Présidence de la République : Le Conseil Supérieur de l’Agriculture se fait attendre
Alors que les premières opérations de semis ont déjà débuté dans plusieurs localités du Mali, le Conseil supérieur de l’agriculture (CSA) ne s’est toujours pas réuni.
Cette situation suscite interrogations voire inquiétudes dans le monde rural, à un moment si crucial pour les préparatifs de la campagne agricole.
Instance annuelle placée sous l’autorité du Président de la République, qui en assure la présidence, le Conseil supérieur de l’agriculture constitue un rendez-vous majeur pour les producteurs maliens. C’est au cours de cette rencontre que sont généralement définies les grandes orientations de la campagne agricole, notamment les mesures d’accompagnement de l’État, les conditions d’accès aux intrants et surtout, les prix des principales productions agricoles.
Parmi les décisions les plus attendues figure la fixation du prix d’achat du coton graine. Dans les zones cotonnières, cette annonce est déterminante pour les exploitants agricoles qui doivent décider de l’étendue des superficies à ensemencer. Le niveau du prix influence directement les choix de production, les investissements des ménages ainsi que les perspectives pour l’année en cours.
La sensible question des intrants
Or, à l’entame du mois de juin, aucune communication officielle n’est encore faite. Les producteurs des zones cotonnières restent dans l’incertitude, alors que les préparatifs de la nouvelle campagne battent leur plein. Dans certaines régions, les premières pluies ont déjà permis le démarrage des semis. Dans d’autres, les agriculteurs attendent les pluies propices aux semis et les conclusions du Conseil afin d’ajuster leurs plans annuels. Cette incertitude ne concerne pas uniquement le coton. Elle touche également la question sensible des intrants agricoles. Engrais, semences améliorées et produits phytosanitaires demeurent des éléments essentiels à la réussite de la campagne. Pourtant, de nombreux producteurs ignorent encore les quantités réellement disponibles, les modalités de distribution ainsi que les prix qui leur seront appliqués. Déjà en juin, des agriculteurs estiment qu’un retard prolongé du Conseil supérieur de l’agriculture pourrait compliquer davantage la planification de leurs campagnes agricoles.