5 ans de Transition du Président Assimi Goïta : Le ministre Kassogué évoque d’importantes innovations et d’ambitieuses perspectives

Le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme et celui de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, étaient côte à côte pour présenter les avancées réalisées ces cinq dernières années sous l’impulsion du Général d’Armée Assimi Goïta.

7 Juillet 2026 - 11:42
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5 ans de Transition du Président Assimi Goïta :  Le ministre Kassogué évoque d’importantes innovations et d’ambitieuses perspectives

 La salle de presse du Centre international des conférences de Bamako remplie de plusieurs personnalités de la République était suspendue aux lèvres des ministres Mamoudou Kassogué et Yaya Gologo, le jeudi 2 juillet 2026.  

À la fin de leurs présentations des reformes menées, des nombreuses réalisations, des  notables acquis et des perspectives ambitieuses les deux ministres ont été longuement ovationnés par l’auditoire.  Au cours des cinq dernières années, a déclaré le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, son département a procédé à des réformes institutionnelles majeures. Ce qui s’est traduit par la modernisation de l'appareil judiciaire, des recrutements massifs de personnels, le renforcement de la lutte contre la corruption, l’amélioration des infrastructures et projets structurants.

S’y ajoute la transformation profonde du système judiciaire malien réalisée par le département. Ainsi, selon les chiffres communiqués, neuf nouvelles structures ont été créées et rendues opérationnelles, tandis qu'une dixième est en cours de mise en place. Afin de moderniser le cadre juridique et institutionnel de la justice, plus d'une trentaine de textes législatifs et réglementaires ont été adoptés.

Recrutements massifs entre 2022 et 2025

Le renforcement des ressources humaines constitue l'un des volets majeurs de cette réforme. La preuve, entre 2022 et 2025, ont été recrutés 456 auditeurs de justice, soit un effectif presque équivalent au nombre actuel de magistrats en activité estimé à 498. À cela s'ajoutent le recrutement de 240 greffiers en chef, représentant près de la moitié des effectifs existants, ainsi que celui de 125 fonctionnaires de l'administration pénitentiaire. Deux cents recrutements sont également en cours, ce qui porte l'effectif total attendu à 325 agents. Le département a également procédé au recrutement de 34 avocats stagiaires, créé 75 nouvelles charges d'huissiers-commissaires de justice et engagé la création de 30 offices de notaires.

 Un Pôle judiciaire foncier

Parmi les principales innovations institutionnelles, figurent la Création du Pôle National Economique et Financier, la Création du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, la Création de l'Agence de recouvrement et de gestion des avoirs saisis ou confisqués, la Création du Parquet spécialisé chargé de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, ainsi que la Création de la Direction nationale des Droits de l'Homme.

Le ministère de la Justice a également Restructuré plusieurs services, avec la Création de la Direction Générale de l'Administration Pénitentiaire, de l'École Nationale de l'Administration Pénitentiaire et de l'Education Surveillée, de la Direction nationale de la Protection Judiciaire des Enfants et d'une Cellule de Communication. Un Pôle Judiciaire Foncier est également en cours de Création.

Sur le Plan normatif, les autorités mettent en avant l'adoption du Nouveau Code Pénal, du nouveau Code de Procédure Pénale, la relecture du Statut de la Magistrature ainsi que plusieurs lois organiques concernant notamment la Cour Suprême, la Cour des Comptes, le Conseil Supérieur de la Magistrature et la Cour Administrative d'Appel.

Le Garde des Sceaux a aussi souligné que les réformes commencent à produire des résultats concrets, notamment dans la Lutte contre la Délinquance Economique et Financière. Il a affirmé que plus de 400 milliards de francs CFA de fonds, détournés ou illicitement acquis, ont été recouvrés au profit du Trésor public. Une première depuis l'indépendance du Mali ! Un Compte Spécial dénommé « Fonds Spécial de Lutte contre la Corruption et la Délinquance Economique et Financière » a également été ouvert afin de centraliser les sommes recouvrées.

