Libye: le GNA met la main sur Tarhouna, dernier bastion de Khalifa Haftar dans l’Ouest

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L’annonce a été faite par Mohamad Gunounou, le porte-parole du Gouvernement d’union nationale (GNA), ce vendredi. Ses forces sont entrées dans la ville, à l’aube, sans combats. La prise de cette ville symbolise une lourde défaite pour le maréchal Haftar qui essayait de s’emparer de Tripoli depuis plus d’un an.

Les troupes du GNA ont fait leur entrée triomphale dans la ville, dans la nuit de jeudi à vendredi. Elles ont été joyeusement accueillies par une partie des habitants. Tarhouna, située à 80 kilomètres au sud-est de Tripoli, constituait la base arrière des forces de Khalifa Haftar pour l’attaque de la capitale. Ces forces avaient commencé leur retrait vers le Sud depuis deux jours, et avaient laissé sur place plusieurs véhicules militaires ainsi que des munitions.

Tarhouna formait donc le dernier bastion de Khalifa Haftar dans l’Ouest libyen, après le retrait des villes stratégiques de la région ainsi que de la base d’al-Watiya, puis de l’aéroport de Tripoli et du sud de la capitale ce jeudi.

Un tournant dans le conflit

La prise de Tarhouna par le GNA marque ainsi un tournant dans le conflit libyen. Cela met fin à l’offensive lancée par le maréchal Haftar sur Tripoli, le 4 avril 2019.

Symboliquement, la prise de la ville signifie un retour à la case départ pour l’homme fort de l’est du pays. L’Armée nationale libyenne n’a pas encore commenté les derniers événements, mais ce jeudi, Ahmad al-Mismari, leur porte-parole, avait annoncé le retrait de Tripoli et un « redéploiement ». Il a présenté ce retrait comme une « preuve de bonne volonté » suite à la reprise annoncée par l’ONU des pourparlers militaires.

Le conflit libyen a connu ces derniers mois une implication croissante des puissances étrangères. Le soutien militaire accru de l’allié turc a permis au GNA d’enchaîner les succès sur le terrain et de renverser le rapport de force.

Le temps des pourparlers ?

Maintenant que le maréchal Khalifa Haftar et son armée ont été repoussés loin de Tripoli et de l’Ouest libyen, le temps d’un retour aux pourparlers de paix est-il venu ? En tout cas, le Gouvernement d’union, galvanisé par ses récentes victoires s’y rendra en position de force et avec ses conditions. Le GNA veut avant tout exclure le maréchal Haftar du paysage politique libyen. Ses responsables sont catégoriques, Khalifa Haftar « n’est pas fiable », « il se retourne toujours contre les accords » affirment-ils de concert. En vue de ces prochains pourparlers, ils demandent au camp de l’Est libyen de nommer un autre chef pour les représenter.

Ils insistent par ailleurs pour étendre leur pouvoir sur tout le territoire libyen. S’ils n’obtiennent pas satisfaction par des arrangements politiques ils menacent de faire usage de la force. Ils expliquent que seul le GNA est légal car reconnu par la communauté internationale, alors que pour le camp de l’est ce gouvernement reste illégal. Il n’a jamais été approuvé par le Parlement.

Ingérences

Chaque camp réclame le départ des mercenaires qui aident la partie adverse. Russes aux côtés des forces d’Haftar. Syriens et Turcs pour le Gouvernement d’union nationale. Ahmad al-Mismari, le porte-parole de l’Armée nationale libyenne (ANL) affirme que la guerre n’est pas encore terminée et que désormais c’est une guerre libyano-turque qui s’engage. Tous excluent par ailleurs la possibilité de donner les pleins pouvoirs à leurs représentants militaires respectifs comme l’exige l’ONU.

Selon plusieurs observateurs, l’échec des pourparlers prévus pourrait conduire à un nouvel embrasement de cette guerre par procuration. Avec davantage d’ingérence et de violence, ils pointent le risque d’une guerre régionale centrée autour des richesses énergétiques de la Libye.

La situation en Libye était au cœur de l’entretien téléphonique vendredi entre le président français, Emmanuel Macron et son homologue tunisien Kais Saëd. Ce dernier a assuré la France que son pays ne risque pas de former une arrière base arrière à aucun de deux camps en lutte en Libye. Les deux présidents ont partagé leur volonté d’approfondir leur coopération sur ce dossier ainsi que sur les crises régionales.

Par RFI.fr – Publié le : Modifié le : 

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