Mali-Maroc : La relance du Conseil d’Affaires ouvre un nouveau chapitre économique stratégique

Le 1er juin 2026 à Bamako, le Conseil National du Patronat du Mali (CNPM) a officialisé la réactivation du Conseil d’Affaires Mali-Maroc, marquant ainsi une étape décisive dans le rapprochement économique entre les deux nations.

8 Juin 2026 - 02:05
 0
Mali-Maroc : La relance du Conseil d’Affaires ouvre un nouveau chapitre économique stratégique

Cette plateforme bilatérale, conçue comme un levier opérationnel, ambitionne de transformer la coopération existante en partenariats concrets, structurants et durables, dans un contexte régional où le renforcement des relations Sud-Sud apparaît plus que jamais comme une priorité stratégique.

Présentée dans un communiqué du CNPM, cette décision ne se limite pas à une simple reprise administrative. Elle traduit une volonté politique et économique partagée d’insuffler une nouvelle dynamique aux échanges entre le Mali et le Maroc, deux pays historiquement liés mais dont la coopération économique méritait d’être réorientée vers des projets à plus forte valeur ajoutée. L’objectif affiché est triple : promouvoir les investissements croisés, favoriser l’émergence de partenariats d’envergure et renforcer les liens directs entre les opérateurs économiques marocains et maliens, qu’ils soient de grands groupes, des PME ou des entrepreneurs individuels.

Conformément aux missions classiques dévolues aux conseils d’affaires, cette instance aura pour rôle d’animer les échanges transfrontaliers, d’organiser des missions économiques, de faciliter la mise en relation entre porteurs de projets et investisseurs, et d’assurer une fonction de médiation en cas de différends commerciaux. Elle devra également contribuer à lever les freins administratifs, réglementaires ou logistiques qui entravent encore trop souvent les initiatives bilatérales.

Pour piloter cette relance ambitieuse, le CNPM a procédé à la nomination de Sory Ibrahima Maïga en tant que coprésident pour la partie malienne. À ses côtés, Moncef Ziani exercera la même fonction pour le Maroc. Leur mission commune sera de redynamiser la plateforme, d’en définir les orientations stratégiques et d’assurer le suivi des engagements pris, dans un esprit de confiance et de transparence. Les autres membres du Conseil ainsi que leurs bureaux respectifs seront désignés dans les semaines à venir, en étroite concertation avec les organisations patronales partenaires des deux pays, et conformément aux principes de gouvernance établis pour cette instance.

Sur le plan sectoriel, le Conseil d’Affaires Mali-Maroc concentrera ses efforts sur des domaines identifiés comme prioritaires pour le développement mutuel. L’immobilier, en pleine expansion dans les grandes agglomérations maliennes et marocaines, figure en tête de liste, aux côtés de l’agriculture - un secteur clé pour la sécurité alimentaire et les exportations -, de l’énergie, où les besoins en électricité et en solutions renouvelables sont immenses, des infrastructures de transport et de logistique, et enfin des services (banque, assurance, technologies numériques). Dans chacun de ces domaines, la plateforme ambitionne de faire émerger des projets à fort impact économique et social, créateurs d’emplois et de valeur ajoutée locale.

Le CNPM a souligné que cette relance intervient à un moment charnière, alors que le Mali poursuit sa trajectoire de transition politique et économique, et que le Maroc affirme son rôle de hub régional et de partenaire privilégié sur le continent.

En conclusion de son communiqué, l’organisation patronale malienne a qualifié cette redynamisation «d’étape importante dans la consolidation du partenariat économique Mali-Maroc et dans la promotion d’une coopération structurée, orientée vers des résultats concrets et durables». Loin des déclarations d’intention, le Conseil d’Affaires se veut désormais un outil pragmatique au service des acteurs économiques, avec une exigence claire : celle de livrer des résultats mesurables.

M. SANOGO