Élections 2019 : Le Premier ministre admet les difficultés de respecter le calendrier

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SOUMEYLOU BOUBEYE MAIGA
Soumeylou Boubèye Maïga

C’est une question qu’on est en droit de se poser après le flou et la confusion ayant émaillé l’intervention du Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga, lors du conclave de l’alliance «Ensemble pour le Mali», avant-hier Samedi,  au Centre Régional de l’Energie Solaire (CRESj). Sous la présidence de BokaryTréta, président de ladite alliance et non moins président du parti présidentiel, il était question de réfléchir aux forces et faiblesses de la nouvelle Loi Electorale en vigueur et de proposer de modifications éventuelles.

Et le premier ministre de mettre les pieds dans le plat en laissant entendre que l’Exécutif se verra dans l’obligation d’opérer des retouches techniques sur la loi électorale, allusion faite aux contraintes de calendrier qui alourdissent le processus. «Nous ne pouvons pas attendre le référendum pour travailler sur la loi électorale…et sommes obligés d’avoir une charpente technique qui nous permette d’organiser les élections», a-t-il martelé, en relevant que beaucoup d’aspects du texte en vigueur ne sont pas tributaires de la constitution.

Parlant du chronogramme, le PM dira que «s’il est respecté comme souhaité en fin Avril, la cour constitutionnelle à deux mois pour valider les résultats». Sauf que le mandant des députés arrive à terme en fin juin et pour l’heure le gouvernement SBM ne serait pas dans la logique d’une nouvelle prolongation du mandat des députés.

Ainsi, pour avancer le PM préconise de voir dans la loi en vigueur «les modifications à apporter en tenant compte du contexte, des exigences et attentes».

Comme on le voit, le PM est d’accord qu’il lui manque du temps pour respecter le chronogramme électoral de 2019. Et «S’il n’y pas d’Assemblée Nationale, il n’y pas de référendum», a-t-il martelé, comme pour ne pas écarter d’ores et déjà une nouvelle prolongation de mandat des députés, une option qui n’est pour le moment pas sur la table a cause de la grogne qu’elle peut occasionner. Or «il faut une Assemblée pour adopter la loi référendaire afin d’aller vers un référendum», a admis le PM en appelant à la vigilance pour, dit-il, «ne pas tomber dans une situation de fragilité».

Somme toute, il parait clair que le gouvernement n’exclut pas un report des législatives afin de disposer du temps nécessaire pour la réorganisation du territoire, la révision de la constitution et celle de la loi électorale et remettre le pays sur les rails. Une option qui suppose une nouvelle prolongation du mandat de la 5e législature, qui, malheureusement, peut être porteuse de grogne populaire même s’il est prévu que le mandat des députés est renouvelable deux fois. Et le gouvernement, selon toute évidence, attend que les partis politique voire la société civile fasse un premier pas en lui proposant une nouvelle prolongation de mandat pour éviter d’engager sa propre responsabilité.

Par ailleurs, SBM a profité de l’occasion rare pour féliciter le président de l’Alliance, Bokary Tréta et la direction de l’EPM pour tous les efforts ayant abouti à un élargissement progressif du cadre de concertation et à une adhésion massive de l’ensemble des acteurs dans le processus. Le PM dira que c’était en parfaite complémentarité avec l’exécutif que Tréta a engagé ses démarches. Comme quoi, il partage avec Bokary Tréta le mérite de faire revenir de façon partielle le chef de file de l’opposition et plusieurs autres partis politiques dans le cadre de concertation.

 

Amidou Keita

 

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