Ligne de force : Reconstruire l’armée, une urgence nationale

03 Sept 2012 - 00:37
Mis à jour: 14 ans
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Deux heures après la prise de Douentza, sans coup férir, par le MUJAO, l'armée malienne n'a toujours pas réagi. Confirmant ainsi l'allégation d'un correspondant de presse étranger selon laquelle "elle a décidé à ce stade de ne pas intervenir".

[caption id="attachment_56902" align="alignleft" width="310"] Saouti Labass Haïdara, Dirpub L'Indépendant[/caption]

Cette incapacité à faire face, avec la promptitude souhaitée, à l'ennemi, est révélatrice du degré de décomposition où elle se trouve.

Douentza est, en effet, le point de jonction entre le nord et le sud du pays. Dans la situation de partition de fait, qui prévaut actuellement, la localité constitue ce qu'on appelle dans le jargon militaire " la ligne de démarcation " à ne pas violer sous peine de s'attirer les foudres de la partie adverse. Or, non seulement le MUJAO a pénétré dans la localité pour neutraliser le groupe d'auto-défense qui s'y était formé mais il y a planté son drapeau et installé ses hommes. Ceux-ci étaient arrivés à bord de six ou dix pick-up, selon les sources. Ils devaient donc être une soixantaine ou une centaine. Aussi ne représentaient-ils  pas une force redoutable pour les troupes maliennes basées à Sévaré, à quelque 160 kilomètres plus au sud. Pourtant, aucune riposte n'est venue de là. A la limite, on pourrait évoquer une provocation qui n'a pas reçu la réponse appropriée.

Cinq mois après l'occupation du nord par les hordes rebelles, islamistes et terroristes, l'armée malienne continue à garder une posture attentiste. En application d'une recommandation de l'Accord-Cadre du 6 avril 2012, signé à Ouagadougou entre la CEDEAO et l'ex-CNRDRE, le gouvernement malien a mis en place, il y a deux mois, un comité militaire de réforme des forces de défense et de sécurité. En réalité, plus que de réformes, c'est d'une reconstruction dont lesdites forces ont besoin. Celle-ci passe par un renouvellement à la fois de la hiérarchie, qui a totalement failli à sa mission et s'est couverte de discrédit et des unités combattantes. L'effondrement rapide de celles-ci est à l'exacte mesure de la piètre formation au métier de la guerre et du manque criard d'engagement patriotique à elles prodigués.  Le soldat fait serment de défendre son pays et le drapeau national au péril de sa vie. Il ne fuit pas le combat en abandonnant son arme à l'ennemi.

C'est l'évidence que cette reconstruction de l'armée malienne ne se fera pas en quelques semaines ou quelques mois. Aux dires des spécialistes, elle pourrait s'étendre sur plusieurs années. Les chefs militaires, l'autorité politique, de nombreux dirigeants de partis et d'organisations de la société civile s'accordent pour dire que l'armée malienne doit tenir le rôle de tête de pont dans la reconquête du nord et que la force de la CEDEAO ne doit éventuellement intervenir qu'en appoint. Si tel doit être le cas, il faudrait redouter que cette reconquête ne soit placée dans une perspective relativement éloignée.

Ce qui ne sera pas sans risque pour la quiétude et la stabilité dans la partie sud du pays. En effet, les Maliens en général, les jeunes en particulier, sont impatients de voir leur pays réunifié. Cette impatience s'exprime déjà par la multiplication des groupes d'auto-défense,  des milices ethniques en réalité, qui veulent combler le vide créé par l'inaction des forces de défense régulières. A la longue, elle pourrait se traduire par une explosion de colère chez les populations elles-mêmes contre les autorités politiques et militaires, accusées de trainer le pied pour recouvrer les régions perdues au nord et rétablir la dignité nationale.

Face à ces incertitudes, reconstruire l'armée devient une urgence nationale.

 Saouti HAIDARA

  Depuis Dakar

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Commentaires (8)

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tiefary
tiefary 14 ans
les jeunes doivent se révolter et prendre leur destin en main sinon le mali s'effondrera avec leur avenir
Bourema KONE
Bourema KONE 14 ans
Le problème du Mali est bien connu, il s’agit du lâche coup d’état du 22 Mars 2012 et surtout la nomination de Cheick Oumar DIARRA comme premier Ministre et depuis les choses se sont empirées. Les Américains savent très bien qui sont le capitaine SANOGO et le Premier Ministre, tous deux sont friands de l’alcool et des fesses, voila pourquoi le mali s’effondre car leurs attitudes ne sont pas compatibles avec les religions maliennes. En cela il faut regretter le soutien de Mohamedou DICKO du HCI à ces deux farfelus. Tenez vous bien, Le capitaine SANOGO à été renvoyé du prytanée militaire pour insuffisance de niveau, le lieutenant KONARE a échoué à son brevet de para , quant à l'adjudant Seyba DIARRA il a été renvoyé du régiment para pour indiscipline, voila les trois soulards qui veulent diriger notre armée; Mais que non non et non .Mais dans les jours à venir la donne va changer car le Capitaine SANOGO sera poursuivi par la CPI
Falik
Falik 14 ans
il faut relativiser.Douentza etait entre les mains des islamiques depuis fort longtemps.il y venaient et en repartaient comme ils le voulaient.le fait majeur c'est le desarmement de la milice.or un état ne doit pas compter sur une milice.les donsons de Ouattara le prouvent a suffisance.
Gnangadou
Gnangadou 14 ans
Une revolition sinpose a la jenesse malien
aissa maiga
aissa maiga 14 ans
CHUUUTTTTT.....,le gouvernement reflchit.
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