Fermeture de plusieurs agences de paiement D’EDM-SA : Les abonnés contraints à de longs déplacements
Plusieurs agences de paiement des factures d’énergie du Mali (EDM-SA) ont récemment fermé leurs portes dans certains quartiers de Bamako et de sa périphérie.
Cette situation oblige désormais de nombreux abonnés à parcourir plusieurs kilomètres pour régler leurs factures. En l’absence d’explications officielles, les usagers dénoncent une dégradation du service de proximité et réclament des clarifications.
Depuis quelques semaines, des agences de paiement des factures d’énergie du Mali (EDM-SA) ont cessé leurs activités dans plusieurs localités de Bamako et de ses environs, suscitant l’incompréhension et le mécontentement des usagers.
Parmi les structures concernées figurent notamment les agences de Kalaban-Coro et de Torokorobougou, qui ne reçoivent plus les abonnés pour les opérations de paiement. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, expliqué les raisons exactes de ces fermetures. Toutefois, des sources proches du dossier évoquent des difficultés de trésorerie qui auraient conduit à la suspension de certaines activités.
Pour les populations concernées, les conséquences sont immédiates. Les abonnés résidant à Tiébani, Kabala, Baco-Djicoroni, Torokorobougou et dans plusieurs autres quartiers doivent désormais se rendre jusqu’à l’agence de Badalabougou pour s’acquitter de leurs factures d’électricité.
Cette réorganisation entraîne des dépenses supplémentaires en transport, des pertes de temps et un afflux plus important à l’agence de Badalabougou, devenue l’un des principaux points de paiement pour une vaste zone de la capitale.
De nombreux abonnés dénoncent une décision qu’ils jugent incompréhensible. C’est le cas de Moussa Kéita, 61 ans, qui peine à accepter la fermeture de l’agence de proximité.
« Nous ne comprenons pas cette politique d’éloignement d’EDM-SA. Au moment où l’administration publique cherche à rapprocher les services des citoyens, EDM-SA semble s’éloigner de ses clients. Me déplacer chaque mois jusqu’à Badalabougou est difficile à mon âge. Si je ne paie pas ma facture à temps, ils viendront pourtant me couper l’électricité », déplore-t-il.
Approchée pour obtenir des explications, la mairie de Kalaban-coro affirme ne disposer d’aucune information officielle sur la fermeture de l’agence implantée sur son territoire. Selon ses responsables, elle a découvert la fermeture en même temps que les habitants.
Au-delà des désagréments liés aux déplacements, certains usagers craignent que ces fermetures ne traduisent une volonté d’orienter les clients vers les plateformes de paiement électronique. Une hypothèse qui ne fait pas l’unanimité.
« Si l’objectif est de contraindre les abonnés à payer leurs factures par téléphone ou via des plateformes numériques, EDM-SA doit savoir que des milliers de ses clients, notamment les personnes âgées, ne maîtrisent pas ces outils », estime Fatou Sanogo, rencontrée devant l’agence de Badalabougou.
Pour cette dernière, l’entreprise publique doit davantage communiquer avec ses abonnés. « Venir un matin et constater que les agences sont fermées, sans aucune explication, ce n’est pas une bonne manière de traiter les clients. EDM-SA doit des explications à ses abonnés », insiste-t-elle.
Cette situation intervient dans un contexte déjà marqué par de nombreuses difficultés pour EDM-SA, confrontée à des défis financiers et opérationnels. Entre les coupures récurrentes d’électricité, les retards dans certains services et désormais la fermeture de plusieurs points de paiement, les usagers s’interrogent sur la capacité de la société à maintenir un service de proximité.
En attendant une éventuelle réouverture des agences concernées ou une communication officielle de la direction d’EDM-SA, les abonnés continuent de subir les conséquences d’une décision dont les contours demeurent flous.
D.D.