termes, les Conseillers déclarent que le Décret présidentiel n°2020-0312/P-RM du 11 juillet 2020, par son inconstitutionnalité et son illégalité flagrante, est constitutive d’acte de haute trahison de la part du Président IBK du fait de son mépris de son serment prévu à l’article 37 de la Constitution. La légitimité du Président IBK découle selon les trois Conseillers, de l’ordre constitutionnel dont il est le garant et dont il ne peut se dédouaner sans faire courir à l’Etat le risque d’effondrement.  Le recours grâcieux des trois Conseillers fait l’effet d’une véritable bombe qui explique l’armada de Chefs d’Etats qui débarquent ici au Mali ce jeudi 23 juillet 2020. Tout laisse croire que les 5 chefs d’Etats de la CEDEAO prennent désormais la mesure réelle de la grave crise politique malienne. Une crise qui ne s’accommode décidément pas des bricolages juridiques et des colmatages institutionnels de conservation de fauteuil présidentiel qui jurent totalement avec la Constitution du 25 février 1992. Les trois Conseillers de la Cour le soulignent avec gravité : à cause de son irrespect total de la Constitution du Mali et des lois de la République, IBK court le risque de se retrouver devant la Haute Cour de justice pour haute trahison. La force de l’indépendance de la justice qui s’assume est une force de puissance universelle “dura lex, sed lex” capable soulever toutes les montagnes antirépublicaines et antidémocratiques de gouvernance dictatoriale.

NB : Le démenti à cette lettre publié sur le site de la Cour constitutionnelle est sans objet dans la mesure où la lettre question est un recours grâcieux auprès du Président de la République et non un recours contentieux devant la Cour suprême.

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3 COMMENTAIRES

  1. Quelle honte cette opposition malienne… dans des moments de crises nous devrions au contraire etre tous unis derriere notre drapeau, soutien a ibk

  2. Mme Manassa DANIOKO et IBK, sont les deux faces d’une même monnaie. Si en 2018 avec la complicité de la première, le second a été nommé President de la République, en 2020 IBK par ignorance voulait faire le même procédé avec la nomination des députés proches de lui. Si en 2018 malgré les contestations dénonçant des fraudes massives , Soumaila CISSE qui était le vainqueur de l’élection présidentielle et d’autres candidats malheureux ont passé des mois dans les rues . Il a fallu la complicité des la fameuse communauté internationale pour qu’IBK soit reconnu. Mais toujours avec la complicité de la France qui tenait à IBK pour qu’elle (France) puis avoir les mains libres au Mali, exécuter sans problème les réformes pour la naissance de la République de l’Azawad . Si ça ne tenait qu’au bilan du premier mandat d’IBK qui militait en sa défaveur, il ne pouvait pas avoir un second mandat. Prouver cette complicité est très facile . En prenant les résultats des deux tours de l’élection présidentielle de 2018, toutes les zones sous contrôle des combattants de la CMA , ont bourré les urnes pour IBK sous la complicité des forces étrangères (Barkhane et MINUSMA). En 2020, ces élections législatives (élections de proximité) ne pouvaient pas se passer avec les mêmes pratiques d’où cette contestation généralisée dans des circonscriptions où le RPM et ses alliés ont été battu dans les urnes . A la grande surprise générale, la Cour Constitutionnelle en violation des règles édictées en la matière, nomme des députés en spolient ceux qui ont gagné dans les urnes . Sous la pression populaire, le M5 RFP est créé pour défendre le peuple et la démocratie. IBK qui est un dictateur à refusé d’entendre ce cri de cœur d’un peuple meurtri, bafoué et humilié. S’en sont suivies les marchés et autres contestations. Malgré ces mouvement le régime est resté égal à lui-même. Lors de la mission de la CEDEAO, qui a fait des recommandations allant dans le sens de l’apaisement, IBK refusa d’appliquer ces recommandations. La marche du M5 RFP , le régime IBK ordonné le déploiement de la Force de Scurite Anti Terroriste (FORSAT) en renfort au service d’ordre habituel de maintien d’ordre . Lors des confrontations entre les manifestants et les forces de l’ordre, il y’a eu des morts , des blessés, de dégâts importants de biens publics et privés. Alors qui peut défendre IBK et son régime qui viennent de franchir la ligne rouge , tuant des citoyens aux mains nues ? Après ces crimes inhumains, les maliens jamais n’accepteront plus qu’IBK gouverne avec ses mains entachées de sang d’autres maliens qui ne réclament que des droits reconnus par la Constitution du 25 Fevrier 1992. La seule solution : IBK doit partir contre vents et marées.

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