Transition malienne : Comment décomplexer sa diplomatie ?

L’Etat malien, dans sa politique de défense de sa « souveraineté retrouvée », a créé trop d’adversités.

5 Nov 2025 - 19:08
7 Nov 2025 - 10:26
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Transition malienne : Comment décomplexer sa diplomatie ?

Comment réduire le climat d’hostilité à l’égard du Mali ? La question se pose avec acuité, eu égard aux relations de coopération assez tendues que le Mali entretient avec plusieurs de ses partenaires traditionnels.

 En effet, dans la foulée de la crise énergétique, doublée de la grave pénurie du carburant au Mali, certains pays partenaires boudent de plus en plus Bamako. C’est dans ce sens qu’après la rupture d’avec la France, ce sont les USA, l’Australie et d’autres puissances qui appellent leurs ressortissants à « quitter le territoire malien ». Un tel appel traduit le comble d’une tension diplomatique entre Bamako et ces Etats, qui entretenaient prudemment d’excellentes relations de coopération avec le Mali. Ces tensions et ruptures ne constituent-elles pas des motifs d’hostilité majeure pouvant susciter des manœuvres défavorables à la stabilité du Mali ? Rien n’est moins. Il appartient donc aux autorités de la Transition de travailler à décrisper ces relations devenues conflictuelles ou du moins lourdes de suspicions, voire de préjugés et de stéréotypes négatifs…

Par ailleurs, parmi les stratégies devant accélérer la sortie de crise au Mali, il y a nécessairement un recadrage diplomatique à opérer. Ceci, en vue d’améliorer l’image du pays dans le concert des nations. C’est dans ce sens que le chef de la diplomatie malienne doit travailler à réajuster la politique de son département, en étroite collaboration avec le chef de l’Etat.

Il s’agit par exemple de modérer le discours de réaffirmation de «l’indépendance retrouvée », comme c’est le cas au Sénégal. Car, la véritable souveraineté ne consiste pas à s’inscrire dans le discours de la réciprocité tous azimuts, mais à tenir compte des rapports de force et des influences dans les relations bilatérales. Ce qui pousse à se demander par exemple, si le Mali ne peut pas agir à préserver ses intérêts sans pointer du doigt accusateur tel ou tel partenaire de visées néocolonialistes ou d’exploitations en sa défaveur.

A titre d’exemple, l’Etat malien peut travailler à renégocier ses contrats miniers sans dénoncer publiquement des clauses léonines dans les exploitations minières menées par certains Etats ou sociétés « partenaires ».

En outre, il est regrettable que l’Etat malien soit en froid avec plusieurs de ses voisins, qui peuvent pourtant contribuer positivement à son processus de sortie de crise. C’est le cas du grand voisin algérien, avec lequel le Mali partage 1 400 kilomètres. Sans compter que le septentrion malien est abondamment approvisionné en différents produits de consommation venant d’Algérie et la porosité de cette frontière impose une géostratégique d’entente entre ces deux Etats. Bamako ne doit-il pas alors revoir sa diplomatie pour une paix des braves avec son voisin, qui a toujours joué un rôle non négligeable dans les processus de dialogue avec les ex-rebelles de son septentrion ? Rien n’est moins sûr.

Idem pour la Mauritanie et la Cote d’Ivoire avec lesquelles le Mali doit mener des actions en vue de revisiter ses relations de coopération bilatérales. Cela doit aider le pays à mieux défendre ses intérêts et accélérer sa marche vers une paix et une stabilité définitive. Car, l’on ne doit pas compter sur le projet confédéral de l’AES, pour envisager un climat de froid avec certains de ses voisins, dont l’influence demeure grande sur la donne sécuritaire et sur les transactions économiques.

 

Boubou SIDIBE/maliweb.net