Sécurité et protection des personnes et de leurs biens : Le ministre Salif Traoré à la recherche de la confiance perdue entre population et forces de sécurité

Régulièrement soupçonnées de rackets, abus de pouvoir et autres complicités avec les bandits, les forces de sécurité du Mali ne jouissent plus de la confiance de la population, qu’elles sont pourtant sensées protéger. Un climat qui impacte plus que négativement leur travail sur terrain.

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Salif Traoré
Le ministre de la sécurité et de la protection civile Salif Traoré

Pour briser cette glace, le nouveau ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Colonel Major Salif Traoré, a fait du rétablissement de la confiance entre population et forces de sécurité son sacerdoce. A travers une vision et une feuille de route, il entend redorer le blason de nos forces de sécurité.

Face à la presse, le mardi 17 novembre, il a exposé les grandes lignes de cette politique, qui va désormais permettre d’améliorer la sécurité et la quiétude dans le pays. Au cœur de celle-ci, la communication et l’information. D’où la mise en place au sein du département d’une Cellule de communication, qui dispose d’un centre avec des relais dans les commissariats et brigades afin de servir d’interlocuteur.

Pour relever ce défi, le ministre Traoré a invité tout le monde à un changement de comportement. «Après notre nomination, nous avons rencontré l’ensemble des chefs d’unités de police et de gendarmerie de Bamako et environs. Nous leur avons expliqué que les temps ont changé et que les forces de sécurité doivent le faire aussi» a affirmé le jeune ministre, qui entend imprimer sa marque sur la sécurité au Mali.

A la population, le ministre a demandé d’accepter souvent de perdre du temps pour réclamer ses droits. Parlant de la carte sécuritaire du pays, le ministre Colonel Major a reconnu qu’il y avait des difficultés de maillage du territoire. Mais, a-t-il expliqué, des actions sont en cours pour circonscrire les problèmes.

Concernant la situation des 185 policiers frappés par la suspension de leur salaire à l’issue du contrôle physique, Salif Traoré dira qu’il y aura des rappels pour tous ceux qui parviendront à fournir ur dossiers de réclamations.

Yaya Samaké

 

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2 COMMENTAIRES

  1. sankingba 19 nov 2015 at à 13:37
    En plaçant les forces de sécurité aux ordres d’exécution du ministre de la Sécurité, l’intention du gouvernement est que chef de ce département puisse coordonner au mieux leurs actions en vue de sécuriser le territoire national. Cette coordination était dévolue au ministre de l’Intérieur qui a dans ses attributions le maintien de l’ordre et de la tranquillité publique. A ce titre, les représentants administratifs, représentant le pouvoir centralisé de l’Etat, répondent au nom de tous les ministres de la République.
    Force est de reconnaitre, que depuis la création du ministère de la Sécurité, la discipline au sein de certaines corporations s’est étiolée du fait d’emprunt d’impunité au niveau d’autres qui ont un statut autre que celui de l’armée.
    Il est difficilement admissible qu’au niveau d’un même poste de contrôle où cohabitent gendarmes et policiers, douaniers et mairies que la gendarmerie réponde seule des forfaitures pendant que les policiers s’en tirent impunément à bon compte? N’est ce pas une pratique de deux poids deux mesures? La gendarmerie est régie par le règlement militaire en ce qui concerne son administration donc sus le joug du ministre en charge des Forces Armées. A cet titre elle est soumise aux règles de discipline militaire dans sa rigueur. Il en est de même pour la Grade Nationale qui avait d’ailleurs été proposée à être diluée au sein de la gendarmerie nationale depuis le temps du général Moussa TRAORE et de ATT qui avaient relégué le Défense Nationale (intégrité du territoire) au second plan par rapport à la Sécurité Intérieure pour la stabilisation sociale (mouvements contestataires du régime), la hantise d’une déstabilisation obligeant.
    Avec la crise au nord, la Garde Nationale est montée en puissance grâce à des faits d’arme qui l’honorent et qui ont forgé toute sa considération au plan Défense Nationale. Là également sont apparues des prétentions de la Garde qui y voyait l’occasion de sa substitution aux forces de Police (Police et Gendarmerie) dans les endroits les plus éloignés où seule elle a étendu sa toile. Pendant ce temps, les policiers démilitarisés expriment toujours une nostalgie du statut des militaires et même frustrés par cette volonté politique prise pour faire plaisir aux mouvements démocratiques qui y voyaient un instrument de répression et non celui de protection.
    L’Etat malien dans une quête d’équilibre entre les forces et au regard de tout ce qui précède, a estimé regroupé ces trois forces et la protection civile (ayant relevé de la gendarmerie dès sa création), sous la tutelle d’emploi d’un seul ministère. La police étant un corps syndiqué a pris plus de liberté disciplinaire et occupe une large part de considération au sein de ce département, d’où les difficultés de sa gestion si ce n’est par un militaire depuis sa création sauf au crépuscule du règne du pouvoir ATT.
    Le nouveau patron de la Sécurité doit se référer à cette historique pour mieux voir dans la gestion de son département. Certaines pratiques traditionnelles de la gendarmerie ont disparu du fait qu’elle a épousé des pratique à l’imitation de la Police ayant un commandement plus paternel et souvent corporatif avec une sensibilité syndicale en raison de son statut civil.
    Avant toute chose, le nouveau ministre doit repenser et faire du remodelage ses hommes une priorité pour le respect de l’étique et de la déontologie professionnelle. Ce n’est pas parce que le contrevenant donne que le policier doit être dédouané et dispensé de sanction. Généralement, le citoyen a peur de saisir la hiérarchie de la Police parce qu’il est incertain d’une suite idoine à ses attentes en cas de requête contre un policier.
    Que font les policiers et gendarmes pour avoir la confiance de la population? Rien. Au contraire le citoyen a toujours le sentiment que le policier est un brigand. Le ministre doit s’atteler à briser ce mur de méfiance et même de confiance.
    Sévir oui, mais Former en priorité!!!!.

    VIVE LA REPUBLIQUE
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