Par ailleurs, il a annoncé que tous les procès considérés comme emblématiques ont été organisés, estimant que la Lutte contre l'impunité est désormais entrée dans une nouvelle phase.

Le ministère met également en avant plusieurs innovations destinées à Améliorer le Fonctionnement des Juridictions. Les Chambres Criminelles sont désormais opérationnelles au sein des Tribunaux de Grande Instance, remplaçant progressivement les  Cours d'assises. La Collégialité des formations de jugement est progressivement généralisée et l'échevinage dans les Tribunaux de Commerce a été supprimé au profit de formations composées exclusivement de magistrats professionnels.

A en croire le ministre Kassogué, la Transformation Numérique constitue également une priorité. Le département annonce la finalisation prochaine de la Délivrance numérique du Casier Judiciaire et du Certificat de Nationalité ainsi que le Développement d'un Logiciel de Gestion des Dossiers Judiciaires destiné à Dématérialiser les procédures.

Le bilan fait également ressortir d'importants investissements  matériels. Une nouvelle Maison des Avocats a été construite à Bamako, une Maison de Justice est opérationnelle à Mopti et une autre est en cours d'achèvement à Kayes. Une Maison d'Arrêt de plus de 2 000 places a été réalisée à Kénioroba. L'Institut National de Formation Judiciaire a bénéficié de nouvelles infrastructures comprenant un Amphithéâtre multifonctionnel de 600 places équipé de dispositif de Visioconférence, une Cité d'hébergement de 50 places, une Cantine de 100 places ainsi qu'une Bibliothèque pouvant accueillir 120 usagers.

Le ministère poursuit également l'Amélioration des Conditions de Détention avec l'installation progressive de Systèmes Solaires dans les juridictions et les établissements pénitentiaires. Six Tribunaux de Grande Instance de Bamako et onze Services Centraux sont déjà équipés. Trente-sept forages ont également été réalisés dans les Maisons d'arrêt sur les 71 prévues.

Le département met aussi l'accent sur le Renforcement de la Gouvernance et de la Transparence. Au cours des cinq dernières années, 237 missions d'inspection ont été réalisées pour contrôler le fonctionnement des services judiciaires, tandis que plus de 50 Lettres circulaires ont été adressées aux autorités administratives et judiciaires afin de lutter contre les dysfonctionnements. La ligne verte gratuite «Binkani Kunafoni» a enregistré 599 appels relatifs aux dénonciations d'abus. Le ministère a également publié quatre Rapports annuels d'activités des juridictions, quatre numéros du Magazine de la Justice et organisé quatre éditions de la Semaine de la Justice, la cinquième étant actuellement en préparation.

Des réformes qui se poursuivent

Le ministère entend poursuivre cette dynamique avec plusieurs projets structurants. Parmi les principales priorités figurent l'adoption du Programme décennal de développement du secteur de la Justice 2026-2035, la généralisation de la Plateforme e-Justice sur l'ensemble du territoire, l'adoption de la première Politique Nationale Pénitentiaire, d'une Stratégie Genre ainsi que d'une Stratégie Nationale de Protection Judiciaire des Enfants. Le département  prévoit également la création d'une Imprimerie de la Justice destinée à sécuriser la fabrication des Sceaux Officiels, l'opérationnalisation du futur Pôle Judiciaire Foncier, l'expérimentation du Bracelet Electronique comme Alternative à l'Emprisonnement, le Renforcement des Cours d'appel de Ségou, Sikasso et Gao ainsi que la Mise en œuvre effective du Juge de l'Application des Peines.

À travers ces réformes, le ministère affirme vouloir bâtir une justice plus moderne, plus efficace et davantage accessible aux citoyens. Il souligne enfin que, selon des enquêtes d'opinion citées par le département, la confiance des citoyens envers la justice serait passée d'environ 30 % il y a cinq ans à près de 75 % aujourd'hui.

Du côté du ministère Ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, le ministre Gologo a expliqué au public, les réalisations de son département. A l’en croire, son département travaille de concert avec tous les ministères engagés dans les reformes.  

Drissa Togola