Accords d’Alger controversés, consensus politique dilué, partis politiques discrédités et le changement, dans la gestion des affaires publiques, réclamé par des « Manifestards pour la démocratie », qui voient, chaque jour leurs rangs grossir par des opposants au régime…
A dix mois des présidentielles, les Fronts politique et social se réveillent, brutalement, de leur torpeur. L’état de grâce du Généralus léopardis semble avoir pris un sérieux coup de vieux.
On ne soutient pas un leader politique « moutonnement ». Ce n’est pas parce qu’il vous promet un poste ministériel, qu’il faut applaudir ses faiblesses. Ce n’est pas parce qu’il verse quelques liasses dans votre escarcelle, qu’il faut tolérer ses fantasmes.
Face à une certaine politique de démission de nos gouvernants, qui hypothèque l’avenir de notre pays, doit –on élever la voix et encourir la colère des « dieux » qui nous gouvernent ?
Face à la gabegie et l’affairisme de nos « princes », doit –on s’emmurer dans un silence pour éviter les foudres de leur colère ?
Heureux sont ceux qui se posent, encore, ces questions. Car, il y a longtemps que le sauve –qui -peut a gagné les consciences. Il y a longtemps qu’on ne se pose plus ces questions. Chacun pour soi, dieu pour tous !
Mais on peut se poser, en toute logique, certaines questions, si on évite de répondre à d’autres : quel est l’avenir de nos enfants, quand celui de notre peuple est hypothéqué ? Nos enfants, pris individuellement, ont –ils la sécurité et le confort garantis avec ce que nous leur laissons comme biens, quand la horde des « sans –abris », des « sans –emploi », des affamés et des « sans avenir » se dressera pour réclamer son avenir, avec les armes de la haine ?
Quel est l’avenir de nos enfant, quand le silence et la complicité de leurs parents, face à la gabegie ambiante, ont anéanti l’avenir des enfants des « sans –avenir » ? Aucun ! Car, vivre auprès des « sans –avenir », c’est ne plus avoir un avenir.
Les succès d’aujourd’hui ne sont pas ceux de demain : ils ne garantissent pas l’avenir
D’un côté, le régime inscrit, au rôle de ses priorités, la lutte contre la corruption et la délinquance financière ; de l’autre, il reste de marbre, face aux rapports d’enquête, élaborés par le Bureau du Vérificateur et autres structures de contrôle de l’Administration, sur les détournements de fonds publics. Rapports classés, curieusement, sans suite.
Où en est –on avec l’affaire des Exos, dont la révision du procès a été réclamée par le chef de l’Etat en personne ? Une affaire qui a fait perdre à l’Etat plus de 5 milliards de nos francs. Où en est –on avec le coulage des hydrocarbures, qui a fait perdre au Trésor public, près de 3 milliards CFA ? Sur ce plan, le peuple malien ne se fait plus d’illusions ; convaincu qu’il est, que le pouvoir a, déjà, brûlé ses ailes à la flamme de deux langages : ordonner des enquêtes sur les fossoyeurs de notre économie, tout en les maintenant à leur poste.
Le cas de la Douane, en est la parfaite illustration. Ses déficits, au premier semestre 2006, sont estimés à 35 milliards CFA. Celui du mois de juin dernier se chiffre à 11 milliards CFA.
Pourtant, le colonel Cheick Keita, reconnu par tous, comme l’auteur de cette « agonie financière » est maintenu à son poste. Mieux, le pouvoir vient de lui renouveler son soutien, en lui accordant un « nouveau mandat de 20 ans » à la tête de la Douane.
Un leader politique quel qu’il soit n’est pas un génie, encore moins, un dieu infaillible. Le pouvoir rend fou. C’est connu et admis. Et il revient à ses proches de le délivrer de cette folie.
Les grands leaders politiques, les vrais, évitent d’afficher un quelconque mépris pour leur peuple. Ils sont attentifs à sa souveraineté, à ses choix.
Les victoires d’hier et les succès d’aujourd’hui ne sont pas ceux de demain ; car s’ils témoignent du passé, ils ne garantissent point l’avenir. L’avenir est à conquérir sans cesse ! Alors, vigilance !