Pour sortir le pays de la crise … Une assise des Maliens pour sauver le pays ?
De plus en plus de voix s’élèvent pour appeler à de nouvelles assises nationales, non de la refondation, mais de définition des axes majeurs du processus de sortie de crise.
Recadrer la Transition ou remettre le compteur à zéro ? L’ancien Premier ministre Modibo Sidibé vient d’appeler les hautes autorités à faire asseoir les Maliens, recueillir leurs propositions pour une sortie de crise concertée et participative.
Pour l’ancien Premier ministre sous le président ATT, non moins ancien président du parti Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (FARE Anka Wiuli) la résolution de la grave crise multidimensionnelle que traverse le Mali, depuis plusieurs années, exige que l’on se départisse des contingences politiques, pour consulter le peuple souverain. Non pas par référendum, mais par de vastes assises nationales de concertations et d’écoute.
Pour ce grand commis de l’Etat, bien introduit dans les questions sécuritaires, Contrôleur Général de police à la retraite et spécialiste aguerri en criminologie, il n’est pas question de préconiser des directives politiciennes pour régler la crise malienne. «Tout le monde parle d’union, de sursaut… cela doit venir d’une consultation du peuple », a-t-il laissé entendre. Avant d’ajouter que les Maliens doivent se regarder droit dans les yeux et se parler franchement. « Nous devons tous parler Mali, définir la voie du Mali, écouter la voie du Mali ».
Car, aujourd’hui, le pays éprouve d’énormes difficultés et tout le monde doit abandonner sa calculette, pour calculer Mali… « On est coincé, le pays est coincé. On ne peut sortir de cette situation, tant que le peuple et ses dirigeants ne s’accordent pas sur le chemin à suivre. « Il faut s’entendre sur les axes majeurs de pacification et de sécurisation du pays ». Ceci, afin que tous les Maliens puissent évoquer les pistes de solution pertinentes à soumettre aux gouvernants, dans une assise nationale. « Il faut une entente nationale pour faire face aux difficultés du moment. Il faut cette concertation nationale pour que chacun se donne des idées pour sortir de l’ornière. Si les autorités veulent agir selon leurs seules aspirations, cela ne semble pas marcher ».
En outre, parlant de l’évolution de la Transition, il dira que le vrai objectif de la Transition c’est la refondation. « Les gens pensent que c’est la Transition seule qui peut enclencher la refondation, alors qu’elle doit simplement dégager la voie pour ce processus de renouveau. C’est cette assise inclusive qui peut définir la durée de cette phase de sortie de crise », a-t-il expliqué.
Pour Modibo Sidibé, il faut une implication des Maliens pour s’accorder sur l’agenda du pays, sur ses questions de développement
Il n’a pas manqué de souligner que les uns et les autres doivent penser le Mali dans sa globalité et sa diversité. « Que les dirigeants laissent leurs calculs personnels et travaillent pour l’intérêt exclusif du pays », a-t-il laissé entendre.
Il estime alors que la situation sécuritaire est très difficile en particulier dans le Mali profond
Pour lui, ce n’est plus une question de groupes ou d’organisations de Maliens, c’est l’affaire du pays, et « nous devons mettre le pays au -dessus de tout calcul partisan », a-t-il indiqué.
Cet appel intervient dans un contexte de défis multiples, dont la crise énergétique, avec la pénurie du carburant, la dissolution des partis politiques, la multiplication des attaques terroristes sur des axes routiers, les appels de certaines chancelleries en direction de leurs ressortissants pour quitter le Mali, etc. Quelle réaction les plus hautes autorités vont-elles avoir à propos de cet appel ? Quel écho les autres appels à négocier avec les terroristes aura auprès des autorités de la Transition ? Le Général Assimi Goïta et ses proches collaborateurs pourraient saisir ces balles au rebond, pour remodeler les orientations de la Transition ? Nul ne peut répondre avec certitude à ces questions. Mais, ce qui est sûr, c’est que le pays semble s’enliser dans la crise multidimensionnelle qu’il traverse depuis les années 2010. Et il urge que les forces vives du pays, en particulier les leaders religieux se saisissent de ces voix, pour agir et initier des mesures pour sauver, le plus rapidement, ce qui peut l’être.
Boubou SIDIBE/maliweb.net