Le Parti Sadi à propos de la situation sociopolitique et économique au Mali

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«Cette impréparation et l’activisme de l’inaugurateur, les problèmes du Nord participent d’une tentative de plébiscite de l’actuel Président en cas de blocage des élections ou de risque de rébellion armée»

  Le Secrétaire général du parti Solidarité Africaine pourla Démocratie et l’Indépendance (SADI), Dr Oumar Mariko et Pr Rokia  Sanogo ont animé une conférence de presse le jeudi 29 décembre 2011 au siège dela Radio Kayira. Les échanges ont porté sur la situation politique, sociale et économique de 2011 au Mali et dans le monde. En toile de fond, les problèmes de l’école, la hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires, l’insécurité, le trafic de la drogue et des armes, le bradage des secteurs de souveraineté, la corruption des élites au pouvoir.

Dans la déclaration préliminaire, dont nous avons reçu une copie de sa version électronique, le parti SADI a évoqué les problèmes qui ont secoué le Mali et le reste du monde durant ces dernières années.

Ainsi, au plan international, SADI a rappelé le drame qui a frappé les peuples en quête de leur indépendance et de leur souveraineté en 2011. Cela avec son cortège de chaos et de sang, occasionnant les souffrances atroces, la régression sociale et économique, qui sont les produits directs des ingérences et des interventions militaires étrangères. A en croire cette Déclaration, ce sont les armées des puissances occidentales regroupées au sein de l’OTAN qui, sous le couvert de l’intervention humanitaire, mènent des agressions armées pour organiser le pillage systématique des ressources naturelles des peuples, afin de garantir la conquête de nouveaux marchés aux multinationales pétrolières, au capital industriel, bancaire et au complexe militaro-industriel.

Au plan national

Le parti Sadi reproche au président ATT de s’autoproclamer père de la Constitutionmalienne de 1992. «Le retour au pouvoir du chef de l’Etat de la Transition Amadou Toumani Touré qui se targue faussement d’être le Père de la Constitution du peuple de 1992, n’a fait que renforcer l’option libérale de M. Alpha Oumar Konaré», précisela Déclaration du parti.

Pour SADI, ATT, de 2002 à 2012 ne fait pas mieux que d’exceller dans la construction d’infrastructures tous azimuts, nécessitant d’énormes investissements non productifs. Sans pourtant se soucier de la situation des hommes, des femmes et des enfants. Peu importe aussi, la question cruciale de l’école, de la santé, la hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaire !

Le Parti du Dr Oumar Mariko a aussi fustigé l’insécurité qui est en train de gagner tout le pays. Il a estimé que pendant ce mandat du président ATT, le Mali est devenu une plaque tournante du trafic de la drogue dure et des armes. Le hic constaté par le parti, c’est le silence complice des autorités.

Le régime d’ATT a brillé aussi par le bradage des secteurs de souveraineté, après la cession des secteurs stratégiques du pays par le président  Alpha Oumar Konaré et l’ADEMA. Le parti SADI dénonce également la vente par le pouvoir en place et les partis de la majorité présidentielle des terres agricoles viables. Selon cette formation politique, ils ont livré le territoire à une bande de rebelles, à des armées étrangères et à AQMI.

Parlant de la situation économique, sociale, politique et culturelle, SADI trouve qu’elle est désastreuse, après 50 ans d’indépendance de notre pays. Pour l’illustrer, le parti a rappelé le rapport du PNUD sur l’indice de développement humain durable. Ce rapport a classé le Mali 175ème sur 177 pays en 2006. Et en 2010, le Mali est 177è sur 181 pays. Ces indices prouvent que notre pays ne cesse de plonger dans le peloton de queue des pays les plus pauvres. Ainsi, malgré les apparences (la réalité étant masquée par un fonctionnement démocratique de mascarade et une communication mensongère et mystificatrice), le pays sombre dans la désespérance.

Le parti SADI pense qu’il est la seule formation politique a évoqué, pendant les dix ans d’ATT, la raison fondamentale de la situation scandaleuse et inacceptable résidant dans le mode de gestion du pays par les gouvernants. Pour SADI, les gouvernants ont délibérément adopté des politiques publiques néolibérales, conduisant inévitablement au pillage des ressources naturelles et du fruit du travail national par les milieux d’affaires étrangers, en alliance avec leurs relais locaux dans la bureaucratie d’Etat et les cercles mafieux du commerce et des finances.

Parlant de la cherté de la vie, le parti estime qu’il faut au moins 200.000 FCFA/mois pour couvrir les besoins vitaux d’une famille de 10 personnes. Ce qui n’est pas possible de nos jours, a-t-il ajouté.

Le doute plane sur des élections de 2012   

Pour SADI, l’année électorale sera porteuse de périls si le Gouvernement ne réunit pas les conditions des élections transparentes, démocratiques et régulières. Le parti dénonce l’exclusion arbitraire de l’opposition au sein de la Commission NationaleElectorale Indépendante (CENI). Une Commission qui a été décrété par le Ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafougouna Koné, sur instigation du président ATT, a-t-il précisé. Donc, il estime que les autorités ne veulent pas organiser les élections de 2012 dans la transparence et dans la régularité. «Notre présence en son sein (CENI) constituait un gage de transparence et de crédibilité, car, elle nous permettait d’avoir accès aux documents et de réaliser un travail d’observation directe des actes et comportements des acteurs qui se trouvent au sein de cet organe. En plus de notre légitimité politique, le parti SADI qui incarne le pôle de regroupement des partis politiques de l’opposition, a aussi la légitimité institutionnelle de mener le combat pour une répartition équitable des sièges au sein de la CENI. Parce qu’il est une force politique, un courant d’opinions  qui incarne des intérêts de groupes sociaux, reconnu officiellement comme le seul parti devant obtenir le statut de parti d’opposition parlementaire en République du Mali», peut-on lire dansla Déclaration.

En outre pour le parti SADI, les élections présidentielles et législatives de 2012 sont mal préparées à dessein pour  emmener le pays dans une impasse. «Cette impréparation et l’activisme de l’inaugurateur, les problèmes du Nord participent d’une tentative de plébiscite de l’actuel Président en cas de blocage des élections ou de risque de rébellion armée», s’inquiète-il.

Pour éviter ce scénario, le parti SADI  appelle à la vigilance des partis politiques, propose une table ronde avec toutes les forces politiques pour examiner la question des élections, les problèmes du Nord, l’insécurité et la cherté de la vie.

La situation de l’école !

Sur la question, le parti n’est pas allé avec le dos de la cuillère. Il estime que la situation actuelle est la conséquence de mauvais choix politiques de ceux qui ont dirigé le Mali pendant ces 20 dernières années. L’école publique, lieu d’apprentissage de la majorité des enfants maliens (enfants des moins nantis et pauvres), a été sacrifiée au profit de l’école privée dans les mains de certains promoteurs affairistes avec la complicité de certains administrateurs. La majorité des écoles privées vivent des subventions publiques qui coûtent à l’Etat malien des dizaines de milliards par an.

Face à la situation, le parti SADI dénonce la fermeture et le sabotage des écoles par le pouvoir. Par conséquent, il demande à l’Etat de mettre l’école publique au centre de ses préoccupations.

Ahmadou Maïga

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