Burkina Faso: une marche silencieuse pour dénoncer l’impunité

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Trois organisations de la société civile ont marché samedi 17 août à Ouagadougou pour exiger la lumière sur la mort de plusieurs personnes. Elles entendaient dénoncer l’impunité et les exactions arbitraires dans le pays.

Samedi matin, la marche silencieuse a pris la direction de la maison mortuaire où se trouvent toujours certains corps. Fin mai, deux responsables de l’Organisation démocratique de la jeunesse (OJD) ont été retrouvés morts alors qu’ils se rendaient à une audience avec le haut-commissaire de la province du Yagha, dans le nord du pays. Pour les militants de l’Organisation démocratique de la jeunesse, il y a des zones d’ombre sur les circonstances de l’assassinat de leurs camarades.

« Quand c’est arrivé, nous avons dit que nous n’excluions aucune piste parce qu’il est vrai que c’est une zone où le terrorisme sévit, rappelle Yempani Lankoandé, le secrétaire général adjoint de l’ODJ. Mais après les avoir assassinés, on a pris le temps de nettoyer la scène de crime. Donc, tout cela ce sont des indices qui nous disent, si l’on ajoute cela au fait que l’administration ne veut pas faire la lumière sur l’assassinat, qu’il y a de quoi s’inquiéter et qu’il y a de quoi craindre le retour des vieux démons que nous avons combattus. »

Avec le soutien de plusieurs autres organisations de la société civile, l’ODJ exige une autopsie des corps avant l’inhumation. Ernest Bationo, le président de la sous-section du Kadiogo accuse les autorités de ne pas livrer toutes les informations sur ces assassinats. « Depuis deux mois, qu’est-ce qui peut bloquer une autopsie ? Au gouvernement de nous dire. Certainement ils ont leurs raisons, mais qu’ils nous disent pourquoi ils ne veulent pas autopsier nos camarades qui ont été tués », s’indigne-t-il.

Le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés et l’ODJ exigent également la lumière sur la mort à la même époque alors qu’elles étaient détenues par la gendarmerie de deux autres personnes accusées de complicité avec des jihadistes.

Par RFI Publié le 18-08-2019

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