Tombouctou : Le courroux de la Jeunesse

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La boite de nuit
La boite de nuit "Le Kaleme" mis à sac par des jeunes manifestants. Crédit photo : @Malick Konaté

Il était environ 9h 30 en ce samedi 24 février, quand, plusieurs groupes de jeunes dispersés à travers la ville de Tombouctou ont pris d’assaut la dizaine de Bars et de magasins de dépôt de boissons alcoolisées. Ils ont tout saccagé et brûlé.

L’opération punitive n’a heureusement pas occasionné mort d’homme, mais les dégâts matériels sont évalués à plusieurs millions de nos francs.

Tout est parti du quartier Hamabangou, puis Abaradjou et Saraikaina. Bars et maquis détruits, casiers d’alcool incendiés, lieux de vente saccagés.

Ce sont des jeunes en colère qui ont traversé la ville par petits groupes de 20 à 30, plus d’une centaine sur certains lieux, pour détruire les sites de consommation d’alcool.

Le mouvement a ensuite débordé dans d’autres quartiers de la ville.

Ces actes de vandalisme sont une réaction contre la vente d’alcool en sachets, cédés à bas prix, y compris à de jeunes enfants, explique Alassane Yattara, chef du quartier d’Hamabangou : « Un enfant de dis ans, s’il prend de l’alcool ça ne va pas. C’est ça qui a déclenché la colère des jeunes. Vraiment, c’est ça. Ils ont déclaré ça au niveau des autorités. Ils n’ont rien fait, donc c’est la raison pour laquelle ils ont fait ça. Les sachets d’alcool c’est mauvais pour la santé et leur éducation ».

Une version confirmée par des témoins de la manifestation dont A Touré un jeune enseignant. ‘’Ici à Tombouctou, nous n’avons rien contre les vendeurs d’alcool. D’ailleurs, la ville en a toujours abrités. La mal est que de nos jours, même le centre ville est envahi par les bars dont certains vendent des boissons frelatées ou encore ces sachets d’alcool très fort cédés à seulement 100 fcfa (cent francs cfa).

Du coup, nombre de jeunes de tous les âges en boivent. Conséquences : ici à Tombouctou, la délinquance gagne du terrain et aujourd’hui, nous assistons à de nombreux cas de vols d’engins à deux roues, de voitures et même de violence. Ce sont des choses qui n’arrivaient jamais dans cette ville’’.

Malick Camara

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