Interdiction de la marche de l’opposition a Bamako : Etat d’urgence, la Loi, oui ; mais toute la loi et tous égaux devant elle

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Les Maliens de France (photo archives)

Quelle injustice dans une république ballottée entre deux poids et deux mesures ! Quand la majorité présidentielle galvanise des foules dans les villes sous un soleil de plomb pour applaudir le chef de l’Etat, M. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) ou le premier ministre M. Soumeylou Boubèye Maïga, l’état d’urgence n’est pas de rigueur, il est mis entre parenthèse et rangé dans le tiroir. Quand l’opposition initie une marche pacifique, l’état d’urgence est rappelé comme étant en vigueur et brandit comme une « loi » à laquelle « force doit rester ». La manigance arbitraire est cousue de fil blanc puis instrumentalisée selon le bon vouloir du prince ! La loi, oui ; mais toute la loi et tous égaux devant elle.

DEUX POIDS, DEUX MESURES

Le président de la république, M. Ibrahim Boubacar Keïta et le premier ministre M. Soumeylou Boubèye Maïga font mobiliser des foules par les partis politiques de la majorité présidentielle, parfois font fermer des écoles pour faire sortir  des élèves afin qu’ils servent d’applaudimètres au bord des routes pendant le passage de leur cortège à Bamako, dans les capitales régionales et les recoins du pays pendant que l’état d’urgence est en vigueur. Bain de foule pour IBK à Ségou et récemment au Mandé en dit long.

Avant lui, bain de foule pour le premier ministre Soumeylou B. Maïga à Mopti et dans les régions du nord du Mali l’atteste davantage. Dans la foulée, lorsque l’opposition et la société civile initient une marche pacifique, comme à l’accoutumée pendant la révision constitutionnelle bâclée, la réponse du gouverneur du District de Bamako, dictée par le gouvernement de Soumeylou Boubèye Maïga avec la bénédiction d’IBK tombe tel un couperet : interdiction à cause de l’état d’urgence en vigueur. D’une part, il y a deux poids et deux mesures créant manifestement une injustice insupportable. D’autre part, il y a de l’arbitraire inacceptable car  portant atteinte aux libertés fondamentales chèrement conquises au prix du sang des martyrs de mars 1991 : liberté d’expression,  droit de se réunir et de manifester.

MALIENS DE FRANCE POUR DES ELECTIONS TRANSPARENTES

De Bamako à Paris, d’une marche pacifique pour exiger des élections transparentes, la sécurité et la paix on en vient à une marche pour le droit de résistance à l’oppression.  Hier à Bamako, coups de gaz lacrymogène, répression sanglante et aveugle, plus d’une dizaine de blessés, telles sont les conséquences de l’interdiction de la marche pacifique initiée pour exiger des élections propres au-dessus de tout soupçon de fraude électorale. La tyrannie de retour au Mali… ? Un pays déjà miné par l’insécurité, la corruption, l’injustice, le népotisme et des affrontements intertribaux (bambaras et peuls,  dogons et peuls, peuls et touaregs….).

La diaspora malienne de France, toujours aux avant-postes a tenu au même moment une marche à Paris pour soutenir la revendication d’élections propres et acceptables par tous, le retour de la sécurité et la paix entre Maliens. Ainsi des centaines de manifestants  ont  battu le pavé à Paris, du métro Duroc à l’ambassade du Mali en France avec des slogans martelant, « sursaut patriotique »,  « élections transparentes!», « libération de l’ORTM de la servitude », « ensemble sauvons le Mali ». Même si comparaison n’est pas raison, soit dit en passant, la France jusqu’à présent sous le joug de menaces terroristes et qui est sous le coup d’une loi antiterroriste depuis 2017, autorise à merveille les manifestations. Ils se sont mobilisés à l’unisson, des partis politiques, des associations, et simples citoyens engagés pour la cause de la patrie en danger.

