“Tout est mis en scène”: les théories du complot fleurissent après la fusillade au gala de la Maison-Blanche

27 Avr 2026 - 13:05
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“Tout est mis en scène”: les théories du complot fleurissent après la fusillade au gala de la Maison-Blanche
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“Tout est mis en scène”: les théories du complot fleurissent après la fusillade au gala de la Maison-Blanche

Moins d’une heure après les tirs lors du gala des correspondants de la Maison-Blanche, où se trouvait Donald Trump, les théories les plus fumeuses ont envahi les réseaux sociaux. La théorie la plus partagée sur X, Facebook et TikTok affirmait que tout avait été “mis en scène” par Trump lui-même, prétendument pour détourner l’attention de mauvais sondages ou de la guerre avec l’Iran qui n’en finit pas. Rien que sur X, plus de 300.000 messages contenant le terme “staged” ont été publiés dans la foulée.

Certains comptes sur les réseaux sociaux ont accusé — sans aucune preuve — des groupes israéliens de tirer les ficelles de l’attaque, parfois en s’appuyant sur des images manifestement manipulées par l’IA. La chaîne internationale russe d’information en continu RT, financée par le Kremlin, a aussi activement contribué à amplifier toutes sortes de théories farfelues.

L’une des rumeurs les plus diffusées affirmait que l’assaillant avait été abattu sur place, alors qu’il a en réalité été arrêté vivant, et des images le montrent clairement allongé au sol, dévêtu. Même lorsque des correctifs ont été publiés, ils n’ont obtenu qu’une fraction des vues accumulées par les théories complotistes, visionnées parfois par des millions d’utilisateurs.

N’importe quelle eau au moulin

Les complotistes ont brandi comme preuve tout ce qui pouvait sembler bizarre à première vue. Ils citent par exemple l’interruption de la liaison téléphonique de la correspondante de Fox News, Aishah Hasnie, alors qu’elle se trouvait dans la salle de bal. Selon eux, la chaîne a tenté délibérément d’étouffer son récit. Le fait que la journaliste ait ensuite expliqué que le réseau était très mauvais dans la salle n’entre guère en ligne de compte.

D’anciennes théories du complot ont également été ravivées: de nombreux comptes influents continuent d’affirmer que l’attentat précédent contre Trump en Pennsylvanie, deux ans plus tôt, avait lui aussi été mis en scène, bien que des balles perdues y aient tué deux personnes.

Des théories rentables

Ces narratifs complotistes et volontiers mensongers constituent en fait un business, qui peut s’avérer fort rentable. Sur X, Facebook et TikTok, des influenceurs coutumiers du fait exploitent les zones d’incertitude pour attirer des abonnés et surtout générer des revenus publicitaires. Ils s’appuient souvent sur des images manipulées par l’IA, présentées comme des preuves et qui génèrent encore plus d’interactions, que les gens y croient ou non.

S’y ajoute évidemment une dimension psychologique: beaucoup de gens qui cherchent des informations en ligne recherchent en fait celles qui confirmeront leur propre vision du monde. “Chercher la vérité et vérifier les faits demande du temps”, insiste Amanda Crawford, spécialiste des médias à l’Université du Connecticut, dans The New York Times. “Mais le public n’a pas cette patience, et l’on voit ainsi apparaître immédiatement des récits qui disent aux gens ce qu’ils veulent entendre et exploitent habilement leurs préjugés pour assurer leur diffusion.”

Des spécialistes américains pointent aussi du doigt Trump en personne. Le président s’est empressé d’instrumentaliser l’incident pour soutenir son propre agenda — en l’occurrence son souhait de construire une nouvelle salle de bal à la Maison-Blanche, à la sécurité améliorée. Une partie de ses partisans a aussitôt repris cet argument.

Un choix de mots étrange

Une remarque de la porte-parole Karoline Leavitt, qui a également déclaré que “les coups” allaient “pleuvoir” en amont de la soirée, a également été présentée comme une preuve que l’attentat était planifié. Mais l’expression est courante en anglais, et elle voulait vraisemblablement dire que le président serait virulent dans son discours, face à une salle remplie de journalistes. Un discours qu’il n’a pas eu le temps de prononcer, et c’est le choix des mots de Karoline Leavitt qui a été retenu.

Selon les experts en sécurité, unanimes après coup, le dispositif a parfaitement fonctionné, notamment grâce au positionnement tactique des agents, certains déguisés en serveurs. L’assaillant n’est jamais parvenu à entrer dans la salle. Mais la sécurité de l’hôtel en amont ne semble avoir absolument rien détecté, si l’on en croit les écrits du tireur lui-même.

Ce que l’on sait

Le soir du 25 avril, Cole Tomas Allen, un homme de 31 ans originaire de Torrance, en Californie, a franchi en courant le périmètre extérieur de sécurité de l’hôtel. La sécurité est intervenue presque immédiatement. Il n’a jamais atteint la salle de bal. Le président Trump, la First Lady Melania et le vice-président JD Vance ont été rapidement mis en sécurité et n’ont pas été blessés. Un agent a été touché, mais portait un gilet pare-balles et se porte bien. Allen s’était enregistré à l’hôtel un ou deux jours avant le gala et avait réussi à y introduire un fusil de chasse, une arme de poing et des couteaux. Il avait voyagé en train depuis Los Angeles, via Chicago, jusqu’à Washington. Il a laissé un manifeste d’environ mille mots. Ses principales cibles étaient des responsables gouvernementaux, dont le directeur du FBI, Kash Patel. Il n’a pas mentionné Trump nommément – il parlait d’un “traître” et d’un “pédophile”. Son texte insiste également sur sa volonté d’épargner les clients ordinaires et le personnel de l’hôtel. Les agents, selon le manifeste, n’étaient des cibles “qu’en cas de nécessité”. Allen est notamment poursuivi pour usage d’une arme à feu lors d’un crime violent et pour avoir agressé un agent fédéral.

Source: https://www.7sur7.be/