“L’arme secrète de l’Iran”: pourquoi cette ex-militaire américaine inquiète le FBI

Où se cache Monica Witt? À 46 ans, cette ancienne militaire décorée de l’US Air Force, qui a fait défection au profit de Téhéran en 2013, demeure l’une des cibles prioritaires du renseignement américain. Selon les experts, elle serait en mesure de porter gravement atteinte aux intérêts des États-Unis. En s’enfuyant vers le Moyen-Orient, elle a emporté avec elle des renseignements militaires classés “top secret”, faisant d’elle une menace persistante pour la sécurité nationale américaine.

20 Mar 2026 - 22:10
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“L’arme secrète de l’Iran”: pourquoi cette ex-militaire américaine inquiète le FBI

Se fait-elle désormais appeler Narges Witt ou Fatemah Zahra? Est-elle devenue espionne, consultante militaire ou analyste pour le compte du régime? Une chose est sûre: Monica Witt, ancienne militaire américaine, figure en bonne place sur la liste des personnes les plus recherchées par le FBI. “Monica Witt est recherchée pour son implication présumée dans des activités criminelles, notamment pour espionnage et complot en vue d’espionnage”, peut-on lire dans le mandat d’arrêt formulé à son encontre.

Selon les autorités américaines, l’ancienne militaire vivrait aujourd’hui en Iran, bénéficiant de la protection directe de l’État, ce qui inquiète Washington au plus haut point. Durant sa carrière, Monica Witt a eu accès à des données sensibles. Elle détenait, entre autres, l’identité d’informateurs américains opérant sur le sol iranien et maîtrisait les protocoles secrets utilisés par les États-Unis pour intercepter les communications étrangères.

“Une arme redoutable”

Plus de dix ans après sa défection, alors que le conflit au Moyen-Orient s’intensifie, les experts américains s’accordent à dire que Monica Witt pourrait représenter une “arme secrète redoutable” pour l’Iran. “Sur une échelle d’un à dix, j’estimais sa capacité à nuire aux États-Unis à sept ou huit”, affirme Douglas Wise, ancien directeur adjoint de l’agence de renseignement militaire américaine (DIA). Dans le contexte actuel, les connaissances stratégiques de la fugitive sont perçues par Washington comme une véritable bombe à retardement.

Monica Witt est née au Texas en 1979. Elle s’est engagée dans l’US Air Force dès 1997 et a travaillé comme spécialiste de l’interception et de l’analyse de communications. Elle a été décorée à plusieurs reprises, recevant notamment l’Air Medal pour ses services méritoires.

Au cours de sa carrière, elle a appris le farsi, la langue officielle de l’Iran, et a été déployée notamment en Arabie saoudite et en Irak. C’est durant sa mission en Irak qu’elle a commencé à se plonger dans l’islam et à étudier le Coran de manière approfondie.

Critique envers les États-Unis

Après avoir quitté l’armée en 2008, elle a travaillé pour plusieurs sous-traitants du Département de la Défense américain tout en poursuivant des études sur le Moyen-Orient. Selon d’anciens camarades de promotion, c’est durant cette période qu’elle est devenue de plus en plus critique envers les États-Unis et leur rôle dans les conflits étrangers.

Un ancien camarade de classe a confié au New York Times que Monica Witt évoquait parfois de présumés crimes de guerre dont elle aurait été témoin durant sa carrière militaire. “Elle a eu des troubles du sommeil et a affirmé que certains événements vécus la tourmentaient sans relâche”, a déclaré Cory Ellis dans les colonnes du quotidien britannique The Times.

Un voyage décisif en Iran

En 2012, Monica Witt s’est rendue à Téhéran pour assister à une conférence internationale. Ce rassemblement a été organisé par une structure que le gouvernement américain a par la suite liée directement aux Gardiens de la révolution iraniens.

Selon les experts américains, c’est lors de ce séjour qu’elle est entrée en contact avec des agents iraniens. Peu de temps après, elle a commencé à envoyer des messages à un intermédiaire en Iran, évoquant ouvertement son souhait de faire défection. “J’essaie d’utiliser la formation militaire que j’ai reçue pour le bien plutôt que pour le mal”, a-t-elle écrit à son contact en 2013.

“Si tout le reste échoue, je pourrais bien sortir du silence et faire comme Snowden”, a-t-elle poursuivi dans ses échanges. Elle faisait ainsi référence à Edward Snowden, cet ancien collaborateur des services de renseignement américains qui a révélé des documents classifiés sur les programmes de surveillance mondiale. Deux mois plus tard, Monica Witt a obtenu son visa. “Je rentre à la maison”, a-t-elle écrit à son intermédiaire juste avant de s’envoler pour Téhéran.

Monica Witt reste une menace

Les États-Unis ont alors lancé une enquête approfondie sur Monica Witt, avant de l’inculper officiellement en 2019 pour complot en vue de transmettre des informations de défense nationale à l’Iran. Washington soupçonne Witt d’avoir mis ses compétences au service de Téhéran pour analyser les opérations militaires américaines. Plus grave encore, elle aurait participé à l’interrogatoire de marins américains capturés par l’Iran en 2016. Toujours selon l’acte d’accusation, le gouvernement iranien lui a fourni un appartement ainsi que tout l’équipement nécessaire pour poursuivre ses activités de renseignement sur place.

Plus de dix ans après sa fuite, Monica Witt inquiète toujours autant Washington. Si certains pensent que l’armée a limité l’impact de ses révélations, d’autres craignent que sa connaissance des méthodes de renseignement ne reste une arme redoutable entre les mains de Téhéran. Une chose est sûre: Monica Witt reste, à ce jour, l’une des fugitives les plus dangereuses aux yeux du FBI. Depuis l’officialisation de son inculpation en 2019, presque aucune information n’a filtré concernant sa localisation exacte ou la nature réelle de ses activités actuelles.

Source: https://www.7sur7.be/