Lassée par des rencontres stériles avec le ministre de l’administration territoriale : L’opposition quitte le cadre des concertations nationales

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Mardi, alors qu’une énième réunion du cadre de concertation avec le ministre de l’administration se tenait en présence des différents chefs de partis politiques du pays, l’opposition elle, claque la porte.

 

Le cadre de concertation nationale réunissant le ministre de l’administration et les chefs de partis politiques maliens a tenu mardi une réunion ordinaire. Censée réunir les acteurs politiques du pays à échanger sur la vie politique du pays, la réunion tourne à la division.

À l’ordre du jour, la loi électorale, la charte des partis, l’agenda des élections, chronogramme des élections etc.). Mais grosse surprise: l’opposition quitte le cadre et pose des conditions pour son éventuel retour.

 

Pour Djiguiba Keïta, il est clair que le gouvernement n’a jusqu’ici pas pris conscience de la situation sécuritaire du pays pour se permettre de parler d’une éventuelle tenue des élections communales et régionales. Avant d’ajouter que près d’un an après la signature de l’accord d’Alger II, «on ne voit rien de concret se dégager comme initiative rendant à la révision constitutionnelle prévue dans le document algérien.» c’est pourquoi, tranche-a-t-il en ces termes: «Les partis politiques de l’opposition républicaine et démocratique décident solennellement qu’à partir d’aujourd’hui, ils n’accepteront plus de s’associer à une quelconque concertation qui ne prend pas en compte les vrais problèmes politiques et institutionnels du pays.».

 

En dénonçant le retard lié aux engagements pris par le gouvernement pour le règlement des mesures institutionnelles et électorales, l’opposition enfonce le clou: Notamment, elle exige du gouvernement la résolution immédiate des questions relatives aux 900 000 cartes NINA qui, selon le Vérificateur Général, sont de trop et l’introduction de la biométrie dans le système électoral comme c’est le cas dans la plupart de nos pays voisins.

 

Pour la voir retourner au sein de ce cadre présidé par le ministre de l’administration territoriale, l’opposition conditionne le règlement clair des questions politiques, institutionnelles et électorales. Sinon, elle est hors-jeu.

 

Issiaka M Tamboura (maliweb.net)

 

DÉCLARATION DES PARTIS  POLITIQUES DE L’OPPOSITION RÉPUBLICAINE ET DEMOCRATIQUE

DEVANT LE CADRE DE CONCERTATION MINISTRE DE L’ADMIINISTRATION TERRITORIALE / PRESIDENTS DES PARTIS POLITIQUES.

 

Monsieur le Ministre,

L’ordre du jour de la réunion de ce mardi, 12 avril 2016, (loi électorale, charte des partis, agenda des élections, chronogramme des élections etc.) démontre éloquemment le refus de votre gouvernement de tirer les leçons des tentatives antérieures d’organiser les communales et les régionales en faisant fi de la situation sécuritaire générale du pays et des engagements pris par ce même gouvernement dans le cadre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.

Ce constat dénote la politique de fuite en avant qui caractérise l’action gouvernementale au Mali depuis deux ans et demi.

Et l’ordre du jour de cette réunion montre à suffisance l’incapacité du Gouvernement à avoir une vision d’ensemble des questions institutionnelles et électorales. 

Les partis politiques de l’opposition républicaine et démocratique décident solennellement qu’à partir d’aujourd’hui, ils n’accepteront plus de s’associer à une quelconque concertationqui ne prend pas en compte les vrais problèmes politiques et institutionnels du pays.

Dix mois après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, le gouvernement est toujours au stade de tâtonnement et de tergiversation là où  il a pris des engagements explicites pour:

– l’adoption de textes réglementaires, législatifs voire constitutionnels, 

– la révision de la loi électorale de manière à assurer la tenue d’élections au niveau local, régional et national permettant la mise en place et le fonctionnement du nouveau cadre institutionnel prévu par l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger (cf l’annexe 1).

Par ailleurs, les partis politiques de l’opposition républicaine et démocratique exigent: 

–   – la résolution immédiate des questions relatives aux 900 000 cartes NINA qui, selon le Vérificateur Général, sont de trop;

–  – l’introduction de la biométrie dans le système électoral comme c’est le cas dans la plupart de nos pays voisins.

 

 

En lieu et place d’une approche globale pour sortir le pays de l’immobilisme, nous assistons à de petits arrangements sur fond de calculs politiciens électoralistes.

En conséquence, nous vous annonçons, Monsieur le Ministre, que nous quittons le Cadre de concertation que vous présidez. Nous y reviendrons le jour où les questions institutionnelles, politiques et électorales seront mises à discussion dans une vision globale.

 

                                                                      Bamako, le 12 avril 2016

Pour les partis politiques de l’opposition républicaine et démocratique

                                                    Le Chef de file 

 

 

                                                Soumaila CISSE

                                   Grand officier de l’Ordre National

 

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