L’AMBASSADEUR EST ABONNE ABSENT

Arrivés aux abords de l’ambassade du Mali quadrillée par les forces de l’ordre mais très courtoises, le coordinateur de la Coalition pour l’Alternance au Mali (CAM-France) M. Ali Diallo, a pris la parole pour informer l’assistance que malgré ses prises de contact avec l’ambassade et le courrier envoyé à l’attention de l’ambassadeur, M. Toumani Djimé Diallo, ce dernier n’a donné aucune réponse pour recevoir la motion à adresser aux plus hautes autorités du Mali. Seul, le consul général a répondu au courrier, ajoute t-il. Chauffés à blanc, certains manifestants ont dénoncé et fustigé cette attitude de l’ambassadeur  dès lors qu’ils ont manifesté légalement et légitimement. Cette séquence de la manifestation a suscité beaucoup de cris de protestation et d’indignation. « Il (ndlr : ambassadeur) est  là pour nous, pour transmettre nos doléances à Bamako, pourquoi refuse t-il de nous recevoir ? s’exclame un manifestant. Le service d’ordre a réussi à calmer la tension qui montait….

Ensuite les différents responsables politiques et associatifs ont tour à tour pris la parole pour d’abord décrier l’attitude de l’ambassadeur qui, contrairement à ses prédécesseurs, a manifesté « une attitude de mépris » à l’endroit des Maliens de sa juridiction. Puis ils ont exprimé leur solidarité à l’endroit de ceux et celles des manifestants blessés à Bamako, environ deux heures plutôt avant la manifestation de Paris. Enfin ils ont lancé un appel aux militants, aux simples citoyens de rester mobilisés face aux « provocations » du régime IBK de veiller jusqu’à ce que les futures élections soient transparentes, crédibles et enfin que l’ORTM devienne la télévision du peuple malien et non celle d’une poignée de dirigeants. La manifestation a pris fin vers 18 heures dans le calme comme par le passé.

Bakary TRAORE

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1 commentaire

  1. Le Mali,! Le Mali! Le Mali! un pays bizarre et très bizarre, quand IBK se déplace pour sa campagne, à Ségou, Sikasso, et autres localités, il n’y a pas état d’urgence pour lui et ses hommes, mais quand l’opposition organise une marche pacifique, IBK est ses hommes parlent d’état d’urgence, on est dans quelle République? C’est dommage et très dommage de voir que les citoyens n’ont pas les mêmes droits dans ce pays, cela s’appelle injustice et favoritisme. Et c’est ceux-là qui tuent ce pays et désoriente nos enfants et détruisent la postérité de notre très cher Mali. Il est temps et grand temps que nos faux politiciens du genre IBK et ses hommes sachent et chaque bêtise a une fin et ces injustices et favoritismes sont entrain d’atteindre leurs fins sans équivoque. Quel comportement éhonté de la part de ces hommes d’IBK et IBK lui-même? Quelle ignominie de la part de ces maliens qui se croient supérieurs aux autres maliens? Nous sommes sidérés par leurs agissements inconscients et insouciants. Prenez conscience de vos agissements avant le carnage, nous sommes aujourd’hui les vrais avatars du mandé qui était caractérisé par la bravoure, la dignité, la dextérité, la gloire, la témérité, le partage, l’altruisme, la compassion face aux autres, et la pitié face aux autres se trouvant dans des conditions difficiles. Si ces vertus ne sont observées d’ici quelques années nous tomberons dans une situation irréversible atteignant la phase de la Somalie actuelle, car il y a encore quelques grands hommes totalement ignorés en se focalisant sur les joueurs de cinémas et de fourberies. IBK et ses hommes nous rappelle les “animaux malades de la peste de Jean de la Fontaine du 18ième siècle” où les mangeurs d’hommes sont fortement défendus et considérés comme les faiseurs de biens et les autres animaux inoffensifs sont traités comme les faiseurs du mal. IBK et ses hommes sont atteints de schizophrénie, pour les mettre sur le chemin de la vérité, il faudrait une grande partie de violence.

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