ETUDE PROSPECTIVE MALI 2025: Le débat s’engage !

«Un Mali laïc, démocratique, stable avec des institutions solides respectant le pluralisme, les droits de l’homme et garantissant la solidarité et l’entraide », voilà un des points...

1 Août 2006 - 17:46
1 Août 2006 - 17:46
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«Un Mali laïc, démocratique, stable avec des institutions solides respectant le pluralisme, les droits de l’homme et garantissant la solidarité et l’entraide », voilà un des points importants de l’étude prospective du Mali à l’horizon 2025. Les travaux effectués entre 1996 et 1999 par «Cri 2002 » et le «Centre Djoliba » ont été approuvés par le gouvernement du Mali en 2000. Six ans après l’étude et 19 ans avant son échéance, quelle crédibilité peut-on avoir de la consistance de ce document ? Des intellectuelles ont passé au crible le document samedi au Centre Djoliba.
 
Ressusciter le débat autour de l’étude prospective Mali 2025 en cette période de veille des échéances électorales 2007, c’est l’objectif de la conférence débat à laquelle le Centre Djoliba et Cri 2002 avaient convié samedi les Maliens sur le thème : «Place et rôle de l’intellectuel dans une société démocratique acte II ». La conférence était animée par Mohamed DIALLO, coordinateur du PRECAGED et ex- coordinateur de ladite étude, avec comme modérateur Sékouba DIARRA, coordinateur du Cadre stratégique de la lutte contre la pauvreté (CSLP). Elle a enregistré la participation du Dr Abdoulaye SALL, le directeur du Centre Djoliba, Jean De dieu DACKOUO, le doyen Victor SY et plusieurs personnalités politiques et de la société civile.
Le président de «Cri 2002 » a souligné qu’après l’acte I qui a consisté à donner une définition à l’intellectuel, il s’agit à travers l’acte II de ressusciter le débat autour du document. L’objet de ces débats vise, selon lui, à informer les Maliens du contenu de ce document important afin de trouver des voies et moyens pour son application. Puisque les Maliens, dans leur presque totalité, ignorent le contenu du document. Il s’agit de faire en sorte que tout un chacun s’en approprie, a expliqué le Dr SALL.
Abordant dans le même sens, cette fois ci avec le contenu, Mohamed DIALLO dira que l’étude prospective vise à conjuguer sagesse, authenticité et dynamisme pour faire du Mali une nation prospère, performante et moderne…Ce précieux document, issu d’une étude sereinement menée, expose la perception des Maliens, leurs aspirations et exigences sur les pratiques politiques et économiques du pays. Aussi, pour le conférencier, l’étude prospective est-elle une réflexion critique et non une prédication simple pour l’action et le développement d’une nation. L’objectif recherché étant la construction d’une image positive du Mali à l’horizon 2025. Le coordinateur du CSLP, Sékouba DIARRA, a relevé que des difficultés demeurent certes, mais des avancées notoires ont été enregistrées pour la mise en œuvre de l’étude prospective.
De débats contradictoires qui ont suivi l’exposé du conférencier ont amené les uns et les autres à exprimer leur inquiétude face à la destination du bateau Mali. C’est dans ce contexte que Hamidou MAGASSA, qui a participé à l’élaboration du document, a estimé qu’il ne s’y reconnaisse plus. Pour lui, le CSLP est un non sens. Il ne s’agit que d’un concept, à la limite, «injurieux » inventé de toutes pièces par la BM et le FMI et qui a été inculqué dans la tête de nos dirigeants pour se narguer des peuples africains. «Parler de pauvreté avec les grandes potentialités dont nous disposons (3ème producteur d’or et de coton en Afrique, l’Office du Niger) n’est qu’une ingratitude à l’égard de Dieu. Le Mali et ses dirigeants en particulier manquent d’initiative. Or, tout plan de développement respectueux se doit être nourri d’ambitions, a-t-il martelé. « Nous vivons une période très critique dans notre pays », a enchaîné Abdoulaye Frédéric TRAORE. Pendant que la presque totalité des Maliens est en train de tirer le diable par la queue, une minorité vit dans l’opulence avec des milliards et en toute impunité, a-t-il ajouté. Les intellectuels ont été invités à jouer pleinement leur rôle pour un Mali prospère et uni.
Par Sidi DAO